Zika : après Ebola, l’OMS fonce dans le brouillard épidémiologique et les nuages de moustiques

 

Bonjour

2  février 2016. C’est une annonce solennelle de l’OMS. La menace de l’infection par le virus Zika constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale ». Pourquoi une telle initiative face à une maladie certes épidémique mais dont l’OMS nous dit par ailleurs qu’elle est le plus souvent inapparente et pratiquement toujours inoffensive ? La réponse, aux accents soviétiques, vient de Genève où tous les experts ont été réunis dare-dare. « Cette qualification officielle de la maladie est de nature à accélérer l’action internationale contre le virus et la recherche scientifique » nous dit le Dr  Margaret Chan, directrice générale. Question : de quelle manière l’OMS peut-elle actionner l’accélérateur ?

Depuis quelques jours Zika  surfe sur les ondes. On y répète que ce virus sévit actuellement « dans 21 des 55 pays (sic) du continent américain » 1. On y redit qu’un million-et-demi de personnes ont été infectées au  Brésil. On y redit aussi que l’OMS « laisse entendre » que quatre millions de cas pourraient être attendus sur le continent. Tout cela pour une maladie presque toujours asymptomatique et pour laquelle on ne fait jamais, sur le terrain, de diagnostic virologique… On évoque jusqu’à plus soif des hypothèses alarmistes fondées sur des postulats-moustiques. Les entomologistes disparaissent au moment précis où émergent Aedes aegypti et Aedes albopictus (ne pas oublier son synonyme : « moustique tigre »).

Zika à la lumière d’Ebola

Reste l’essentiel : la décision alarmiste de l’OMS se fonde sur le lien (pour l’heure suspecté mais non démontré) entre l’infection de la femme enceinte par le virus Zika et des malformations fœtales, au premier rang desquelles des « microcéphalies ». « Au Brésil, près de 4 200 bébés pourraient être atteints de microcéphalie, soit une multiplication par 20 à 30 par rapport aux années précédentes » rapportent les médias. En coulisse des experts confient que ce sont là des extrapolations à très haut risque faute de données épidémiologiques brésiliennes préalables concernant les malformations fœtales.  Dans Nature notre confrère Declan Butler fournit des éléments qui confortent ces interrogations. “ Zika virus: Brazil’s surge in small-headed babies questioned by report “.

« Nous devons agir » affirme la directrice générale de l’OMS. Le Dr Margaret Chan se souvient des accusations dont elle a été la cible lors de l’épidémie d’Ebola – des accusations qui n’ont en rien touché cette inoxydable organisation onusienne. Aveugle durant des très longs mois face à Ebola en terre africaine la direction suprême de Genève décrète que Zika est, aux Amériques, « une urgence de santé publique de portée mondiale ». Au risque, demain, de devoir rétropédaler. C’est un exercice que l’on maîtrise généralement assez bien dans les couloirs et les bureaux climatisés du monde onusien.

A demain

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