IVG sur Google : les nouvelles batailles de l’avortement sont devenues celles du «référencement»

Bonjour

C’est une actualité éclairante que l’on trouve sur le blog Big Browser, site du Monde.  On apprend que la santé publique peut, aussi, comme la publicité, être une affaire de « référencement ». Les grands naïfs imaginent souvent  que, sur Google, le classement des résultats (lorsque l’on tape un mot-clé dans une barre de recherches) n’est calculé que par Google. Ils ignorent qu’il peut aussi être optimisé par certains sites Web. Il s’agit ici « mieux placer » leur site, d’améliorer leur visibilité. C’est vrai, aussi pour l’IVG.

Reprendre la main

Big Browser explique qu’il existe, en France, le site officiel du gouvernement www.sante.gouv.fr/ivg mais aussi un site « anti-avortement » : www.ivg.net. Deux sites en concurrence. Le second diffuse des informations visant, sans équivoque, à dissuader les femmes d’avorter. En septembre 2013 BFMTV décryptait déjà le phénomène concurrentiel : « Avortement: comment les « anti-IVG » ont investi la toile » :

« En lançant  le site www.ivg.gouv.fr, le gouvernement essaie de reprendre la main dans la guerre que mènent les anti-IVG sur la toile. Les opposants à l’avortement ont compris depuis longtemps l’importance de cet outil.  En effet, plus du tiers des Françaises utilisent Internet pour se renseigner sur les questions de santé. Et 80% des jeunes qui ont eu recours au web pour des questions de santé jugent les informations recueillies le plus souvent crédibles. Que l’on recherche dans Google « IVG », « interruption grossesse », « forums avortement » ou « forum IVG », à chaque fois le même site revient en tête:ivg.net, que ce soit sous forme d’annonce Google ou en tête des résultats. Si ce n’est lui, c’est son cousin avortement.net qui émane de la même association « SOS détresse ». »

Big Browser :

« Quatre mois plus tard, en janvier 2014, le site http://www.ivg.net passait devant le site officiel du ministère de la santé, lancé quelques mois plus tôt pour contrer la désinformation en ligne sur l’avortement. Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, avait demandé de l’aide aux internautes pour augmenter la visibilité du site.

« Une démarche réitérée le 6 janvier 2016 à l’appel de médias et d’internautes. Le magazine Causette, par exemple, a incité ses lecteurs à cliquer plusieurs fois sur l’URL du site officiel pour le faire remonter, mais aussi à « le citer » un maximum sur les réseaux sociaux et les blogs, le référencement de Google s’appuyant notamment sur le nombre de liens menant vers un site. »

Dépenses ministérielles

Marisol Touraine, ministre de la Santé, a ensuite remercié les internautes d’avoir participé. Le 8 janvier, le site officiel du gouvernement est repassé n°1 dans le moteur de recherche Google. Le ministère de la santé  a confirmé à L’Express qu’il souscrirait désormais un référencement payant, pour s’assurer d’être en première place dans les résultats de recherche.

Chacun peut, en tapant « IVG » ou « avortement », voir qui est en tête du référencement.  L’espace démocratique, la santé publique sont, aussi, une affaire d’algorithmes. Rappelons aux naïfs ce qu’un algorithme : « une suite finie et non ambiguë d’opérations ou d’instructions permettant de résoudre un problème ou d’obtenir un résultat donné ». C’est, évidemment, un peu plus compliqué.

Sur ce thème on lira avec un vif intérêt les explications et le réquisitoire du Dr Dominique Dupagne : « IVG – La guerre des sites – Des clics ou des claques ? ‘’Oui-Oui’’ fait de l’internet ». Sa conclusion est assez simple à comprendre: « En résumé, si le site gouvernemental n’est pas classé premier dans Google, c’est pour une raison simple et fondamentale : c’est parce qu’il est nul. Allez, au travail »

A demain

 

Une réflexion sur “IVG sur Google : les nouvelles batailles de l’avortement sont devenues celles du «référencement»

  1. La course à l’échalote se poursuit ce dimanche matin puisque les anti sont repassés devant le site du gouvernement. C’est en effet très dérangeant pour les femmes qui souhaitent des informations honnêtes et fiables. Une mise en garde sur le site du Ministère serait peut-être utile mais c’est aussi courir les risque de gonfler une importance supplémentaire aux radicalisés de Laissez les Vivre.

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