Flash de la Direction Générale de la Santé : le virulent Zika a pris pied en Guyane et en Martinique

Bonjour

C’est un flash sanitaire : les deux premiers cas humains confirmés de Zika viennent d’être rapportés en Guyane et en Martinique.  La Direction Générale de la Santé (DGS) assure  que les Agences régionales de santé (ARS) de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe sont mobilisées. Objectif : « mettre en œuvre toutes les mesures permettant de surveiller et de limiter la dissémination du virus et de prendre en charge les personnes concernées contaminées par ce virus émergent ».

Virus de Zika 1 ? Il appartient à la famille des Flaviviridae , genre Flavivirus, comme le virus  de la dengue, de la fièvre jaune ou du Nil occidental rappelle la DGS. Il se transmet d’homme à homme par l’intermédiaire d’une piqure de moustique du genre Aedes, dont Aedes aegypti. En cas de piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne infectée. Après un délai d’incubation chez le moustique de l’ordre de quelques jours et à l’occasion d’une autre piqûre, le moustique peut transmettre le virus à une personne saine.

Se protéger ? C’est indispensable. Les mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques sont donc indispensables pour lutter contre le développement d’une épidémie. Contrairement au moustique vecteur du paludisme, Aedes a une activité principalement diurne avec une recrudescence d’activité le matin et en fin de journée. C’est donc aussi dans la journée qu’il faut se protéger.

Symptômes ? Le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées et se manifestent dans les 3 à 12 jours qui suivent la piqûre par le moustique contaminé. Le Zika peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparaît peu élevée. Par ailleurs, un grand nombre de cas sont asymptomatiques.

Traitement ? Il n’existe pas de traitement curatif, ni vaccin et le traitement est donc symptomatique . L’utilisation d’aspirine est fortement déconseillée en raison des risques de saignement. Les autorités sanitaires recommandent de se protéger contre les piqûres de moustique, y compris la journée. Outre les vêtements couvrants, il s’agit d’utiliser des produits répulsifs adaptés (en respectant les précautions d’emploi) et de protéger les berceaux et poussettes par des moustiquaires.

Femmes enceintes ?  Elles sont particulièrement à risque puisque susceptibles de développer des malformations congénitales. Il leur est recommandé de consulter leur médecin pour assurer un suivi, si elles résident ou se rendent dans des zones où le virus est présent.

« La mobilisation de tous est essentielle, souligne la DGS qui recommande aux personnes résidant ou devant se rendre dans ces régions pendant les vacances scolaires d’adopter un certain nombre de mesures visant à prévenir toute dissémination du virus :

 – Détruire les larves ainsi que les gîtes potentiels de reproduction des moustiques autour et dans l’habitat (en supprimant, les soucoupes sous les pots de fleurs et en vidant au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau stagnante : détritus, gouttières…)

Se protéger des piqûres de moustiques en portant des vêtements longs, en utilisant des répulsifs cutanés (en respectant les précautions d’emploi, en particulier chez l’enfant et la femme enceinte) ainsi que des moustiquaires de berceau chez le nouveau-né et le nourrisson ; protéger l’habitat (moustiquaires, diffuseurs électriques, tortillons….).

 Pourquoi la Guyane et la Martinique ?  Zika sévit principalement dans l’ensemble de la zone intertropicale. D’octobre 2013 à avril 2014, le virus a été à l’origine d’une épidémie en Polynésie Française. Au 1er Décembre 2015, neuf États d’Amérique latines ont confirmé la circulation autochtone du virus Zika : le Chili, le Brésil, la Colombie, le Salvador, le Guatemala, le Mexique, le Paraguay, le Suriname et le Venezuela.

Pas de dramatisation, donc. Pas de laisser-aller non plus. Où l’on voit, au final, une Direction Générale de la Santé maîtriser pleinement son sujet sans tutelle ministérielle. Un rappel toutefois, au relecteur du communiqué de presse ; une précision d’autant plus important qu’il s’agit de moustique : le mot piqûre prend un accent circonflexe. C’est un mot féminin, comme piquouse ou acupuncture qui, eux, n’en prennent pas.

A demain

1 Ce virus a été détecté la première fois en avril 1947 chez un singe macaque rhésus utilisé comme sentinelle lors d’une étude de la fièvre jaune dans la forêt Zika, au bord du lac Victoria sur la presqu’île d’Entebbe.

La transmission vectorielle par un moustique du genre Aedes  est par ailleurs prouvée artificiellement au laboratoire en 1956. Le premier cas humain est décrit en 1964. Quatre années plus tard, en 1968, puis à nouveau entre 1971 et 1975, le virus est isolé chez l’homme au Nigeria. Entre 1951 et 1981, des preuves d’infections, par isolement de virus ou par la recherche de traces sérologiques chez l’homme, sont détectées dans plusieurs pays africains et asiatiques. Ce virus a été séquencé pour la première fois en 2006.

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