Essai mortel de Rennes : « Biotrial » le parcours idéal d’une PME innovante (Ouest-France)

 

Bonjour

Rien de plus journalistiquement précieux, parfois, que la mémoire d’un titre de la presse quotidienne régionale. C’est le cas aujourd’hui avec l’annonce de l’accident sans précédent survenu à Rennes dans le cadre d’un essai clinique de phase I. Tous les regards sont désormais tournés vers la société impliquée : Biotrial. Une société parfaitement et honorablement connue dans le monde de l’industrie pharmaceutique. Ouest France en avait brossé un portrait élogieux dans un dossier spécial paru dans son édition de Rennes, le 3 octobre 2014. Il en a publié une synthèse aujourd’hui : « Rennes. Biotrial, un acteur important des essais thérapeutiques ». Extraits :

« Pour beaucoup de chercheurs, le fondateur de Biotrial est un modèle de réussite. Si le test thérapeutique d’un antalgique à base de cannabis a mal tourné, la société est un acteur reconnu et respecté de la recherche médicale.

« Biotrial ‘’recrute’’ en permanence des volontaires pour des essais pharmaceutiques depuis 25 ans. On le sait moins, mais ce centre de recherche médicale emploie 300 salariés dans le monde, dont 200 à Rennes, dans un bâtiment implanté près du CHU Pontchaillou. Biotrial ne conçoit pas lui-même de molécules : il conduit les tests pour les grands laboratoires pharmaceutiques. Dans un cadre extrêmement réglementé.

 55 000 volontaires

« ‘’On conduit entre 20 et 25 études simultanées, qui nécessitent de faire venir les volontaires sur place à Rennes, pour des séjours qui vont de 24 heures à une vingtaine de jours parfois’’, explique Jean-Marc Gandon. En vingt-cinq ans d’activité, son labo a vu passer quelque 55 000 volontaires. Les donneurs n’ont pas de profil type. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, nous n’avons pas beaucoup d’étudiants !’’ Le laboratoire a sondé ses volontaires pour connaître leurs motivations. ‘’ L’argent qu’ils perçoivent n’est pas ce qui les motive le plus, c’est ce qu’ils nous disent en tout cas ! Ils mettent en avant plutôt leur désir de faire progresser la recherche médicale, et c’est parfois lié à une maladie dans leur entourage.’’

« Le labo recherche des hommes et des femmes de 18 à 80 ans en bonne santé. Ils sont rémunérés, selon un tarif plafonné par la loi. Entre 100 et 4 500 €. Ces tests sont réalisés après examen médical complet et soumis à l’avis favorable d’un Comité de protection des personnes ainsi qu’à l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Un million d’euros de manque à gagner

« L’aventure a commencé en 1989. Jean-Marc Gandon, alors pharmacien formé à la fac de Rennes, est de retour des États-Unis où il a vu, pendant un an, comment fonctionnait la recherche médicale. Il lance Biotrial avec Hervé Allain, professeur de pharmacologie, aujourd’hui décédé, et l’appui du biophysicien, Jacques de Certaines, « qui nous a hébergés au début dans son unité de recherches à Rennes ».

Le centre de recherche médicale va se développer sur le travail à façon pour des grands labos pharmaceutiques (…) En 2014, Biotrial réalisait 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 90 % à l’export. Présent à Londres (depuis le début) et à Bruxelles, le groupe a acquis plusieurs laboratoires en France. Il est aussi présent sur le continent américain, depuis le rachat, en 2012, du Canadien Warnex.

Fin 2014, le dirigeant prévoyait de tripler son chiffre d’affaires et de créer une centaine d’emplois supplémentaires d’ici quatre à cinq ans. Et ça pourrait aller beaucoup plus vite si la France acceptait de réduire les délais d’autorisation pour les essais cliniques. Dans notre secteur, un jour de retard, c’est un million d’euros de manque à gagner.’’ ».

Verrouiller

Aujourd’hui les responsables de Biotrial assurent avoir pleinement respecté les procédures méthodologiques et la réglementation en vigueur. Trois enquêtes (judiciaire, de l’Ansm et de l’Igas) devraient pouvoir en dire bientôt plus. Pour sa part Europe 1 a interrogé le Pr Jean-François Bergman, chef du service de médecine interne à l’hôpital Lariboisière de Paris et ancien vice-président de la commission des autorisations de mise sur le marché de l’Agence du médicament : « Les règles de la phase I, ces essais que l’on fait chez des volontaires sains, a les mêmes règles en France, en Europe et dans le monde, et c’est très strict. S’il y a eu un manquement ou une carence, il faudra sûrement renforcer les contrôles et verrouiller la procédure mais on ne peut pas le dire tant qu’on n’a pas compris. »

A demain

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