Grippe aviaire : l’épidémie progresse. Un virus a été séquencé. Le foie gras sera-t-il touché ?

Bonjour

Les informations épidémiologiques se précipitent.  Aujourd’hui 14 décembre deux nouveaux foyers de grippe (ou infuenza) aviaire ont été détectés dans des élevages de canards de Dordogne et des Landes. Le décompte officiel fait désormais état de « quinze foyers d’influenza aviaire » dans cinq départements du très grand Sud Ouest qui correspondent à de grandes concentrations de palmipèdes ;  Dordogne (huit foyers), Landes (quatre foyers), Haute-Vienne, Gers et Pyrénées-Atlantiques (un foyer chacun).

Failles dans le filet préventif

Le dernier cas a été détecté et confirmé dans un élevage de 1 070 canards à Bosset (Dordogne), près de Bergerac, indique le ministère sur son site internet. C’est dans cette même commune qu’avait été détecté, le 7 décembre, un premier foyer dans un élevage de 630 canards. C’est aussi en Dordogne qu’avait été identifié le  premier foyer de cette épizootie, le 24 novembre, dans la basse-cour d’un particulier sise dans le petit village de Biras. Où il semble démontré que les premières mesures drastiques (abattages et destructions des volatiles, décontamination) n’ont pas été efficaces (où ont été mises en œuvre trop tardivement).

Toujours le 14 décembre un nouveau foyer a également été confirmé dans les Landes par le ministère : dans un élevage de 1 700 canards à Doazit, en Chalosse. Selon le protocole habituel, les canards ou volailles des élevages contaminés feront l’objet d’un abattage total, et les bâtiments seront nettoyés et désinfectés.  Là encore un foyer avait déjà été identifié dans la même commune. C’était à la suite d’une mortalité anormale de pintades (700 mortes sur 4000 pintades). L’élevage comportait également 8800 poules, 4550 chapons et 7200 pintadeaux.

Génétiquement rassurant

L’autre nouvelle importante est de nature génétique : le séquençage du génome du virus A(H5N1) découvert sur la première exploitation touchée par la grippe aviaire « ne possède pas la combinaison de gènes qu’il faut pour être transmissible à l’homme ». L’information a été donnée lors d’une conférence de presse au ministère de l’agriculture par Gilles Salvat, directeur de la santé animale et du bien-être des animaux à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) 1. Selon M. Salvat, ce virus « est de lignée européenne, et non asiatique, donc très différent des premiers H5N1 qu’on a pu voir circuler en Europe ». Il ajoute que « l’ensemble des huit segments de ce virus sont bien d’origine aviaire, et non pas des gènes d’un virus humain ».

Ce n’est pas tout : deux autres souches (H5N2 et H5N9) ont également été découvertes dans certains élevages touchés. Pour ces deux souches, l’Anses continue son travail de décryptage. « La partie H5 des deux autres souches trouvées est très proche, de 98 % à 100 %, ce qui marque probablement une base commune, et il n’y a pas de raison de penser que ces deux souches présentent une dangerosité supplémentaire », estime, prudent, Gilles Salvat.

Foies gras impactés? 

Cette nouvelle donne génétique a conduit le ministère de l’agriculture a publier une communiqué de presse commun avec le ministère de la santé – communiqué signé de Stéphane Le Foll et de Marisol Touraine.  Les deux ministres rappellent que  selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’European Centre for Diseases and Control (ECDC), il n’y a actuellement « aucune preuve qui indique que le virus de l’influenza aviaire se transmette à l’homme par la consommation d’aliments contaminés, notamment de produits et d’œufs de volailles ». Sur la base des résultats obtenus par l’Anses les deux ministres confirment « que l’influenza aviaire actuellement présent sur le territoire national n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de viande, œufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire ».

Il reste à comprendre comment ce virus a fait souche sur le territoire national, pourquoi les mesures drastiques mises en œuvre d’emblée n’ont pas été efficaces, et quel sera au final l’impact de ces bouffées épidémiques sur le marché, emblématique, des foies de canards et d’oies devenus gras.

A demain

1 On lira ici l’avis de l’Anses daté du 14 décembre : « AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif au risque Influenza aviaire »

 

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