Zika et microcéphalies : des écologistes accusent l’insecticide utilisé pour détruire les moustiques

 

Bonjour

Tout bien pesé la nature humaine a horreur du vide scientifique. Résumons. Dans l’immense majorité des cas, Zica n’est pas dangereux pour l’homme. Pourtant Zika fait peur. Cette peur résulte, pour l’essentiel, d’une hypothèse : l’infection de la femme enceinte par ce virus serait responsable de malformations fœtales à type de microcéphalies. Cette hypothèse n’est pas prouvée. Il ne fait aucun doute, en revanche, que l’infection virale est la conséquence d’une piqûre sanguine par des moustiques femelles étiquetés  Ædes ægypti. Aucun doute, donc:  lutter contre Zika impose de détruite les hordes de moustiques.

Or voici que la situation se complique avec de nouvelles accusations, hypothétiques : les microcéphalies seraient la conséquence, non plus du virus, mais des produits insecticides utilisés contre les moustiques. Ou comment confondre le tableau et le cadre, l’effet et la cause…

Accusé: le le pyriproxifène

Ces accusations font suite à la publication du document suivant: “REPORT from Physicians in the Crop-Sprayed Town regarding Dengue-Zika, microcephaly, and massive spraying with chemical poisons”. Ce travail (non publié dans une revue scientifique) a été coordonné par le Dr Medardo Avila Vazquez, un pédiatre argentin de Cordoba. Un travail repris par theecologist.org :“Argentine and Brazilian doctors suspect mosquito insecticide as cause of microcephaly”.

Les auteurs de ce rapport accusent l’ insecticide  pyriproxifène, un produit utilisé pour éliminer les larves de moustiques au Brésil et fabriqué par Sumitomo Chemical un partenaire de la firme américaine Monsanto . C’est aussi un insecticide recommandé par l’OMS pour lutter contre les moustiques responsables des épidémies de  dengueAutant d’éléments objectifs de nature à nourrir de nouvelles théories complotistes.

Eau empoisonnée

L’argumentaire écologiste se fonde sur plusieurs éléments qui doivent être pris en considération : l’infection par le virus Zika a jusqu’ici toujours été une maladie de nature bénigne ; elle  n’avait jamais (ou très rarement) été associée à des anomalies congénitales ; la Colombie bien qu’également touchée par une épidémie de Zika n’aurait  pas constaté d’augmentation de ces anomalies ; le gouvernement brésilien aurait  omis de tenir compte d’une corrélation épidémiologique troublante  : les villes et régions où une augmentation spectaculaire des malformations congénitales (dont la microcéphalie) a été observée en 2014-2015 sont aussi celles qui ont été sélectionnées par un programme d’État pour être – durant 18 mois – traitées par épandage aérien à l’aide de pyriproxyfène pour éradiquer différentes populations de moustiques ;  ces  épandages auraient  exposé des milliers de femmes enceintes et de  fœtus au pyriproxyfène ; le principe actif de cet insecticide serait connu pour être un  perturbateur endocrinien et responsable de malformations congénitales.

Cette substance aurait  notamment été utilisée pour traiter des réservoirs d’eau potable des villes concernées et toutes les femmes enceintes consommant  de l’eau du robinet auraient été exposées.

Vaccins périmés

Un groupe de médecins brésiliens réunis dans la Brazilian Association for Collective Health (ABRASCO)   affirmait déjà que cette stratégie de lutte chimique anti-moustiques contaminait l’environnement et les êtres humains  sans par ailleurs atteindre les objectifs fixés. Pour l’ABRASCO, cette stratégie de lutte vectorielle doit être considérée comme la résultante de l’action des lobbies de l’industrie des pesticides, lobbies selon elle très présente dans les ministères latino-américains de la Santé ainsi qu’au sein de l’OMS et du PAHO.

Conséquence de cette lecture : stopper les pulvérisations aériennes massives  encore prévues dans les pays du Mercosur. La même analyse conduit à dénoncer les entreprises visant à introduire dans l’environnement des moustiques génétiquement modifiés de manière à « stériliser »  les populations d’insectes indigènes. D’autres accusations portent sur l’usage qui aurait été fait de lots de vaccins périmés contre la rubéole dans le Nordeste brésilien.

OMS piégée, planètes alignées

Idéologiquement marquées ces théories fleurissent d’autant mieux que l’épidémiologie est incapable de fournir des réponses documentées et que, depuis Genève, l’OMS accentue l’angoisse collective sans jamais répondre aux questions quelle soulève et entretient au fil de ses communiqués. Une OMS piégée lorsqu’elle est accusée d’entretenir des relations avec des géants de l’industrie chimique, médicamenteuse  et vaccinale. Un piège d’autant plus redoutable que l’institution onusienne n’a jamais brillé par sa volonté de transparence dans ce domaine. Ce fut notamment le cas lors des épidémies virales de H5N1 et H1N1. Les mêmes causes peuvent, sous toutes les latitudes, produire les mêmes effets. Et les planètes sont aujourd’hui alignées pour que l’OMS soit la cible de nouveaux accusateurs alimentant des théories alternatives.

Dès lors la même question est posée : les autorités sanitaires, les « experts » officiels doivent-ils ou non débattre avec les tenants des théories alternatives ? Et doivent-ils prendre ce risque dès lors qu’ils ne disposent (comme dans le cas des microcéphalies) d’aucune certitude scientifiquement démontrée ?

Les gros titres

Débattre avec le Dr Vazquez lorsqu’il dit que lors de l’épidémie de Zika en Micronésie aucun cas de microcéphalie n’a été diagnostiqué (ce qui n’est pas la vérité) ?  Avancer que les malformations cérébrales (présence de calcifications) et les données virologiques plaident en faveur d’une étiologie virale ? Reprendre les arguments scientifiques d’une OMS tenue pour être au cœur de conflits d’intérêts planétaires ? Citer les responsables du Centre d’hygiène et de salubrité publique de Papeete qui précisent ne pas avoir eu recours au pyriproxyphène mais à la deltaméthrine ? Citer un médecin spécialiste du Zika en Polynésie qui affirme : « le Zika reste aujourd’hui l’hypothèse la plus sérieuse pour expliquer les microcéphalies » ?

On aimerait le citer mais on ne le pourra pas : ce médecin veut, d’abord, prendre connaissance du rapport coordonné, en Argentine, par son confrère Vazquez. Le propos de cet anonyme ne fera pas les gros titres.

A demain

 

Une réflexion sur “Zika et microcéphalies : des écologistes accusent l’insecticide utilisé pour détruire les moustiques

  1. les risques des insecticides pyréthrinoïdes (dont fait partie la permethrine, deltamethrine utilisés ….) ? :  » au contact de la peau, provoquent parfois des sensations de brûlures et d’engourdissements et des réactions allergiques avec fourmillements intenses, et peuvent provoquer des dermatites, des rhinites ou de l’asthme. Ces réactions sont potentialisées par l’adjuvant Piperonyl Butoxyde (PBO) utilisé pour prolonger l’efficacité du produit.
    A fortes doses et en cas d’ingestion accidentelle, les insecticides pyréthrinoïdes peuvent provoquer des vertiges, maux de tête, nausées, contractions musculaires, tremblements, et des convulsions. »
    source : La prévention des risques professionnels des insecticides : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=517

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