«François le Petit», Mlle Julie, le comte Macron et la «marquise de Pompatweet»… Rambaud dézingue

 

Bonjour

« Dézinguer » n’est pas un verbe fréquemment employé. C’est celui retenu par l’Agence France Presse pour qualifier la dynamique sous jacente au dernier ouvrage du redoutable Patrick Rambaud. Vous aviez adoré l’assassin de Nicolas 1er ? Vous tremblerez avec « François le Petit, Chronique d’un règne » (Grasset). Même angle, plus de noirceurs. L’ennemi auto-déclaré de la Pompe à Phynance occupe Versailles. Et la Machine à décerveller fonctionne à plein tuyaux comme  l’a montré « A l’Elysée, un temps de président » (Yves Jeuland)

L’assassin court toujours

Assassin, façon puzzle,  de « Nicolas-le-Mauvais » ou « Nicolas Ier » Patrick Rambaud a ressorti sa plume pour chroniquer le début du règne de « François IV » ou « François-le-Petit ». « Je raconte ici l’histoire d’un petit nombre d’hommes qui, poussés par les événements, ne se hissaient pas à leur portée », avertit Patrick Rambaud, 69 ans, réincarnation assez fidèle du duc de Saint-Simon (1675-1755). François-le-Petit en résonance au Napoléon affublé du même surnom, référence à Victor Hugo (1802-1885) et François Mitterrand (1916-1996).

La sortie de l’ouvrage en librairie (240 pages; 118 x 188 mm; 16.50 euros) coïncide avec les célébrations médiatiques du vingtième anniversaire de la disparition de l’ancien président de la République. Elle coïncide aussi avec celles du premier anniversaire des attentats de Paris. Patrick Rambaud dédie notamment son livre à Cabu et Georges Wolinski, « vieux complices », assassinés le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo.

Présentation :

« Nicolas Sarkozy était romanesque à souhait, contourné, faux, kärcherisé, entretenant une cour volatile et dorée. Avec sa montre en plastique et ses costumes bleu trempés, François le Petit est théâtral : en son palais de confetti, avec son casque à visière, au côté de ses femmes… »

« Avant de rejoindre le monde des esprits, François-le-Grand avait estimé que ses successeurs ne seraient au mieux que des comptables ; c’était vrai : le règne de Nicolas-le-Mauvais puis celui de François-le-Petit avaient tourné aux calculs, à la combine, aux querelles de coteries. Ces parvenus avaient ennuyé le peuple, ils l’avaient trompé, maintenant ils l’exaspéraient. »

Mlle Julie et le jeune comte Macron

Toutes et tous y sont. On croise ainsi la patronne du « Front populiste », Mlle de Montretout, le duc d’Évry nommé Premier ministre, le jeune comte Macron (qui le deviendra sans doute), Mademoiselle Julie (actrice) et la marquise de Pompatweet  (qui fit tant et tant parler d’elle avant de retomber aux oubliettes)

La chronique s’achève en janvier 2015 au moment où « deux crétins islamistes masqués fusillèrent la rédaction d’une gazette satirique » et qu’« un autre crétin du même calibre tira à la mitraillette sur les clients d’un hypermarché casher ». Au-delà de la petite musique qu’il maîtrise à merveille  la vision de Patrick Rambaud est particulièrement amère sinon dangereuse. On y voit notamment un « crétin wahhabite » que les caricatures plongent dans les transes.

 De la gomme au zinc

Dézinguer, donc. A ne surtout pas confondre avec dégommer : consiste à décoller les segments du piston (à l’aide de la manivelle) pour faciliter le démarrage d’une automobile : Dégommer le moteur. C’est aussi (plus familier) destituer quelqu’un de ses fonctions, le limoger : « Il n’est pas officiellement dégommé, mais il se regarde comme l’étant (GONCOURT, Journal, 1896, p. 954) ; « Vers cette époque y a eu la crise, j’ai bien failli être dégommé du dispensaire (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 34) »

Dézinguer ? Dans les dictionnaires contemporains le terme renvoie à l’opération de dézingage (ou dézincage) : travail consistant  à enlever le revêtement de zinc sur une pièce – ou à retirer le zinc contenu dans un alliage. Exemple : on utilise la soude et l’électrolyse pour le dézingage des tôles automobiles. Les dictionnaires modernes ne disent pas ce qui, une fois le zinc envolé, reste de l’ensemble.

A demain

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