Zika: le premier «scandale» ne doit pas masquer le déploiement de la mobilisation nationale

Bonjour

Les choses s’accélèrent. Le Point dénonce, avec le Dr Didier Musso, un « scandale » : « Scandale : les autorités sanitaires ignorent le plus grand spécialiste de Zika ». Dans le même temps les autorités sanitaires font leur travail. Mais au lieu de communiquer directement (comme aux Etats-Unis) le fruit de leur labeur c’est, une nouvelle fois, Marisol Touraine  qui, devant les caméras, en assure la diffusion. Voici, résumés, les principaux éléments d’actualité que vient de donner la ministre de la Santé :

L’épidémie est aujourd’hui « installée » en Martinique et en Guyane, avec respectivement 2287 et 245 cas « évocateur »s, dont près d’une centaine ont fait l’objet d’une confirmation biologique. Dix cas autochtones ont également été confirmés en Guadeloupe et un cas à Saint Martin.

Au total depuis le début de l’épidémie dans les départements français d’Amérique, vingt femmes enceintes ont été détectées positives au virus Zika. Ces femmes font l’objet d’un suivi renforcé, aucune malformation n’a été détectée à ce jour. Deux cas de syndrome de Guillain-Barré ont par ailleurs été pris en charge, l’un d’entre eux est toujours en réanimation au CHU de Fort-de-France.

En écho au Dr Musso

En métropole, neuf cas importés de zika ont été pris en charge depuis le début de l’année. L’un d’entre eux, de retour en métropole après un séjour dans une zone touchée par le virus, présente une « forme neurologique » de l’infection. Marisol Touraine n’a pas donné plus de précision.

En écho lointain aux propos du Dr Musso Marisol Touraine est revenue sur les mesures mises en place pour faire face à cette épidémie :

« Dès le mois de juillet dernier, les Agences régionales de santé des départements français d’Amérique ont été mobilisées pour préparer notre système de santé à l’apparition du Zika. Elles ont activé les systèmes de surveillance. Le 11 décembre, un message a été adressé aux Agences régionales de santé pour leur faire part du risque élevé de contamination au Zika sur notre territoire, et leur demander d’élaborer un plan d’action.

« Le 19 décembre, les deux premiers cas autochtones de personnes contaminées par le virus ont été confirmés en Guyane et en Martinique. Le même jour, des messages électroniques « MARS » et « DGS URGENT » ont été envoyés par le Ministère à tous les établissements de santé et à tous les professionnels de santé pour leur indiquer la conduite à tenir face à cette épidémie, avec une vigilance particulière pour les femmes enceintes. Depuis ce jour, des messages leur ont été adressés très régulièrement pour actualiser les recommandations de suivi et de prise en charge.

« La Martinique et la Guyane ont franchi le seuil épidémique, respectivement les 20 et 22 janvier 2016. Le 22 janvier, le Haut conseil de la santé publique m’a remis son rapport sur le suivi des femmes enceintes. Le même jour, j’ai donc adressé des recommandations actualisées. Notre système de santé et d’alerte sanitaire est pleinement mobilisé. (…)

« J’ai saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour que soient diffusés dans les médias locaux des spots radiophoniques puis télévisés. »

Différer les dons de gamètes

Un avis du Conseil national professionnel de la gynécologique obstétrique recommande « l’emploi du préservatif pour les femmes enceintes ou en âge de procréer en zones d’endémie, ou dont le compagnon est suspect d’être infecté ». Marisol Touraine  vient de saisir « en urgence » le Haut conseil de la santé publique pour qu’il lui confirme, dans les tous prochains jours, ces recommandations pour la France. L’Agence de la Biomédecine (ABM) vient d’autre part d’adresser aux établissements de santé des départements concernés la recommandation de différer les dons de gamètes et les assistances médicales à la procréation (AMP).

Pour les personnes qui reviendraient en métropole après un séjour dans l’un des territoires concernés, l’ABM recommande de différer les dons de gamètes et les AMP sur une période de 28 jours après le retour et la réalisation d’un examen du sperme.

Respirateurs supplémentaires

Dès le début de semaine prochaine, six respirateurs supplémentaires seront donc livrés au CHU de la Martinique et deux respirateurs supplémentaires au CH de Cayenne en Guyane. Une « pré-mobilisation » des renforts en professionnels de santé a été effectuée « dans le cas où la situation le nécessiterait localement ». Cinquante réservistes, dont des réanimateurs, sont prêts à partir si nécessaire. L’objectif est de constituer des équipes médicales (4 à 5 médecins réanimateurs et 6 à 8 infirmiers) susceptibles de prendre en charge une unité de quatre lits de réanimation.

« Ces mesures sont appelées à évoluer a précisé Marisol Touraine.  Nous suivons la situation en temps réel. Face à une situation d’alerte, tous est mis en œuvre pour garantir la sécurité de nos compatriotes et la protection des femmes enceintes, pour qui le risque est très élevé. » C’est toutefois là une donnée qui reste à confirmer.

A demain

Une réflexion sur “Zika: le premier «scandale» ne doit pas masquer le déploiement de la mobilisation nationale

  1. Les risques de ce type pourraient être mis en relation avec la iatrogénèse: 140 000 hospitalisations par an en France (coût: 500 M€) et 13 000 morts par an… Mais là personne n’en parle. Sans doute parce qu’il n’y a pas de virus à combattre et de moustique à éradiquer. Mourons en paix… à l’hôpital.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s