Sédation terminale et soins palliatifs : le Dr Véronique Fournier n’est toujours pas nommée

Bonjour

Une petite moitié de consensus sur la « fin de vie » et une grosse polémique sur les « soins palliatifs ». Sauf coup de Jarnac devant les jardins de l’Observatoire la France devrait, aujourd’hui 27 janvier 2016, être dotée  d’une nouvelle loi sur la fin de vie. Tout a été dit sur ce texte voulu par le président de la République ; un texte brodé sans point de croix par Alains Claeys (Parti Socialiste) et le Dr Jean Leonetti (Les Républicains) ; un texte qui enrage les militants de l’assistance médicalisée au suicide et qui inquiète ceux qui redoutent que la loi autorise un jour le médecin à tuer.

Tout est dit ici du travail du législateur sur cette « proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ». « On va passer d’un devoir des médecins à un droit des malades » résume le Dr Leonetti. C’est là une formule assez malheureuse qui laisserait entendre que le second prendrait la place du premier, que le droit des malades puisse être opposé au devoir des médecins ? Le maire d’Antibes, qui a les sens de la formule, a aussi inventé celle-ci : la nouvelle loi Claeys-Leonetti va mettre en place « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». C’est ici postuler que l’on ne peut souffrir en dormant. Qu’en disent les spécialistes des cauchemars ?

Démission de Christiane Taubira

Le hasard veut que cette loi soit in fine adoptée le jour du départ de Christiane Taubira du ministère de la Justice. Ce départ, cette démission, signe la transhumance  désormais accélérée d’une gauche socialiste de gouvernement vers des rivages moins roses. On peut ici faire un parallèle avec la fin de vie, comme nous ici incite, dans Le Monde, François Béguin :

« En décembre  2014, plus d’un an et demi après le vote du mariage homosexuel [loi portée par Mme Taubira], le chef de l’Etat avait souhaité que l’autre grande réforme sociétale de son quinquennat se fasse dans un  » esprit de rassemblement « . Marginalisés par ce choix, le premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de la santé, Marisol Touraine, tous deux signataires en  2009 d’une proposition de loi prévoyant une  » aide active à mourir « , n’ont cessé de répéter que cette loi de consensus devait être vue comme une  » étape « . »

On voit mal, en ce mois de janvier 2015, la date de l’étape prochaine. Quant à Manuel Valls et Marisol Touraine il y a bien longtemps qu’ils ne s’expriment plus sur un sujet qui leur était familier en 2009.

Abracadabrantsesque

Leur silence n’empêche pas le vacarme. Les nouvelles sédations profondes, autorisées par le texte, l’assimilation (hautement controversée)  de l’alimentation et de l’hydratation à des traitements, l’absence dévaluation des pratiques, continuent de faire polémique.La loi Claeys-Leonetti va « encourager une pratique abracadabrantesque de l’euthanasie » prévient, dans Le Monde, Philippe Bataille, socioloque qui s’intéresse au sujet.

« Quels que soient les limitations légales et les garde-fous, les médecins pourront de moins en moins refuser d’introduire un patient, à sa demande, dans cette antichambre sédative prémortuaire » prophétise dans les colonnes du Figaro le philosophe Damien Le Guay. Avec ce droit à une sédation terminale, des situations inextricables vont apparaître. »

Confusion relative

C’est dans ce contexte qu’est soulevée la question de la nomination de la Dr Véronique Fournier à la tête du futur « Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie ». On se souvient que cette nomination avait été donnée comme faite, le 7 janvier, par Libération. Vingt jours plus tard, rien n’est fait car la personnalité de la directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin dérange.

Ses adversaires citent volontiers l’une de ses  déclarations faite au Monde en 2012: « Si on légalise sur une euthanasie volontaire, contre les médecins, on va braquer les médecins. En France, les soins palliatifs s’opposent à l’euthanasie, or, il faudrait que l’euthanasie devienne le soin palliatif ultime. » Plus généralement la lecture de ses écrits laisse une impression de relative confusion entre les notions de soins palliatifs et de suicide médicalement assisté.

Dans un communiqué daté du 8 janvier, la Société française de soins palliatifs (SFAP) s’était inquitée de cette possible nomination, qu’elle a juge « en conflit avec les positions éthiques du monde des soins palliatifs ». Face à cette levée de boucliers, Marisol Touraine, ministre de la Santé se tait. On fait savoir qu’il n’y a, ici, aucune urgence à ce que ce centre national soit présidé.

A demain

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