Incroyable mais peut-être vrai : la cigarette électronique tolérée dans les cafés-restaurants?

Bonjour

C’est une information du Monde, qui dit la tenir de la Direction générale de la santé. Une information comme en pointillé, mais qui pourrait aider à ne pas systématiquement désespérer.

Résumons. En dépit de l’évidence la cigarette électronique est toujours, en 2016, officiellement considérée comme un « produit du tabac ». A ce titre il est interdit de vapoter là où il est interdit de fumer. Promulguée il y a quelques jours, la loi de modernisation de notre système de santé prévoit de nouvelles interdictions :

 « L’article 28 modifie le Code de la santé publique en insérant un nouvel article L3511-7-1.

Ainsi, il est interdit de vapoter dans : les établissements scolaires et les établissements destinés à l’accueil, à la formation et à l’hébergement des mineurs ; les moyens de transport collectif fermés ; les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif. Un décret en Conseil d’État fixera les conditions d’application du présent article. »

 Exceptions et convictions

« Une interdiction en apparence claire et systématique à destination des 1,5  million de Français qui vapotent quotidiennement, mais qui pourrait pourtant souffrir quelques exceptions lorsque paraîtra le décret d’application d’ici à la fin mars » croit savoir Le Monde (François Béguin).

Des exceptions aux convictions maintes fois affichées par Marisol Touraine ? La Direction générale de la santé assure en effet que « le gouvernement ne prévoit pas d’interdire de vapoter » dans les bars et restaurants. Dirigée par le Pr Benoît Vallet cette Direction se rangerait en cela à un avis du Conseil d’Etat daté du 17 octobre  2013 ; un avis qui avait jugé « disproportionnée » une « interdiction générale » de l’usage de l’e-cigarette. Un Conseil d’Etat d’une grande prudence :

« (…) Concernant les autres lieux à usage collectif (cafés, restaurants, établissements de loisirs), une interdiction générale paraît, en l’état des connaissances scientifiques, disproportionnée. Cependant, si un risque de confusion apparaissait entre la cigarette électronique et la cigarette traditionnelle, de sorte que le respect de l’interdiction de fumer dans ces lieux serait compromis, il appartiendrait au Gouvernement de prendre, au titre de la réglementation du produit, les mesures nécessaires pour éviter tout risque de confusion de la cigarette électronique avec la cigarette traditionnelle.

(…) Le Conseil d’État, qui considère qu’il est loisible au législateur d’apporter des restrictions à la liberté de « vapoter » sans que toutefois, en l’état des données scientifiques disponibles, cette interdiction ne puisse être aussi générale que celle qui s’applique à la cigarette traditionnelle, réitère son observation que le présent avis est rendu dans un contexte incertain quant à l’évaluation scientifique des effets de la cigarette électronique. »

Réduction ou pas des risques

C’était il y a plus de deux ans. Et maintenant ? Tolérer la cigarette électronique au risque d’être accusé de laxisme ? La prohiber pour ne pas être victime de ces quelques extrémistes qui ne veulent pas voir de différences entre les fumées cancérigènes et la vapeur d’eau nicotinée ? Refuser aveuglément de tolérer un possible instrument de sevrage, un outil de libération de l’esclavage du tabac – et ce trente ans après le début historique (Michèle Barzach) de la politique de réduction des risques ?

«  Sur la question des bars et des restaurants, le ministère de la santé a une position floue qui nous laisse à penser qu’il souhaite renvoyer le débat à l’établissement d’une jurisprudence, ce qui prendrait plusieurs années » regrette Rémi Parola (cité par Le Monde), coordinateur de la Fivape, une structure originale qui réunit les professionnels de l’e-cigarette. Les mêmes causes produisant les mêmes effets délétères on entend déjà les roulements de tambours des intégristes. « Les bars et les restaurants sont des lieux de travail couverts collectifs, il sera donc logiquement interdit d’y vapoter » plaide Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT).

Sortir de la nasse 

Il se dit que le ministère aurait interrogé cafetiers et restaurateurs quant à une obligation de mettre en place des « zones vapoteurs », résurgence des antiques  comme il existait autrefois des « zones fumeurs ».  La réponse était connue avant que d’être posée. Refus catégorique. Plus intéressant : le gouvernement a demandé au Haut Conseil de la santé publique (HCSP) d’actualiser son avis de mai  2014 sur le rapport bénéfices-risques de l’e-cigarette.

« On met en balance les avantages pour les fumeurs et les inconvénients pour les jeunes, et ce n’est pas facile de savoir de quel côté penche cette balance » commente le Pr Roger Salamon,  président du HCSP. Est-ce vraiment si compliqué ? On peut aussi se demander, sur un sujet à ce point important de santé publique, pourquoi le HCSP ne s’est pas autosaisi ? Pourquoi attendre une initiative gouvernementale quand on sait, sur le sujet, les atermoiements de la ministre de la Santé ?

Connaître la question

«  Pourquoi ce Haut Conseil est-il saisi si tard ? Pourra-t-il formuler des recommandations qui vont à l’encontre de la loi santé ? » s’interroge Brice Lepoutre, le président de l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce). C’est une bonne question. Une autre serait de demander pourquoi le législateur français ne fonde pas ses décisions sur les recommandations de celles et ceux qui connaissent assez bien la question. En octobre dernier cent-vingt médecins, pneumologues, tabacologues, addictologues et cancérologues avaient lancé un appel en faveur de la promotion de l’e-cigarette auprès du grand public et du corps médical pour en développer l’usage.

A l’appel du Dr Philippe Presles (SOS Addictions) les  signataires fondaient leur initiative sur les conclusions d’un rapport du Public Health England, agence sanitaire publique britannique : « vapoter est 95% moins nocif que le tabagisme ». Qu’observe-t-on, en réponse à l’appel de ces experts et à la demande du Conseil d’Etat ? Tout d’abord l’inaction radicale et récurrente des organismes en charge de la santé publique – que fait l’Inserm sur la cigarette électronique ? Ensuite le silence du politique; un silence qui, le temps passant, pourrait bientôt être entendu comme une forme de mépris.

A demain

2 réflexions sur “Incroyable mais peut-être vrai : la cigarette électronique tolérée dans les cafés-restaurants?

    •  » un silence qui, le temps passant, pourrait bientôt être entendu comme une forme de mépris. »
      C’est déjà pris comme tel.
      Entre ça et le fait de se voir, nous vapoteurs utilisateurs, traité de lobbyistes à la solde des industriels de la vape, sans preuve donc diffamation, par certaines personnes, on commence à en avoir plus que raz le bol de ces « têtes pensantes » qui pensent mieux connaitre le sujet que nous et nous dénigrent allègrement sur les réseaux sociaux.

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