Grippe aviaire et foie gras, c’est officiel: le risque est actuellement «inférieur» à un risque «nul»

Bonjour

Drôles de guerre. Dans le Sud Ouest les éleveurs-gaveurs se battent contre un virus hautement pathogène ; dans le même temps les amis des bêtes dénoncent, vidéos à l’appui, l’horreur de l’élevage-gavage. L’épizootie continue sa progression ; hier 21 décembre le ministère de l’agriculture a actualisé ses données : soit soixante-et-un foyers au total dans six départements : Dordogne, Landes, Haute-Vienne, Gers, Pyrénées-Atlantiques et, désormais, Hautes-Pyrénées.

Drôle de situation : l’épizootie progresse mais elle est « sous contrôle ».  « Les Français n’ont aucune inquiétude » à avoir a assuré, une nouvelle fois, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, sur RMC-BFM TV. « C’est un virus qui se transmet lorsque les volailles sont en liberté et qui ne se transmet pas du tout lorsqu’on en mange la viande », a-t-il expliqué. Ou du foie engraissé.

A propos du « risque zéro »

Que dire de plus ? Qu’un rapport de l’Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses), rendu public il y a peu confirme que la grippe aviaire n’est pas transmissible à l’homme – une certitude après l’analyse moléculaire de l’une des souches du virus A(H5N1), découverte sur la première exploitation touchée. L’Anses continue son travail pour deux autres souches A(H5N2) et A(H5N9) découvertes dans certains élevages. Pourquoi une telle arborescence virale grippale ? Le ministre ne le dit pas.

Drôle de lecture. Dans Le Figaro (« Grippe aviaire: pas de crainte pour volailles et foie gras ») Soline Roy fait une intéressante observation lexicale. Reprenant l’avis rendu il y a quelques jours par L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) elle souligne que l’un des premier enseignement de l’Anses est que  la souche A(H5N1) identifiée en Dordogne est «clairement différente des virus H5N1 hautement pathogènes de la lignée asiatique (…) décrits comme étant responsables des formes sévères chez l’homme».

Encore plus faible

Cette souche présente certes  des mutations «susceptibles de favoriser la réplication et/ou d’interférer avec les réponses antivirales chez les mammifères». C’est bien pourquoi  et on ne peut donc pas totalement exclure une contamination respiratoire «dans des circonstances particulières de forte exposition aux oiseaux infectés». Le risque est cependant considéré comme «quasi nul», et le risque de contamination interhumaine… «encore plus faible».

Les experts de l’Anses rappellent aussi qu’aucun cas de contamination humaine n’a jamais été identifié via la consommation de viande. Seule exception: «l’ingestion de sang et de viscères crus de volailles». « Là encore l’avis de l’Anses procède d’une intéressante pirouette lexicale: le risque pour le consommateur de volaille asiatique contaminée était jugé en 2005 ‘’nul à négligeable’’, le danger pour un mangeur de volaille française millésime 2015 serait ‘’encore inférieur’’, peut-on lire dans Le Figaro 1. Moins que rien, il faut admettre que cela fait assez peu… ».

Si nous interrogions l’Anses sur cette pirouette lexicale on nous préciserait que le « risque zéro » n’est pas de ce monde. Ce qui n’est pas totalement faux.

A demain

1 Voici l’extrait de l’avis de l’Anses :

« Les experts rappellent que, hormis quelques rares suspicions liées à l’ingestion de sang et de viscères crus de volailles en Asie (Gambotto et al., 2008), aucun cas humain n’a été confirmé pour l’IA HP H5N1 asiatique via la consommation d’aliments ou d’eau, malgré son potentiel zoonotique avéré. Dans son avis 2005-SA-0258, qui portait sur l’appréciation du risque pour l’homme via la consommation de denrées provenant de volailles contaminées par le virus H5N1 HP asiatique, l’Afssa avait ainsi estimé le risque pour le consommateur nul à négligeable (l’estimation négligeable résultant de ces rares suspicions, liées à des modes de consommation très particuliers) (…) A fortiori, les conclusions biomoléculaires relatives au virus H5N1 HP mis en évidence en Dordogne, permettent d’affirmer que le risque pour le consommateur est encore inférieur à celui-là. »

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s