Caméras obligées et « micros tendus » : la concertation sur les vaccinations aurait pu mieux commencer.

Bonjour

La transparence médiatique a encore ses limites. Le 12 janvier dernier Marisol Touraine convoquait la presse spécialisée. Salle comble. La ministre de la Santé annonçait dévoilait son Plan d’action pour la rénovation de la politique vaccinale. Bonne couverture médiatique pour un long catalogue de mesures techniques. Ciblage sur la mesure la plus spectaculaire : l’annonce d’une «grande concertation citoyenne» qui sera organisée via internet. On peut douter de l’efficacité de cette entreprise 1. Une « concertation » qui a toutes les apparences de la démocratie sanitaire mais qui porte sur un sujet excessivement complexe qui ne peut en réalité être maîtrisé que par des spécialistes.

Assumer ses responsabilités

Transparence ? On sait que la désaffection relative d’une fraction de la population vis-à-vis de la vaccination tient notamment à d’invraisemblables dysfonctionnements dans le système de production industrielle et de distribution en pharmacie des spécialités vaccinales. Cette situation (qui ne touche pas seulement la France) est devenue récurrente et aucune date n’est fixée pour un retour à la normale. Le gouvernement apparaît ici comme désarmé, sans véritables moyens de pression sur les firmes pharmaceutiques productrices (au premier rang desquelles Sanofi Pasteur). C’est là un déséquilibre particulièrement inquiétant.

Le 12 janvier Marisol Touraine annonça qu’elle réunirait les industriels pour qu’ils lui remettent des «propositions» afin d’empêcher toute rupture d’approvisionnement et «assumer ainsi leurs responsabilités».

En réponse à la question d’un journaliste la ministre de la Santé révéla qu’elle avait déjà rencontré ces industriels  (« sans convoquer les caméras » précisa-t-elle). Elle annonça aussi et qu’elle allait les revoir « avant la fin du mois ». « Elle attend désormais leurs propositions et aimerait savoir comment ils comptent ‘’assumer leurs responsabilités’’, écrivions-nous alors. On espère que, cette fois, des caméras seront là. »

Transparence et caméras

Vœu exaucé : nous apprenons que demain, jeudi 28 janvier, Marisol Touraine « présidera la présentation, par les entreprises du médicament et le Comité de vaccination du LEEM, de leurs engagements pour empêcher toute rupture d’approvisionnement des vaccins inscrits dans le calendrier vaccinal ». Vœu exaucé car les caméras seront bien là, convoquées à 14 heures :

« Un ‘’tour images’’ (photographes et JRI uniquement) sera organisé, sur accréditation seulement, au début de la rencontre, à 14h00, en salle « Jean Dausset ». » Et les journalistes de la presse écrite, ceux des blogs et des « tout en ligne » (pure player) ? Tout est prévu : « La ministre fera une réaction, ‘’micros-tendus’’, à l’issue de la rencontre. »

On peut le dire autrement : les journalistes ne seront pas admis à cette présentation. Ils ne sauront rien, in vivo, de la manière dont les industriels des vaccins entendent désormais « assumer leurs responsabilités » sur un sujet majeur de santé publique… Rien de leur conception de l’éthique pharmaceutique… Dommage, ils tenaient pourtant là un bon papier. La transparence ? Bonne question. Il y a, pour cela, des caméras.

A demain

1 Lire sur Slate.fr notre chronique « Consulter les Français sur la fin de la vaccination obligatoire n’est pas une solution »

 

Une réflexion sur “Caméras obligées et « micros tendus » : la concertation sur les vaccinations aurait pu mieux commencer.

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