Suicide de Pompidou : la sévère réplique des «Amis de Jean-Louis Mégnien» à la mission de l’AP-HP

Bonjour

17 janvier 2015. Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch et le doyen de la faculté de médecine Paris Descartes, Gérard Friedlander viennent de rendre publique la « première note » de la « mission » qu’ils avaient confiée à Madame Marie-Sophie Desaulle, au Pr Patrick Hardy et au Pr Didier Houssin dans l’affaire du suicide du Pr Jean-Louis Mégnien à l’Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP). Nous avons publié ce document

 Visage découvert

Nous publions ici la lecture rigoureuse, à la fois critique et accusatrice, qu’en font, sous le nom des « Amis de Jean-Louis Mégnien », plusieurs médecins et chirurgiens dont certains exercent à l’HEGP. Pompidou. « Notre collectif sera officialisé bientôt, avec un bureau dont la composition sera vite annoncée, mais nous ne sommes pas des clandestins. Plusieurs d’entre nous se sont déjà exprimés à visage découvert » expliquent-ils.

Voici leur texte (nous avons ajouté les intertitres).

« La note d’étape de la mission sur les conflits à l’hôpital européen Georges Pompidou a été rendue publique par la direction générale de l’AP-HP le dimanche 17 janvier 2016. Elle appelle un certain nombre de commentaires. Malgré leur complaisance pour les thèses défendues par l’administration locale et centrale, relayées par certains médecins, les trois enquêteurs missionnés par le directeur général de l’AP-HP et le doyen de la faculté de médecine René Descartes ont repéré plusieurs anomalies graves au sein de l’HEGP, et plus généralement au sein de l’AP-HP.

Responsabilité pénale

En premier lieu, ils indiquent que « l’HEGP, sans doute plus largement le CHU d’Ile-de- France, n’a pas organisé un dispositif structuré centré sur la prévention de la souffrance psychique et la réaction à l’alerte suicidaire des personnels médicaux, y compris hospitalo-universitaire. Les conséquences de la souffrance psychique, notamment lorsqu’elle survient dans un contexte conflictuel ou d’échec professionnel, et leurs liens avec le travail à l’hôpital, son arrêt ou sa reprise ne sont pas suffisamment pris en compte. » Ce passage de la note d’étape met directement en cause la responsabilité pénale de l’employeur qui n’a pas assuré sa mission de prévention des risques psycho-sociaux et ne l’assure toujours pas.

En second lieu, la mission relève « un dysfonctionnement dans la procédure ayant conduit au choix du responsable de l’unité fonctionnelle CMPCV en 2012, puis en 2015 ». Rappelons que la nomination d’un responsable d’unité est faite par l’administration, qui a donc dysfonctionné sur ce point également, ce qui n’a pas manqué d’aggraver la situation au sein de l’unité où travaillait Jean-Louis Mégnien.

Déséquilibre flagrant

Les enquêteurs se sont appuyés principalement sur des documents établis par les mis en cause dans le suicide de Jean-Louis Mégnien, direction locale et direction générale. La chronologie des faits est incomplète. Certaines informations gênantes pour les commanditaires de cette enquête sont passées sous silence. Le choix des premières personnes auditionnées est surprenant. Il n’y a pas de volonté d’entendre des représentants des principales sensibilités. Le déséquilibre est flagrant. En substance, tous les médecins de l’HEGP entendus sont ceux précisément dont Jean-Louis Mégnien a eu à se plaindre, alors que ceux qui étaient proches de lui au sein de l’hôpital n’ont pas encore pu s’exprimer. Ce simple constat révèle le caractère partisan de ces premières conclusions. A cette censure s’ajoutent des menaces sur la liberté d’expression des médecins et universitaires de l’institution qui ne seraient pas serviles, alors que cette liberté est garantie par la Constitution et ne saurait être remise en cause.

Liens d’intérêts non mentionnés

Enfin, il faut constater que la déclaration des liens d’intérêts de Madame Desaulle est incomplète et ne mentionne pas les années 2001 à 2004 pendant lesquelles elle a travaillé étroitement avec Mme Costa.

Au total, cette note apparaît plus comme une vision partiale et incomplète des faits, bien qu’elle pointe déjà les lourdes responsabilités de la direction locale et de la direction générale dans ce qui est pudiquement appelé des dysfonctionnements ou des conflits.

Il en résulte qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de la poursuite de cette mission interne à l’AP-HP. Comme dans d’autres affaires, c’est l’enquête judiciaire qui sera seule susceptible de faire éclater la vérité. »

A demain

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