Zika et malformations foetales : les autorités sanitaires françaises alertent les femmes enceintes et celles en âge de procréer

 

Bonjour

Après celle du 19 décembre c’est la deuxième « alerte sanitaire Zika » lancée par la Direction Générale de la Santé (Pr Benoît Vallet). Une DGS claire, réactive, sans pathos. Face à la progression constante de l’épidémie d’infections dues au virus Zika dans les départements français d’Amérique les autorités sanitaires ont adopté une ligne équivalente à leurs homologues américaines : elles mettent en garde les femmes enceintes et plus généralement celles en âge de procréer contre les conséquences de cette infection virale – des conséquences fœtales tout récemment mises en évidence.

Confirmation de l’extension

Les autorités sanitaires confirment l’extension de l’épidémie de Zika dans les départements français d’Amérique. La Martinique est passée le 21 janvier en « niveau 3 » du programme de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies, correspondant au stade épidémique : 102 cas confirmés à ce jour. Le passage en situation épidémique est en cours d’examen pour la Guyane. ET depuis que les premiers cas ont été détectés fin décembre 45 cas d’infections à virus Zika sont confirmés en Guyane, un cas en Guadeloupe et un autre à Saint-Martin. Les progressions sont d’autre part spectaculaires en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Des alertes ont aussi été lancées par les CDC américains.

Dans ce contexte, le Haut Conseil de santé publique (HCSP) vient de publier un avis complémentaire à celui de juillet 2015. Cet avis renforce en particulier les mesures prises dès le mois de décembre d’information et de prévention à destination des femmes enceintes. « L’hypothèse d’une relation de cause à effet entre la recrudescence de cas de microcéphalies fœtales ou néonatales et une infection par le virus Zika chez la mère est probable » souligne la DGS à Paris. Ce phénomène apparait pu tout particulièrement problématique au Brésil comme vient d’en témoigner la BBC.

Les autorités sanitaires françaises ont donc décidé de renforcer leur action en prenant les mesures suivantes :

1 Pour les femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse et pour les femmes en âge de procréer vivant dans les zones touchées par une épidémie Zika, une information spécifique sur les malformations congénitales et les autres complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika sera assurée par les professionnels de santé. Un suivi médical et une prise en charge renforcée seront mis en place pour toutes les femmes enceintes dans les zones d’épidémie.

2 En cas de découverte à l’échographie d’anomalies congénitales, il sera nécessaire de procéder rapidement à un bilan pour en définir la cause. La patiente sera alors orientée vers un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN) pour une évaluation étiologique et pronostique de l’affection fœtale dont les conséquences possibles lui seront expliquées.

3 Il est recommandé aux femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse et ayant le projet de se rendre dans des zones où sévit le Zika, d’envisager un report de leur projet de voyage, ou, en tout cas de consulter un médecin avant le départ pour être informées sur les complications pouvant survenir lors d’une infection par le virus Zika . (Voir ici la position des CDC américains) Si elles ne peuvent ou ne veulent différer leur voyage, elles doivent renforcer les mesures de protection anti-vectorielles et les bonnes pratiques relatives à l’utilisation des produits insecticides et répulsifs.

A demain

A savoir : Le moustique vecteur du Zika a une activité principalement diurne avec une recrudescence d’activité le matin et en fin de journée. C’est donc surtout dans la journée qu’il faut se protéger. Les symptômes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées et se manifestent dans les 3 à 12 jours qui suivent la piqûre par le moustique contaminé.

L’infection par le virus Zika peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparait peu élevée. En cas de signes cliniques évocateurs d’une infection par le virus Zika, il est recommandé de consulter un médecin, le plus rapidement possible, pendant le séjour ou au retour. Il n’existe pas de traitement curatif, ni de vaccin. Le traitement est donc symptomatique (traitement des symptômes). L’utilisation d’aspirine est fortement déconseillée en raison des risques de saignements.

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