Dr Robert Spitzer (1932-2015) : de Reich au DSM, la riche bourlingue d’un psychiatre américain

Bonjour

Le Dr Robert Spitzer vient de mourir. Aucune nécrologie, pour l’heure, dans la presse francophone.  Il faut ici lire la BBC : « Robert Spitzer, influential US psychiatrist, dies aged 83 ». Ou le New York Times Robert Spitzer, Psychiatrist Who Set Rigorous Standards for Diagnosis, Dies at 83”.

Sa traversée du siècle témoigne des errances et des espoirs de cette discipline plus que médicale que peut être la psychiatrie. Né le 22 mai 1932 à White Plains, Robert Leopold Spitzer grandit  à Manhattan et fréquente la Walden School. Un bachelor’s degree en psychologie à la Cornell University en 1953, puis un titre de docteur en medicine, 1957, à la New York University School of Medicine. Spécialisation en psychiatrie au New York State Psychiatric Institute (1961); puis au Columbia’s Center for Psychoanalytic Training and Research (1966). Suivront des diplômes, titres et récompenses diverses…

L’orgone de Reich

Avant sa médecine l’homme avait  tâté l’orgone  de Wilhelm Reich. Déçu après de nombreuses tentatives  il en avait été l’un des pourfendeurs. Psychanalysé et déçu de la psychanalyse il s’était tourné vers le behaviorisme avant d’évoluer. Il s’est ensuite passionné pour la dépression puis pour les classifications psychiatriques où il a pu briller et se faire attaquer par les détracteurs de cette néo Bible (parfois tenue pour déshumanisante) que sont les différentes versions du DSM.

Son  nom restera aussi comme l’un de ceux qui a le plus fait (dans les années 1970) pour que l’homosexualité ne soit plus, aux Etats-Unis notamment, rangée parmi les maladies mentales. Il devait toutefois alimenter une nouvelle controverse sur le sujet avant, dix ans plus tard, de s’en excuser : Psychiatry Giant Sorry for Backing Gay ‘Cure

Le Moucheron d’Alice

En introduction au DSM-III, le Dr Spitzer avait cité Lewis Carroll et l’échange entre Alice et le Moucheron:

« À quoi leur sert d’avoir des noms, demanda le Moucheron, s’ils ne répondent pas à ces noms ?

 — À eux, ça ne leur sert à rien, dit Alice, mais c’est utile, je le suppose, aux gens qui les nomment. Sinon, pourquoi les choses auraient-elles des noms ? »

Ce dialogue concerne les insectes – insectes dont le classement n’est pas sans rappeler celui des maladies mentales et des métamorphoses ; de même qu’Alice n’est pas sans faire songer à la psychiatrie et, de l’autre côté du divan, à la psychanalyse 1.

Puis vit la fin de la bourlingue. Le Dr Robert Spitzer est mort du cœur, à Seattle. C’était le jour de Noël 2015.

A demain

1 Sur Slate.fr :« Alice a 150 ans: merveilles, hasard et folie ne vieillissent pas »

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