Vaccins : que diriez-vous d’un grand référendum pour ou contre l’usage de l’aluminium ?

Bonjour

C’est le sujet écologique du jour : l’abcès de Notre-Dame-des-Landes. Une vieille question aéroportuaire travaillée sous toutes les coutures, des oppositions radicales et infranchissables, une guerre moderne et médiatique. Nous en étions là, aux antipodes du consensus quand soudain, le chef de l’Etat sortit, en direct et à la télévision, une nouvelle carte : un référendum.

Aussitôt c’est un nouveau casse-tête pour le gouvernement. Depuis quarante-huit heures tous les médias tentent de comprendre, avant de conclure à l’impasse. « Le locataire de Matignon veut aller vite et en finir avec ce dossier ultrasensible vieux de plus de cinquante ans, et qui empoisonne le gouvernement depuis 2012, quand une évacuation de la zone à défendre, la ZAD, par les forces de l’ordre avait échoué, rappelle Le Monde. Jean-Marc Ayrault, nouveau ministre des Affaires étrangères, était alors premier ministre et Manuel Valls, ministre de l’intérieur. Manuel Valls réclame depuis de longs mois le démarrage des travaux et donc l’expulsion des quelque deux cents à trois cents occupants de la zone sur laquelle doit être construit l’aéroport. »

Comment comprendre ? Le chef de l’Etat aurait-il voulu donner des gages aux anciens écologistes invités au sein du nouveau gouvernement ? A-t-il voulu satisfaire à la demande de Jean-Marc Ayrault, ancien président de la région ligérienne et ardent défenseur du projet de Notre-Dame-des-Landes, qui demandait une « relégitimation » du projet ? Pourquoi, soudain, ce petit espace référendaire dans un pays à ce point jacobin ? Et comment ne pas imaginer que ce qui peut être vrai pour une affaire aéroportuaire régionale pourrait aussi le devenir pour une affaire sanitaire d’importance nationale ?

Politique vaccinale à rénover

Où l’on en vient à la grande rénovation de la politique nationale vaccinale annoncée il y a un mois par Marisol Touraine. Une consultation qui, la ministre étant restée en place, sera menée sous son autorité. En tête d’affiche : remettre ou non en question le caractère « obligatoire » ou « recommandé » des vaccinations.  Mais, sous-jacent, on trouve très vite l’abcès des adjuvants et, plus précisément, celui de l’aluminium.  Dans les camps des anti-vaccins on ne fait guère l’économie des outrances comme en témoigne le sujet traité sur le site Egora : « La vaccination est un homicide involontaire » : la nuisance des anti-vaccins ». Extraits :

« Adeptes de la naturopathie, complotistes ou simplement inquiets, les anti-vaccins se font entendre de plus en plus. Grâce à Internet, leur discours trouve un écho sans précédent. Inquiets, les pouvoirs publics peinent pourtant à se faire entendre face à ces lobbys qui profitent d’un terreau fertile (…)

Personnes en danger

Le 14 janvier dernier, l’ex-médecin homéopathe Marc Vercoutère a été condamné pour exercice illégal de la médecine. Pour la quatrième fois. Marc Vercoutère n’est plus inscrit à l’Ordre depuis 1992, mais continue de délivrer des certificats de contre-indication à la vaccination. « Cette nouvelle condamnation ne va rien changer à ma pratique. Je n’ai pas le droit de refuser de porter assistance à une personne en danger », assure l’ancien médecin installé à Pau (…). Moi, j’apporte cette information puisque la France est le royaume de la pensée unique. La vaccination doit être assimilée à la mise en danger de la santé d’autrui par l’administration de substances toxiques. C’est une forme d’homicide involontaire », assure celui qui est aussi président de l’Association liberté information santé (Alis) (…).

Et parmi les sujets chers aux anti-vaccins, celui des effets secondaires et des adjuvants est particulièrement sensible. Pour répondre à la question de l’aluminium, une nouvelle étude de l’Inserm dirigée par le Pr Romain Gherardi et financée par l’Ansm est en cours. Les conclusions devraient être connues en juillet 2017. « Aujourd’hui, les études menées au niveau international concluent à un rapport bénéfices-risques favorable. Mais il s’agit de lever tout doute potentiel. Pour le moment, on n’est pas capable de répondre en étant sûr à 100 %. Il est d’ailleurs demandé aux laboratoires de trouver d’autres méthodes pour doper l’immunité sans aluminium », glisse Sandrine Hurel, dont le travail a servi de base au plan de rénovation de la politique vaccinale. 1

Discours ambivalent

Un discours pour le moins ambivalent qui ne passe pas auprès de certains pontes de la vaccination. D’autant que le Pr Gherardi, qui dirige cette nouvelle étude, a justement décrit dans The Lancet, en 1998, un lien entre la présence d’aluminium dans les vaccins et la déclaration d’une myofasciite à macrophages chez certaines personnes. 

