Sud Ouest : Nicolas Bonnemaison parle de sa tentative de suicide, accuse l’Ordre et l’institution judiciaire

 

Bonjour

C’est une exclusivité Sud Ouest d’ores et déjà relayée par l’Agence France Presse. Le 24 octobre dernier l’ex-urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison était condamné (en appel)  à deux ans de prison (avec sursis). Il avait été reconnu coupable d’avoir délibérément donné la mort à une patiente en 201. Puis il avait tenté de se suicider une semaine plus tard.

Nicolas Bonnemaison s’exprime pour la première fois publiquement depuis sa tentative de suicide du 31 octobre, dans les Landes. Il dénonce aujourd’hui un « verdict sans queue ni tête » prononcé  à l’issue d’un « procès à charge » dans un entretien à paraître demain 17 décembre. Il dit notamment avoir été « troublé » par le verdict en appel de la cour d’assises du Maine-et-Loire qui l’a reconnu coupable dans un cas et acquitté pour six autres cas de patients dont il avait la charge.

L’Ordre des médecins visé

« Dans tous les cas j’ai agi de la même façon. Pour soulager des souffrances psychiques ou physiques » plaide l’ancien médecin âgé 54 ans. Il explique sa volonté d’en finir après le procès : « psychiquement, j’étais épuisé. Je n’avais plus aucune ressource ». « J’ai été condamné pour assassinat. Suis-je un petit assassin, un moyen assassin, un grand assassin ? Je ne peux pas supporter ce mot. Je ne suis pas un assassin », déclare-t-il. Il dit aussi « avoir « récupéré toutes ses facultés intellectuelles ». Mais ressent encore « une intense fatigue psychique ».

Il répète n’avoir « jamais eu l’intention de donner la mort » à la patiente pour laquelle il a été condamné. « Je n’ai rien inventé. Ce que j’ai pratiqué, je l’ai vu faire dans tous les services où je suis passé pendant ma carrière. Y compris dans celui où exerçait l’un des membres du conseil de l’Ordre des médecins qui a prononcé ma radiation », accuse-t-il.

Curare et Hypnovel

Il dénonce un « verdict sans queue ni tête qui ne peut que contribuer à déstabiliser et à fragiliser le corps médical ». « Je suis acquitté pour le cas où j’ai injecté du curare, un produit qui n’est pas expressément autorisé, même s’il est utilisé, observe-t-il. Mais condamné pour une injection d’Hypnovel, une substance agréée par les protocoles de sédation. »

Le condamné accuse aussi l’institution judiciaire.  Selon lui le procès en première instance (Pau, juin 2014) qui avait conduit à son acquittement, « avait été à charge et à décharge avec un président impartial ». « A Angers, c’était uniquement à charge, avec une présidente qui a constamment cherché à me mettre en difficulté, accuse-t-il. Pourquoi le Parquet général de Pau a fait appel du premier verdict d’acquittement ? Y a-t-il eu des consignes et, si oui, qui les a données ? J’ignore d’où cela vient. Tout ce que je sais, c’est que pendant quatre ans, ils m’ont fait vivre un enfer. »

Voilà qui est dit. « Ils » répondront-ils ?

A demain

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