Zika et parisianisme : le message de compassion du Pr Goudeau (Tours) au Dr Musso (Papeete)

Bonjour

Zika peut aider à soulever certains voiles. Nous venons de rapporter, via Le Point, l’amertume du Dr Didier Musso. L’amertume et la solitude de ce chercheur cité dans le New York Times et qui vit mal de ne pas être entendu dans son pays (en métropole). Le quotidien américain rappelle que l’hypothèse d’une transmission sexuelle du virus avait été  documentée il y a précisément un an par l’équipe du Dr Musso dans la revue Emerging Infectious Diseases :  “Potential Sexual Transmission of Zika Virus”.

Le Dr Didier Musso, est directeur de l’unité des maladies infectieuses émergentes « Institut Louis Malardé » de Papeete (Tahiti, Polynésie française). Avec ses collègues il décrivait alors un cas de contamination chez un homme âgé de 47 ans et traité pour une hématospermie après un épisode infectieux. Le virus Zika avait alors été retrouvé dans son sperme évoquant clairement la possibilité d’une transmission par voie sexuelle.

Ce n’est pas tout : une forte suspicion de transmission par voie sanguine avait également été rapportée en 2014 par l’équipe du Dr Musso lors d’une épidémie de Zika en Polynésie française : Potential for Zika virus transmission through blood transfusion demonstrated during an outbreak in French Polynesia, November 2013 to February 2014”.

 « Gémir n’est pas de mise… aux Marquises »

 Aujourd’hui le Zika est à la Une du monde entier. Et la transmission par voie sexuelle est le sujet du moment. En France la ministre de la Santé convoque la presse, parle sur les ondes, donne des conseils. Depuis nos antipodes le Dr Musso tente de parler :

 « En 2013 et 2014, l’épidémie de Zika est passée inaperçue en métropole si on la compare, par exemple, au retentissement médiatique de l’épidémie de chikungunya qui a touché l’île de La Réunion quelques années auparavant. Nous nous sommes « débrouillés » tout seuls pour isoler le virus, mettre au point les tests diagnostiques, prendre en charge les patients, faire face aux premières complications sévères que nous n’attendions pas. Quand on habite à l’autre bout du monde, on a l’habitude de faire face. Comme disait Jacques Brel enterré aux îles Marquises, « gémir n’est pas de mise aux Marquises ». C’est valable pour l’ensemble de la Polynésie, on compte surtout sur nous-mêmes. On regrette toutefois le faible soutien apporté par les autorités françaises. »

 Il n’est de bon bec que de Paris

 Qui lui répondra, pensions-nous, à la lecture du Point ? Une première réponse vient de nous parvenir. Elle est signée du Pr Alain Goudeau, chez du service bactériologie-virologie du CHU de Tours. Avec l’équipe du Pr Philippe Maupas, le Pr Goudeau put, via le premier vaccin mis au point contre l’hépatite virale de type B, expérimenter il y a quelques années les difficultés à lutter contre certains anticorps anti-province. Voici sa réponse au Dr Musso :

 «  L’idée d’inviter un collègue tropicaliste à des réunions parisiennes me paraît une suggestion un peu farce.  Depuis quand les conseilleurs professionnels se piqueraient-ils de connaître ce dont ils parlent avec morgue?

« Dans ce domaine les « équipes de Pasteur » et l’IHU ne sont pas les structures les plus partageuses de gloriole et d’interventions médiatiques. Elles correspondent certes avec des opérateurs de terrain mais n’imagine pas une seconde de les amener à prendre langue directement avec les autorités de santé sans leur parrainage condescendant.

 « Rassurons notre collègue Musso, en médecine aussi, il n’est bon bec que de Paris. Toute la province métropolitaine ou insulaire est traitée avec un égal paternalisme. »

A demain

 

 

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