Bioéthique : la France va-t-elle bientôt trier les embryons afin d’éliminer les « mal fichus » ?

Bonjour

Journal du Dimanche de ce 13 décembre 2015. Page 23. Le papier signé Anne-Laure Barret nous donne la mesure du temps qui passe : il actualise le questionnement bioéthique, donne la parole à un camp et et nous rapproche un peu plus encore de l’entrée dans Gattaca.  « Faut-il trier les embryons ? » nous demande le JDD. Voici de quoi il retourne :

1 Le Pr René Frydman. Le « célèbre gynécologue-obstétricien » est « en colère », il « accuse ». La France est « à la traîne », des « patientes trinquent », les chercheurs français sont « distanciés ». A l’origine du courroux : l’interdiction en France de la technique de dépistage des anomalies chromosomiques « utilisée ailleurs en Europe et aux Etats-Unis depuis vingt ans pour améliorer le taux de succès des FIV. On parle ici du FGS (pour preimplantation genetic screening). Actualité : une publication de Fertility and Sterility qui « montre que son utilisation chez les femmes de plus de 35 ans ayant des difficultés pour concevoir faisait notamment diminuer le nombre des fausses couches et augmentait celui des naissances ».

2 Le Pr Samir Hamamah (CHU de Montpellier), biologiste de la reproduction. Il parle avec tristesse de ces embryons mal fichus et souvent sans destin. « Grâce à un laser chauffant le biologiste prélève au laser cinq à dix cellules (…) sans danger pour l’embryon ». Le biologiste envoie le prélèvement au généticien. Le généticien utilise une puce dénommée CGH Array ». On sélectionne les embryons, les mal fichus seront détruits (ou utilisés pour la recherche).

3 Le Dr André Guérin. Ce gynécologue aixois est aujourd’hui installé à Barcelone. Il se défend de « toute dérive eugénique ». De l’autre côté des Pyrénées il peut utiliser la technique du tri préimplantatoire chromosomique. Pas de doute : « le taux de succès est bien meilleur ». On comprend que le Dr Guérin travaille au sein du réseau espagnol du réseau de cliniques privées IVI qui accueille de nombreuses patientes françaises pour « les aider à réaliser leur rêve ».

Souhaits et colère

Que les choses soient bien claires : il n’est pas question ici, pour les trois spécialistes, de pratiquer « la vente forcée du dépistage chromosomique à chaque FIV comme cela est souvent le cas aux Etats-Unis ». En décembre 2015 cette perspective est écartée. On demande à voir l’avenir.

Pour l’heure il reste à observer la suite que Marisol Touraine, le Comité national d’éthique, l’Agence de Biomédecine, la Haute Autorité de Santé, l’Académie de médecine, le Collège national des gynécologues-obstétricien,  donneront à la colère du Pr Frydman et aux souhaits du Pr Hamamah.

A demain

 

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