Essai clinique de Rennes : Biotrial dément des «cadeaux» aux personnes chargées de la protection des volontaires (Le Figaro)

Bonsoir

29 janvier. C’est un nouvel élément, important, dans l’affaire de l’essai clinique de Rennes. Il est (une fois encore) apporté par Le Figaro qui vient de le mettre en ligne. Le quotidien du boulevard Haussmann  publie un entretien  avec François Peaucelle, directeur général de Biotrial. C’est une exclusivité, ce dernier ayant jusqu’ici gardé un silence prudent vis-à-vis des médias. Selon la chronologie officielle cet entretien précède de trois à quatre jours la remise à Marisol Touraine des premières conclusions de l’enquête menée par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Que nous dit M. Peaucelle que nous ne sachions déjà ?  Le Figaro précise que l’entreprise « a fait appel à un cabinet spécialisé en gestion de crise ». Et qu’elle s’est adjoint les services de Guillaume Didier, un ancien juge d’instruction qui a notamment œuvré comme chef de cabinet puis porte-parole du ministère de la Justice.

M. Peaucelle explique « ne pas avoir identifié de faute que nous appelons chez nous ‘’écart critique’’ ». Il ajoute :

« Le volontaire hospitalisé le dimanche 10 janvier présentait ce jour-là des symptômes qui n’alarment pas dans la vie quotidienne, notamment des maux de tête, précise-t-il. Mais nous l’avons envoyé aux urgences vers 20 heures pour des explorations complémentaires, à titre de précaution. Le lendemain, nous administrons le médicament testé aux autres volontaires alors que nous attendions son retour à Biotrial. Puis en fin de matinée, on apprend qu’il a fait un AVC, ce qui nous semble assez déconnecté de l’essai clinique. Mais, par mesure de précaution, nous suspendons l’administration du produit, lundi en fin d’après-midi. »

 Informations informelles

Répondant aux questions troublantes soulevées par la publication de la chronologie de l’ANSM le directeur général déclare :

« Le mercredi 13 janvier, nous prévenons l’ANSM de manière informelle, puis, le jeudi, nous lui signifions officiellement l’accident. Mais le lundi, nous n’avions aucune raison de la prévenir car le diagnostic d’AVC était éloigné de l’étude menée et nous avions cessé l’administration du produit. Nous n’avons fait le lien avec l’essai clinique que lorsque d’autres volontaires ont eu eux aussi des troubles, le mercredi matin. »

Outre qu’elles ne répondent pas à toutes les questions ces précisions sont contraires aux assurances données par l’ANSM. L’Agence nous a pour sa part assuré « ne pas avoir été informée par d’autres voies des hospitalisations de Rennes avant le jeudi 14 janvier ».qui affirme ne pas avoir été informée des accidents avant le jeudi. Il faudra expliquer ce qu’est « prévenir de façon informelle ». Et faire la lumière sur l’ensemble des flux d’information puisque Marisol Touraine a déclaré n’avoir été informée que le jeudi 14 janvier.

Conflit d’intérêts ?

Le  Figaro révèle qu’un membre de la direction de Biotrial siège au comité de protection des personnes de Rennes (CPP) – structure qui a en charge (avec l’ANSM) la validation des protocoles des essais cliniques.  Réponse de M. Peaucelle :

 « Alain Patat étant un expert international des essais cliniques, il est assez logique qu’on lui ait demandé de faire partie du CPP de Rennes, ce qu’il a accepté. En conséquence, nous évitons au maximum de faire appel à ce CPP, et dans les rares cas où cela a pu arriver, il s’est abstenu de participer aux délibérations et aux votes »

M. Peaucelle assure d’autre part (en réponse à une question sur le silence des volontaires hospitalisés et de la famille de la victime) qu’il n’y a pas eu de « transactions financières» de la part de Biotrial et que Bial « n’a pas l’identité des volontaires ». « Nous ne sommes pas dans le conflit, » dit-il.

Relations et indépendance

Question, dérangeante, du Figaro : « Les enquêteurs s’interrogent sur les cadeaux faits par Biotrial aux CPP locaux qui valident les essais pour votre société, au point d’être baptisés «CPP Biotrial»…

Réponse du directeur général : « Je démens formellement ces accusations. Nous avons certes des relations avec les CPP, mais ils sont indépendants. »

Quelles « relations » ? De quelle nature ? A partir de quand une « relation » induit-elle une « dépendance » ? Il semblait jusqu’ici acquis que les membres des CPP travaillaient de manière bénévole. Des voix s’élevaient toutefois, ici ou là, réclamant une réforme de ce système et un tirage au sort des ses structures. Il faut désormais attendre les premières conclusions de l’IGAS pour commencer à faire la transparence promise par la ministre de la Santé

A demain

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