Qui, avant aujourd’hui, savait qu’il existait une «Conférence Nationale de Santé» ?

Bonjour

Une affaire, une grosse affaire ? Le Parisien voudrait le croire qui, le premier a titré : « La fracassante démission d’un haut cadre du ministère de la Santé ». Puis vint France Info, un ton en dessous.

De quoi parle-t-on ? Du fait que M. Thomas Dietrich a, le 19 février,  démissionné de son poste de secrétaire général de la Conférence nationale de santé. Il l’a fait savoir au Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé (DGS) avant d’en informer les médias. Qui connaissait M. Dietrich avant cette démission, et qui connaissait la Conférence Nationale de Santé ? Nous apprenons aujourd’hui qu’il aura  fallu près d’un an à son secrétaire général démissionnaire pour prendre la mesure que cette structure « n’est entendue de personne ».

Mascarades

Un brûlot, dit Le Parisien, qui a pu lire son texte de vingt-huit pages intitulé « Démocratie en santé, les illusions perdues ». Un brûlot lancé contre une institution qui regroupe les différents « acteurs de la santé », et qui est censé « aider le gouvernement à orienter sa politique de santé ». Un brûlot, oserait-on dire, contre une usine à gaz mais un brûlot  sans grand danger qui ne fait qu’enfoncer quelques portes ouvertes :

« On fait croire que l’on construit une politique de santé en lien avec un certain nombre d’acteurs alors que l’on construit une politique de santé de manière très verticale, sans retour de terrain, un peu en vase clos, dans un ministère coincé dans le 7ème arrondissement de Paris. »

A propos du débat public à venir sur la politique vaccinale, l’auteur dénonce une « vaste mascarade » :

« Les conditions de transparence et d’indépendance de l’organisateur ne sont pas garanties. L’agence qui organise ce débat, l’agence nationale de santé publique, est sous tutelle de l’Etat. C’est embêtant, d’autant plus qu’elle fait aussi des campagnes pro-vaccination. »

Il est aussi question, outre le manque de considération des pouvoirs publics, d’une Conférence Nationale de Santé qui doit faire face à une diminution régulière de ses ressources ;  sans oublier la concurrence du tout jeune Institut pour la démocratie en santé (IDS), qui disposerait de davantage de moyens (trois fois, dit-on, le budget de la CNS).

« Démission immédiate de la ministre »

En fait ce sont les attaques visant le caractère particulièrement directif de l’entourage de Marisol Touraine (et de la ministre elle-même) qui, sans surprise, ont rencontré le plus d’échos. Où l’on voit le brûlot faire, en somme, un appel d’air. « Ce témoignage pointe le grand mépris de ce gouvernement pour la concertation avec les acteurs de terrain, ainsi que la mascarade de cette démocratie sanitaire affichée mais non pratiquée par la ministre de la santé, croit pouvoir affirmer Le BLOC. Les masques tombent. »

Avec un  incomparable sens de la de mesure l’Union française pour une médecine libre (UFML) en vient à réclamer une « commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement du ministère de la Santé », voire la démission immédiate de Mme Touraine (et l’abrogation de la loi de modernisation de notre système de santé.

L’auteur démissionnaire : « Je pense que rester voulait dire que je cautionnais le système. Quand la situation est problématique à ce point, il faut sortit du système et le dénoncer. Je pense que je vais avoir quelques problèmes à revenir dans l’administration française pour les trente prochaines années. »

Fonctionnaire ? Diplômé de Sciences Po et romancier, Thomas Dietrich veut désormais se consacrer à l’écriture de romans. Chercherait-il un sujet ?

A demain

Une réflexion sur “Qui, avant aujourd’hui, savait qu’il existait une «Conférence Nationale de Santé» ?

  1. Qui savait qu’il existait une Conférence nationale de santé ? Bein moi ! Oui car j’avais entendu son président Christian Saout exposer les activités de cette organisme au colloque sur les vaccinations organisé par des parlementaires à la Maison de la Chimie à Paris le 4 mai 2011. Après l’avoir entendu j’avais conclu que ce ne serait pas cette institution qui ferait la révolution ! D’ailleurs le DGS en activité et l’ancien DGS avaient tous les 2 émis le vœux que ce soit la CNS qui prenne en charge l’organisation du débat sur les vaccinations, preuve qu’ils avaient toute confiance en cette organisme dont les dirigeants n’avaient sans doute jamais cherché à s’écarter de la ligne officielle.
    Ce qu’a voulu faire Thomas Dietrich, selon ce qu’il décrit, c’était justement de faire fonctionner cette institution consultative selon ce que la loi avait prévu pour elle et d’abord de manière indépendante des instances décisionnaires. Pour émettre des avis résultant d’une concertation aussi large et démocratique que possible, même si ces avis ne devaient pas être suivis par l’autorité.
    Il a constaté, selon ce qu’il décrit, que même cela n’était pas accepté et que les avis de la CNS, organisme en principe indépendant, devaient être conformes aux souhaits de la DGS et de la ministre. Sans doute pour pouvoir affirmer haut et fort que le peuple pense comme ses dirigeants. Sinon on vous menace, on vous coupe les vivres et on crée un organisme concurrent largement doté. La docilité rapporte … Ce n’est pas nouveau.

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