Suicide de l’hôpital Pompidou: avant l’IGAS, la réplique des «Amis de Jean-Louis Mégnien»

Bonjour

Hier,  18 février, la direction générale de l’AP-HP rendait public le rapport sur « la mission relative aux conflits à l’hôpital européen Georges Pompidou » rédigé (à sa demande) par Marie-Sophie Desaulle et les Prs Patrick Hardy et Didier Houssin. On trouvera ce rapport ici :« AP-HP : LE RAPPORT FINAL DE LA MISSION RELATIVE AUX CONFLITS À L’HEGP PRÉSENTÉ EN DIRECTOIRE LE 16 FÉVRIER 2016 ».

Aujourd’hui 19 février : le groupe « Les Amis de Jean-Louis Mégnien » 1 publie un communiqué de presse. C’est une relecture d’une particulière sévérité. Extrait :

« Ce rapport, comme tous les rapports internes, est destiné surtout à protéger l’institution au sein de laquelle cette mission a été menée. Il contient plusieurs erreurs factuelles et il est en partie à charge contre Jean-Louis Mégnien, qui n’est plus là pour se défendre.

« S’il est de meilleure qualité que le rapport d’étape, il est parsemé de procès d’intention, de remarques mesquines, d’interprétations déraisonnables et de jugements de valeurs, ce qui est inhabituel dans ce genre d’exercice, qui demande objectivité et hauteur de vue. »

Les contradicteurs expliquent qu’il leur serait « trop long d’énumérer les points inexacts ou approximatifs de ce texte ». Aussi se contentent-ils d’en relever neuf, selon eux  « les plus flagrants ». Retenons ici les principaux :

« 1. L’hypothèse pourtant bien documentée du harcèlement à l’égard de Jean-Louis Mégnien est évacuée a priori. Le mot figure une seule fois dans le rapport, et encore entre guillemets. Le déni est total, comme souvent dans ce type de situation. Rappelons que l’enquête préliminaire déclenchée par le procureur de Paris porte sur le motif de harcèlement moral. C’est un parti pris de la part des auteurs de ce rapport d’exonérer d’emblée les harceleurs présumés et les employeurs de leurs responsabilités (…)

4. Un témoignage écrit accablant pour la directrice du groupe hospitalier HUPO a été porté à la connaissance de la commission, qui n’en a fait aucune mention.

5. Page 6, il est écrit : « Gilles Chironi porte plainte pour diffamation suite à des propos proférés par Jean-Louis Mégnien devant témoins ». Il n’est pas précisé que cette plainte s’est terminée sur un non-lieu. (…)

8. Page 26, il est écrit : ‘’ Le suicide du Professeur Mégnien a réveillé le conflit ouvert deux ans plutôt au sein de l’hôpital à propos d’excès en termes d’exercice libéral et de suspicion de dessous-de-table dans le service de chirurgie plastique’’. C’est inexact car la suspicion de dessous-de-table portait sur un acte effectué dans le cadre de l’activité publique, par un médecin n’ayant pas d’activité libérale. De plus, cette « suspicion » n’a eu aucune
suite judiciaire ni disciplinaire, ce que le rapport aurait dû préciser. Tous les développements concernant l’activité libérale sont hors de propos dans le contexte de ce rapport et traduisent les opinions personnelles des auteurs.

9. Page 27, il est écrit : ‘’Les appels au renvoi du directeur général de l’APHP ou de la directrice de l’HEGP ont visé des responsables qui ont tenté, ou tentent, de limiter les dérives de l’exercice libéral au sein de l’APHP’’. C’est la commission d’activité libérale locale qui est chargée de contrôler cette activité, puis la commission centrale. De plus, personne n’a demandé le renvoi du directeur général. Nous nous garderons de voir dans ce passage du rapport un lapsus traduisant une recommandation inconsciente.»

Cette lecture témoigne des vives tensions qui, deux mois après le suicide du Pr Mégnien sur son lieu de travail, perdurent au sein de l’AP-HP. Des tensions qui n’ont en rien été calmées par le refus initial d’une enquête externe de l’IGAS. Cette enquête vient d’être demandée par Marisol Touraine, ministre de la Santé.

A demain

1 « Les Amis de Jean-Louis Mégnien » est une association de type loi de 1901 dont les statuts devraient être  officiellement déposés d’ici la fin du mois. Son objet : « défendre la mémoire de Jean-Louis Mégnien, mieux faire connaître et combattre la souffrance au travail et le harcèlement au sein des hôpitaux publics ».

Son bureau provisoire est présidé par le Pr Philippe Halimi. Elle  compte « beaucoup de médecins parisiens et de province » ainsi que nombre de sympathisants qui attendent l’officialisation pour adhérer. Elle ne dispose pas, pour l’heure, de site.

Une réflexion sur “Suicide de l’hôpital Pompidou: avant l’IGAS, la réplique des «Amis de Jean-Louis Mégnien»

  1. A quoi bon nier l’évidence alors que le management hospitalier repose de manière notoire sur le harcèlement moral ???Comment un professionnel parvenu à ce niveau d’activité, de responsabilités pourrait-il être taxé de fragilité ???Le déni est révoltant face à un cardiologue défenestré ..;Le suicide de trop ???

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