La syphilis est de retour à Brive-la-Gaillarde. Faut-il revenir à sa déclaration obligatoire ?

Bonjour

Choc des mots. C’est une information du Figaro qui reprend BFMTV qui reprend La Montagne . Au final cela donne « La progression de la syphilis se poursuit en France ». Au départ La Montagne ne parlait que d’un « bref et rapide retour de la syphilis » dans le département cher à François Hollande et à Jacques Chirac. Un département dans la préfecture duquel  Le Figaro et BFMTV ont localisé un « CHU » quand La Montagne, plus proche du terrain, parle  d’un centre hospitalier – et du service de médecine interne, maladies infectieuses et tropicales ; un service dirigé par le Dr Bruno Abraham.

La Montagne, extraits :

« Médecin spécialiste des maladies infectieuses au centre hospitalier de Brive, le Dr Bruno Abraham n’hésite pas à employer le mot « d’explosion » face à la soudaine et rapide résurgence de cas de syphilis. « Pour le grand public, c’est une maladie du passé, souvent associée aux maisons closes. Nous assistons pourtant à son retour. En 2015, une quarantaine de personnes ont été soignées à Brive alors qu’il y a un ou deux ans, nous n’avions que un ou deux cas par an.

« Le phénomène n’est pas spécifique au bassin de Brive. La syphilis regagne du terrain depuis les années 2000, d’abord dans les grandes métropoles. L’infection touche désormais des villes moyennes, au point que le docteur Abraham lance un appel à la vigilance : « Il ne faut pas hésiter à se faire dépister. Le traitement est simple quand la maladie est au stade primaire. En général, une piqûre de pénicilline suffit ».

 « Les personnes atteintes ont en moyenne la quarantaine, sont majoritairement des hommes, aussi bien des homosexuels que des hétérosexuels. L’infection est due à une bactérie. Le temps d’incubation est variable, en moyenne trois semaines. Le symptôme le plus courant, c’est l’apparition d’une lésion cutanée au niveau de la zone de contact, l’appareil génital, la bouche. »

Et le quotidien régional de présenter le  nouveau dispositif  départemental de lutte contre la syphilis, le virus du sida ou d’autres infections sexuellement transmissibles (hépatites B ou C) se met en place. Les centres hospitaliers de Brive, Tulle et Ussel, en association avec les associations AIDES Limousin et Entr’AIDSida, ont créé un centre d’information et de dépistage baptisé Cegidd. Des consultations anonymes (ou pas) sont organisées dans les établissements des trois principales villes du département. »

BFMTV après La Montagne :

« Interrogé par BFMTV.com, le Dr Abraham, infectiologue au CHU de Brive, décrypte ce phénomène. C’est une maladie que l’on associe au Paris du siècle dernier, lorsque les maisons closes avaient encore pignon sur rue dans la capitale. La syphilis est pourtant une maladie sexuellement transmissible qui existe toujours, et qui est en recrudescence au niveau national. Toutefois, la Corrèze semble être un foyer épidémique notable, avec une incidence supérieure à la moyenne.

« Contacté par BFMTV.com, le professeur confirme son inquiétude. « La syphilis avait quasiment disparu jusqu’à il y a une dizaine d’années, puis a connu une résurgence dans les grandes métropoles, en hausse modérée chaque année. Cependant, en 2015, nous avons constaté un niveau préoccupant de nouveaux cas dans notre centre de dépistage. Il ne faudrait pas que ce foyer épidémique se propage et continue de se développer cette année. »

Où l’on en vient au Figaro :

« Si le Dr Abraham parle ‘’d’explosion’’, la responsable de l’unité VIH, Hépatite B et C à l’Institut de veille sanitaire, le Dr Florence Lot, estime que cela est à prendre avec précaution. ‘’La détection de la syphilis se fait via des sites participatifs, tous les établissements hospitaliers de France n’y participent pas, explique-t-elle. Il est donc impossible de savoir si ces cas sont récents et si l’augmentation est réelle.’’ »

La syphilis a été retirée, en 2000, de la liste des maladies à déclaration obligatoire en raison du faible nombre de nouveaux cas en France. «On enregistre une augmentation globale des personnes touchées, dont une hausse de 50% des hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes en 2014, explique Florence Lot. Ils représentaient cette année-là 84% des cas répertoriés. Et parmi eux, 40% sont diagnostiqués comme étant aussi porteurs du VIH.»  Un vrai sujet de société.

Préservatif au long cours

«Le préservatif est le seul moyen de protection contre la syphilis et cela démontre que son utilisation sur le long terme se complique » poursuit Florence Lot. Et si le traitement antibiotique est efficace à 100% lorsqu’il est pris rapidement après l’apparition des premiers symptômes mais il semble que la population ne soit pas assez sensibilisée.  L’Assurance maladie tente par ailleurs de mettre en place un système de données pour pouvoir chiffrer précisément le nombre de cas dans l’Hexagone.

On lit La Montagne, on regarde BFMTV, on achète Le Figaro. Et l’on en vient à se demander pourquoi la syphilis n’est plus à déclaration obligatoire  – elle l’était, en France, depuis 1942. 1 Et pourquoi l’Assurance maladie en est toujours à tenter de mettre sur pied un système qui devrait être en place depuis qu’elle existe, ou presque.

A demain

1 En France, la déclaration obligatoire de la syphilis, mise en place en 1942, a été abandonnée en 2000 (ordonnance 2000-548 du 15 juin 2000), car les cas de syphilis étaient rares et exceptionnellement rapportés par les médecins, en particulier libéraux.

Cependant, en novembre 2000, un nombre inhabituel de cas a été diagnostiqué dans un dispensaire anti-vénérien parisien. Cette augmentation, sur l’ensemble de la capitale et en province, a conduit à partir de l’année 2001, à la mise en place d’un système de surveillance basé sur le volontariat.  Cette action a permis d’objectiver l’épidémie et de mieux la caractériser.

Devant les résultats préliminaires de cette enquête qui confirmait la résurgence de la syphilis, une campagne d’incitation au dépistage sur les populations cibles a été mise en place en Mai 2002 (« Alerte syphilis ») grâce aux efforts conjoints de la Direction Générale de la Santé, de la DDASS, de la Mairie de Paris (DASES) et de l’InVS.

Depuis, la résurgence de la syphilis a été clairement démontrée et intéresse principalement les homosexuels de sexe masculin dont plus de la moitié sont infectés par le VIH.  Cette résurgence des cas de syphilis est un problème de santé publique non négligeable et a conduit les différents acteurs de santé publique à mettre en place des campagnes d’information. (source CNR Syphilis)

 

 

Une réflexion sur “La syphilis est de retour à Brive-la-Gaillarde. Faut-il revenir à sa déclaration obligatoire ?

  1. J’ai attrapé en 2 ans 3 fois la syphilis. J’appartiens à la communauté homosexuelle dans laquelle cette maladie progresse. J’ai des amis qui eux aussi ont été touchés également. Attention on peut l’attraper par voie buccal aussi…

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