Suicide de Pompidou : atmosphère toujours aussi délétère dans l’attente des premières décisions de Marisol Touraine

Bonjour

Les aiguilles tournent. L’affaire du suicide du Pr Jean-Louis Megnien connaîtra sous peu une première conclusion politique. Dans quelques jours Marisol Touraine, ministre de la Santé prendra la parole. « Toute la transparence sera faite, rien ne doit être caché, déclarait-elle à la presse le 31 décembre lors d’un déplacement aux urgences et dans le service de réanimation pédiatriques de l’hôpital Robert-Debré (AP-HP). J’ai demandé à ce que les premiers résultats de l’enquête administrative me soit transmis d’ici au 15 janvier ». Elle a ajoutait : « Au vu ou pas des résultats, je prendrai des décisions » (sic).

Nids de vipères hospitalières

Quelle décision la ministre de la Santé pourra-t-elle prendre ? Comment – et sur quoi – trancher ? Trois semaines après le suicide nous sommes au milieu d’un premier gué. Il y en aura d’autres dans les entrelacs de cette affaire médicale et administrative, hospitalière, policière et judiciaire. Pour la ministre les décisions seront d’autant plus complexes à prendre que, faute d’avoir saisi son Inspection générale des affaires sociales,  elle ne disposera, pour trancher, que des « résultats » d’une commission ad hoc – une commission  composée de trois membres qui, contrairement à ce qu’avait un peu trop vite annoncé la direction de l’AP-HP, ne sont en rien « extérieurs » à cette institution. Une commission initialement programmée pour travailler jusqu’à la fin février.

L’écheveau sera d’autant plus difficile à démêler que l’atmosphère devient de plus en plus délétère. En témoignent les peu banales confidences faites il y a quelques jours au Monde : dans l’entourage de Martin Hirsch, directeur général on parle de l’existence d’un nid (d’un nœud ?) de vipères près de la Seine, dans quelques-uns des étages chirurgicaux de l’établissement hospitalier où le Pr Megnien s’est défenestré.  Aucun nom n’est donné. Les serpents en blouses blanches se sont-ils reconnus ?

Effarement et imprécations

Comprendra-on un jour comment on a pu en arriver là ? L’affaire fait évidemment grand bruit.  En province de nombreux spécialistes hospitalo-universitaires expriment spontanément moins leur surprise (tous ou presque connaissent, ont connu ou entendu parler de situations de harcèlement), que leur stupéfaction devant l’évolution de la situation : l’exposition à ciel ouvert des dissensions, des antagonismes, des haines – une dynamique mortifère touchant les sphères du médical et de l’administratif hospitalier. « Je regarde ce déballage avec effarement, où va l’AP‎-HP ? » nous confie un médecin parisien, observateur privilégié, résumant assez bien l’opinion générale, médicale ou pas.

On ajoutera les propos du Pr Laurent Lantieri, chirurgien  que l’on ne présente plus. Proche de Jean-Louis Megnien il a témoigné le 6 janvier sur RTL . Il voulait « rendre hommage » à son confrère cardiologue, « un type génial et généreux ». « Nous raconter qu’il était malade psychiatriquement, c’est totalement faux » a notamment déclaré le Pr Lantieri. « Il a été harcelé, j’en suis intimement convaincuaffirme le chirurgien. Il venait m’en parler, il venait pleurer dans mon bureau. Je l’ai vu se dégrader. C’était un homme extrêmement combatif ». Selon le Pr Lantieri la hiérarchie de l’hôpital « était prévenue des difficultés que rencontrait Jean-Louis Megnien et qu’il y avait un risque suicidaire. Je suis dans la peine parce rien n’a été fait ».

De l’autre côté du périphérique

Dans le milieu les rumeurs sont incessantes. On évoque l’action de la police… le maintien ou non des allégeances entre la place-forte centrale et les donjons périphériques… entre les donjons, les pôles et les services… les témoignages à venir… la terrible mémoire des courriers électroniques… une serrure changée … et une porte toujours battante au septième étage.

Vu de l’autre côté du périphérique c’est là un scénario à peine croyable. Nous l’évoquions dans les premiers jours et l’impression se fait plus forte : on pourrait voir là une version revisitée, médicalisée, de « L’Imprécateur », de René-Victor Pilhes. C’est un roman, il est paru il y a quarante deux ans. C’est la chronique d’un effondrement.

A demain

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