« Il n’y a qu’en France qu’on se pose autant de questions par rapport aux adjuvants ! Tout ça parce que des chercheurs ont lancé des idées qui ont fait polémique et qui n’ont été reprises nulle part ailleurs, s’agace le Pr Daniel Floret. Le silence des pouvoirs publics face aux polémiques a été un problème majeur ces vingt dernières années, poursuit le Pr Floret. À tel point qu’aujourd’hui la parole publique est difficilement audible (….). ». »

Des incohérences à tous les étages… une parole publique difficilement audible… des responsables ambivalents… des oppositions radicales… Un besoin de « relégitimation »…  Les similitudes ne manquent pas avec Notre-Dame-des-Landes. Et le temps pourrait ne plus être très loin où, pour crever l’abcès, on envisagera, en haut lieu, le recours à un référendum sur les adjuvants.

A demain

1 Le rapport sur la politique vaccinale de Sandrine Hurel est disponible à cette adresse :  http://socialsante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_sur_la_politique_vaccinale_janvier_2016_.pdf

 

 

 

2 réflexions sur “Vaccins : que diriez-vous d’un grand référendum pour ou contre l’usage de l’aluminium ?

  1. La question des adjuvants dépend effectivement des états qui devraient lancer une etude internationale d’impact sur la santé. Ça pourrait être le rôle de l’Europe de financer une telle étude à partir de moyens qu’elle dégage des autorisations de mise sur le marché. A défaut il y aura toujours matière à controverse.

  2. Et si on regardait du côté de l’épidémiologie ? L’étude de l’impact d’une campagne de vaccinations comporte 2 phases :
    La phase 1, la collecte des données, conduit à retenir un échantillon de cas auxquels on associe généralement des témoins. Si les distorsions entre l’échantillon retenu et la réalité qu’on veut décrire paraissent trop importantes, on parle alors de biais, on admet que ce qu’on trouvera sur l’échantillon ne pourra pas forcément s’appliquer à la population source.

    La phase 2 consiste à étudier l’échantillon. On le fait en usant de tests statistiques qui s’appuient implicitement sur des lois de probabilités qui, pour fonctionner correctement demandent certaines conditions. Sans chercher à couper les cheveux en 4 il faudrait s’assurer que ces conditions sont suffisamment satisfaites pour ne pas inverser ce que l’échantillon pourrait révéler comme  neutraliser un signal qui pourrait exister. Or cela se produit dans des études publiées. Très facile à mettre en évidence il est tout aussi aisé d’en pointer les causes mathématiques et pratiques.

    Exemple : la publication Tardieu 2007 fait état de 62 cas de sclérose en plaques apparues dans les 4 années qui suivent une vaccination hépatite B contre 12 au cours des 2 années suivantes, soit 5 fois moins, ce qui constitue un signal très fort et immédiat. Il y a 476 témoins vaccinés sur les 4 premières années contre 102 pour les 2 années suivantes, soit 4,7 fois moins ce qui tue toute possibilité de signal en cas-témoins.
    Pour que le test soit mathématiquement valable les témoins vaccinés devraient se répartir à peu près à la proportionnelle entre les durées de 4 et 2 ans soit 385 pour les 4 premières années et 193 pour les 2 années suivantes aux variations aléatoires près. On constate alors aussitôt que le signal apparaît en cas-témoins. Il est aisé de pointer la cause pratique de cette situation mathématique : le calendrier vaccinal et la campagne spécifique de vaccination qui conduisent à vacciner à peu près en même temps des enfants du même âge comme le sont les témoins par rapport à leurs cas associés. Il n’y a plus l’indépendance nécessaire entre les dates de vaccination des cas et témoins associés pour assurer une répartition aléatoire entre les 4 premières années et les 2 années suivantes.
    Il en va de même pour l’étude américaine Langer Gould où tous les tests portent sur des délais et non sur « être ou ne pas être vacciné ». Seuls les délais très courts peuvent être acceptables de ce point de vue mathématique, indépendamment de toutes autres considérations, ce qui invalide certaines conclusions [2].
    Un problème fondamental qu’il faut aussi soulever est que l’épidémiologie a totalement ignoré la phase 2 comme l’atteste par exemple le rapport récent du HCSP sur la gradation des études où seule la phase 1 est notée alors qu’il faudrait 2 notes indépendantes pour chacune des 2 phases [1].
    [1] http://hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=538

    [2] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/10/31/32861683.html

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