Un désert médical dans un trou de verdure : Nouzilly, Val-de-Loire, pleure pour un généraliste

Bonjour

Marisol Touraine ou pas, les déserts médicaux avancent. Surtout dans le grand âge. La Ville de Sens (Yonne) et « SOS Médecins Sens » ont signé, vendredi 18 décembre, un protocole unique en France : il permettra aux médecins de SOS de prendre en charge les personnes âgées de la ville qui sont « sans médecin traitant et atteints d’une maladie chronique ». Nous sommes en France, en 2015, dans la ville de Sens ; pour ces personnes âgées ce sera SOS en permanence.

Plus de saint

Sautons de l’Yonne à l’Indre-et-Loire. Et découvrons  Nouzilly, une commune « située aux portes de l’agglomération tourangelle dans un écrin de verdure » nous dit La Nouvelle République du Centre Ouest. Nouzilly en mal de généraliste ; un paradoxe vivant :

« Depuis deux ans, cette commune de la couronne tourangelle ne parvient pas à attirer un praticien. Malgré les efforts et les incitations de la municipalité. Nouzilly ne manque pas de charmes ni d’atouts. Avec quatre infirmières libérales, trois kinés, deux sages femmes et un psychologue, la commune (1.300 habitants) est loin d’être un désert médical. Pourtant, depuis deux ans, la patientèle locale est en quête d’un médecin référent et ne sait plus à quel saint se vouer. »

Incompréhensible

Le quotidien régional nous dit tout en quelques lignes. Un médecin installé dans la commune  depuis plus de dix ans  contraint de cesser son activité à la suite d’un accident grave. Une municipalité qui a cru avoir trouvé  une solution avec l’arrivée d’un médecin senior venu de Tours. « Mais il ne s’est pas adapté à la vie à la campagne », se lamente le maire Joël Besnard. Puis plusieurs remplaçants … puis plus personne.

Incompréhensible : la municipalité a investi 160.000 € pour racheter et rénover la maison médicale qui accueille également les infirmières. Une deuxième salle de consultation a été aménagée pour tenter d’attirer un deuxième praticien et partager ainsi la charge de travail. « Nous avons même envisagé une exonération de charges et de loyer pendant la première année d’installation », insiste Joël Besnard auprès de La Nouvelle République.

Personne. Il faut aller consulter à Monnaie, Beaumont-la-Ronce ou Saint-Laurent-en-Gâtines. « Le problème, c’est que les cabinets alentours sont déjà surchargés et qu’ils refusent des patients. Beaucoup de personnes âgées ne peuvent pas se déplacer. Cette situation n’est pas tenable », affirme Joël Besnard. « Cela pose un gros problème pour le suivi des patients. Il faut faire en permanence le relais avec les médecins qui ne se déplacent pas. C’est une grosse surcharge de travail », confirme Sylvie Aymard, l’une des infirmières libérales.

La municipalité ne s’est pas (fort heureusement) laissé prendre au piège des agences de recrutement de médecins étrangers. « Nous ne voulons pas mettre 15 à 18.000 € sur la table sans garanties de résultat à long terme » dit le maire. Que fait l’Agence Régionale de Santé Centre-Val de Loire ; nul ne sait.

Cocasse

La situation ne manque pas de cocasse quand on sait que Nouzilly, située dans le bassin de vie de Tous accueille l’un des sites prestigieux de l’Inra spécialisé dans l’animal  Le site de Tours du centre Inra Val de Loire est implanté sur trois communes (Crotelles, Monnaie et Nouzilly). Il comprend un domaine de 580 hectares et emploie 560 personnes.  Les recherches portent sur les animaux et se divisent en deux axes majeurs : santé animale et santé publique d’une part, biologie animale et durabilité des élevages d’autre part.

L’animal avant l’humain ? Le 28 janvier Christine Leterrier, chercheuse dans l’équipe Comportement, neurobiologie, adaptation à l’Inra Val de Loire, unité mixte de recherche Physiologie de la reproduction et des comportements présentera  ses travaux de recherche sur le comportement des cailles, accompagnée des techniciens et étudiants de son équipe.

Quand twittent les cailles

L’Inra explique de quoi il retourne :

« Christine Leterrier s’intéresse à la biologie des comportements des oiseaux d’élevage. Son travail vise à comprendre ce que nous disent les comportements sur l’état de l’oiseau et sur la façon dont il perçoit son environnement. Pour comprendre ce qui influence le comportement des oiseaux, elle travaille avec des cailles japonaises qui servent de modèles pour les oiseaux d’élevage (poule, poulet…).

Elle décrit la mise en place d’une expérience et son déroulement, et présente ici des tests destinés à mesurer la peur ou l’attraction sociale. Elle évoque certains facteurs génétiques ou alimentaires susceptibles d’influencer les comportements, ainsi que l’influence des conditions d’élevage (…) L’avenir de ces recherches est illustré par la présentation du parcours d’une doctorante qui débute sa thèse sur l’influence de la flore microbienne intestinale du tube digestif sur les comportements émotionnels et les capacités de mémorisation chez la caille. »

La conférence de Nouzilly est intitulée : « Quand twittent les cailles ! ». Elle sera prononcée, le 28 janvier. Ce sera une belle conférence. Dans un désert médical.

A demain

Une réflexion sur “Un désert médical dans un trou de verdure : Nouzilly, Val-de-Loire, pleure pour un généraliste

  1. A n importe quel heure de la nuit un veto répond aux appels ,un vêt rural a une obligation de garde sur une zone dédié.si les médecins étaient aussi dévoués a leur patient que les médecins…..,

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