Zika : pendant l’énigme microcéphalique, les mystères de la possible transmission par voie sexuelle

Bonjour

Hier encore, l’affaire eût été anecdotique. Aujourd’hui cela ressemble, outre-Atlantique, au début d’un nouveau chapitre de santé publique. Les autorités sanitaires américaines ont, mardi 23 février, annoncé qu’elles enquêtaient sur quatorze possibles cas de transmission de l’infection par le virus Zika par voie sexuelle. L’enquête cible, pour l’heure, moins de vingt  femmes n’ayant pas voyagé dans les zones touchées par l’épidémie, à la différence de leurs partenaires masculins. L’affaire est détaillée dans The New York Times : C.D.C. Investigating 14 New Reports of Zika Transmission Through Sex” (Sabrina Tavernise).

A dire vrai les informations sont maigres et le sujet encore en pointillé. Les Etats-Unis ne compteraient que quatre-vingt dix cas identifiés de Zika, la plupart contractés lors de voyages en Amérique latine. S’ils devaient être confirmés les cas aujourd’hui hypothétiques de transmission par voie sexuelle ne représenteraient que 15% de ce total. Pour autant les spécialistes s’agitent et les autorités sanitaires voient dans cette possibilité une confirmation de leurs premières alertes et de leurs incitations à avoir recours, le cas échéant, à des préservatifs. Le tout dans le contexte des prochains J.O. de Rio pour lesquels l’OMS se veut rassurante. 1

Usage de la soif médiatique

Pour l’heure l’Agence France Presse précise que l’infection n’a, aux Etats-Unis, été confirmée chez deux femmes, que les examens sur leurs partenaires sexuels  se poursuivent et que dans quatre autres, les tests préliminaires se sont révélés « positifs au Zika ». Des analyses supplémentaires doivent être menées tandis que les premiers prélèvements sont encore en cours dans les huit derniers cas. Toutes ces informations sont diffusées, pratiquement en direct par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Faudrait-il en conclure qu’il y a là une utilisation de la soif médiatique à des fins préventives ?

L’affaire avait déjà été évoquée il y a peu et donné lieu à d’intenses consultations bibliographiques : « Zika et transmissions sexuelles : les Etats-Unis viennent de confirmer l’hypothèse. Et après ? » (3 février 2016). On rappellera que le seul risque évoqué (outre quelques cas de syndrome de Guillain et Barré) de l’infection par le virus Zika réside dans des malformations congénitales à type de microcéphalies – et que ce risque est jusqu’ici toujours étiqueté hypothétique.

Les risques et le bénéfice

Pour résumer ce thème les recommandations sanitaires officielles à destination des personnes de retour  de pays où sévit l’épidémie de Zika se résument à l’incitation à l’utilisation de préservatifs (ou à l’abstinence). « Ces conseils visent particulièrement les femmes enceintes et leurs partenaires, ainsi que celles en âge de procréer, résume l’AFP. Le virus peut apparemment subsister longtemps dans l’appareil génital masculin après la disparition des symptômes. Ce pathogène a été découvert dans le sperme d’un homme 62 jours après son infection dans les îles Cook en 2014, ont récemment affirmé des chercheurs britanniques. »

L’affaire est détaillée ici dans une lettre adressée aux CDC ‘’Detection of Zika Virus in Semen” et ici sur le site livescience.com : “Zika Virus in Semen Provides More Evidence of Sexual Spread”. Il restera, demain, à établir au mieux le rapport entre les risques et le bénéfice.

A demain

1 Le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS a affirmé, le 24 février, que le Brésil pourra accueillir les Jeux olympiques en toute sécurité malgré Zika. Le Dr Chan s’est dite « confiante » avant d’entamer une visite de 48 heures dans le pays avec escale dans la ville de Recife. Elle a aussi prévenu que la lutte contre l’épidémie qui s’étend en Amérique latine serait un « long chemin » tout en saluant les efforts déployés par le gouvernement brésilien.

Nous devons « faire en sorte que les gens qui viennent ici, visiteurs, participants ou athlètes, obtiennent la protection maximale dont ils ont besoin, a-t-elle déclaré après une rencontre avec la présidente Dilma Rousseff et plusieurs ministres dans la capitale Brasilia. Je suis convaincue que le gouvernement peut le faire Le virus Zika est très compliqué, très tenace, très difficile, tout comme l’est le moustique Aedes aegypti. Nous avons appris les leçons de la dengue et du chikungunya par le passé et nous devons nous attendre à plus de cas, nous devons nous attendre à un long chemin. »

Le Brésil compte déjà plus d’un million et demi de cas du virus Zika depuis 2015, et l’OMS s’attend à une propagation « explosive » dans les Amériques, avec trois à quatre millions de cas cette année.

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