«Bienvenue à Transhumania !» Londres donne son feu vert à la manipulation génétique d’embryons humains

Bonjour

On pouvait le redouter, c’est fait. C’est fait et c’est sans doute irréversible. La HFEA britannique vient de donner son accord pour que des scientifiques puissent manipuler génétiquement des embryons humains. C’est la première fois qu’une autorité de régulation scientifique et éthique accorde un tel feu vert officiel. L’équipe autorisée aura recours à la nouvelle technique, révolutionnaire dite CRISPR qui permet de modifier pratiquement à volonté tel ou tel aspect d’un génome végétal ou animal – et bientôt humain.

 «Nous avons approuvé la demande du Dr Kathy Niakan de l’Institut Francis Crick (Londres) d’ajouter la possibilité de manipuler des embryons (humains) à son autorisation de recherche», a annoncé la HFEA. La demande avait été déposée au mois de septembre. Il s’agit d’étudier la mécanique du programme génétique en jeu lors des premiers stades de la vie humaine. L’un des objectifs affichés est de tenter de déterminer pourquoi certaines femmes font, plus fréquemment que d’autres, des fausses couches.

L’huile et le feu

Il ne s’agit pas encore de travaux visant à modifier le génome à des fins thérapeutiques – pour l’heure cette perspective reste interdite sur le sol britannique. En avril 2015, des chercheurs chinois avaient annoncé être parvenus à modifier avec CRISPR un gène défectueux au sein du génome de plusieurs embryons. Cette première avait alors soulevé de nombreuses  inquiétudes ainsi que des questions éthiques d’une particulière gravité. . Certains en avaient appelé à l’organisation d’une nouvelle conférence d’Asilomar…  Quelques conférences ont été organisées… dont l’une, importante aux Etats-Unis….  On y a dit à quel point il était important de réfléchir… Puis vient cette nouvelle britannique. ..Une nouvelle étape dans un processus qui semble incontrôlable tant les appétits sont nombreux.

Nous avons écrit à plusieurs reprises que la France, fille aînée de l’éthique,  était radicalement absente de cette réflexion internationale sur le sujet. Une absence inquiétante autant qu’incompréhensible. Le Pr Pierre Jouannet, membre de l’Académie nationale de médecine et du comité d’éthique de l’Inserm a cru voir dans nos propos  l’exercice favori d’un journaliste prenant plaisir « à polémiquer, à mettre de l’huile sur le feu sans trop tenir compte de ce qui se passe en réalité ». Il ajoutait : « la France n’est pas ce désert de l’éthique et de la pensée qu’il décrit ». C’était il y a un mois. Huile ou pas, le feu a bien pris, et tout le monde le voit.

Il se murmure, dans les milieux autorisés, que plusieurs sociétés savantes françaises prépareraient des « avis » sur l’usage qui pourrait, ou pas, être fait de la technique CRISPR sur l’embryon humain et les cellules germinales humaines. Le feu, alors, nous éclairera.

A demain

 

 

 

 

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