Essai clinique mortel de Rennes : la transparence scientifique est en marche. Jusqu’où ira-t-elle ?

Bonjour

C’est aujourd’hui lundi 15 février 2016 que se réunit le « comité scientifique spécialisé temporaire » (CSST) créé par l’ANSM pour (tenter de) faire la lumière sur l’essai clinique mortel de Rennes. Hasard ou fatalité des calendriers, nous sommes précisément un mois après la première alerte publique sur cette affaire : « ‘’Accident lors d’un essai clinique de phase I’’. Un mort, cinq volontaires hospitalisés. Le test concernait un antalgique cannabinoïde » (15 janvier 2016).

Prévenue avec un retard que rien ne justifie (et dont elle s’est dite fort marrie) Marisol Touraine a annoncé à plusieurs reprises que toute la transparence serait faites sur cette affaire. Transparences judicaire… administrative… scientifique… Parallèlement à la police et à l’IGAS (et au risque de confondre les genres) l’ANSM mène sa propre quête pour la manifestation de la vérité. Le Dr Dominique Martin, Directeur général de cette agence indépendante a constitué un CSST baptisé  « Inhibiteurs de la FAAH  » (Fatty Acid Amide Hydrolase). C’est lui qui se réunit le 15 février 2016.

Douze experts, trois observateurs

Ce CSST créé par une agence indépendante (qui avait autorisé l’essai clinique) est composé de « douze experts externes indépendants ». Il a pour mission « d’explorer toutes les hypothèses pharmacologiques et toxicologiques qui ont pu conduire à cet accident ». Les investigations de ce CSST, créé pour une durée de trois mois, porteront sur l’ensemble des données existantes sur la classe pharmacologique des inhibiteurs de la FAAH, et plus particulièrement sur le médicament testé au cours de cet essai clinique qui agit sur le système endocannabinoïde comme inhibiteur de la FAAH ».

Présidé par le Pr Bernard Bégaud ce comité est constitué de « douze experts indépendants, spécialistes en toxicologie, pharmacologie, pharmacovigilance, neurologie et médecine interne ». Soit, outre le Pr Bégaud, Marie-Germaine Bousser, Pascal Cohen, Bertrand Diquet, Pierre Duprat, Walter Janssens, Michel Mallaret, Guy Mazué, Joëlle Micallef-Roll, Claude Monneret, Jean-Louis Montastruc et  Laurent Venance.

Tout dire, tout savoir

Ce n’est pas tout. Nous savons que trois « observateurs » assisteront à la réunion de ce comité : Annick Alpérovitch (Présidente du Conseil scientifique de l’ANSM), Gilles Duhamel (Inspection générale des affaires sociales – IGAS), Hans-Georg Eichler (Senior Medical Officer, European Medicines Agency – EMA).

Nous saurons tout : le compte-rendu des discussions de cette réunion du CSST « sera mis en ligne sur le site de l’ANSM ». Nous savons déjà que  lors de sa réunion du 15 février 2016, ce CSST « examinera  les données relatives à la voie des inhibiteurs de la FAAH ainsi que les données précliniques et cliniques (pharmacodynamie, pharmacocinétique et pharmacovigilance) de l’essai BIA-102474-10 ».

Nous savons déjà que la séance du 15 février 2016 se tiendra « de 09h30 à 18h00 en salle A012 ». Et nous savons même qu’après le tour de table inaugural viendra l’annonce des liens d’intérêts. Qui pourrait demander plus ? Nécessaire, indispensable,  la transparence est-elle suffisante à la manifestation de la vérité ? La réponse ne devrait guère tarder.

A demain

 

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