Gardasil® 9 : attendez-vous à débattre de la grande question de la vaccination des petits garçons

Bonjour

C’est une annonce vaccinale de facture commerciale. Elle est publiée alors même que vient d’être annoncé un grand débat national visant à un possible refonde de la notion d’obligation vaccinale. C’est une annonce du géant mondial Sanofi Pasteur MSD 1 qui conduira à soulever en vrai grandeur une question de nature éthique jusqu’ici généralement esquivée, celle de la vaccination des garçons.

Résumons le sujet 

Sanofi Pasteur MSD vient d’annoncer que le « Committee for Medicinal Products for Human Use » (CHMP) de l’Agence Européenne des Médicaments venait de donner son feu vert (un « avis positif ») pour la commercialisation « en deux doses » de son Gardasil® 9. Schéma en deux doses « chez les filles et les garçons  de 9 à 14 ans ». Précisons que me Gardasil® 9 est un le vaccin papillomavirus humain (HPV) nonavalent :

«  Gardasil® 9 est indiqué pour l’immunisation active dès l’âge de 9 ans contre les maladies dues aux HPV suivantes : lésions précancéreuses et cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus dus aux types d’HPV contenus dans le vaccin ; verrues génitales liées à des types d’HPV spécifiques.

«  Gardasil® 9 devrait [sic] protéger contre les papillomavirus qui sont responsables d’environ 90 % des cancers du col de l’utérus, 85-90 % des cancers vulvaires liés au papillomavirus, 80-85 % des cancers du vagin liés au papillomavirus, 90-95 % des cancers de l’anus liés au papillomavirus et 90 % des verrues génitales.

 « Il s’agit d’un progrès significatif dans la prévention d’un plus grand nombre de cas de cancers et de maladies causés par certains papillomavirus, a déclaré Dr Stephen Lockhart, responsable du Département Développement chez Sanofi Pasteur MSD. 

« Si elle reçoit l’approbation de la Commission européenne, cette variation permettra à Gardasil® 9 d’être inclus dans les programmes de vaccination avec un schéma en deux doses, faisant suite aux deux vaccins actuellement disponibles, et protégeant contre des types supplémentaires d’HPV qui ne sont pas contenus dans ces vaccins. »

Non-infériorité

Il s’agit, en clair, d’une demande de modification de l’autorisation de mise. Cette demande est  étayée par les résultats d’essais cliniques réalisés sur environ 1 200 jeunes filles et garçons âgés de 9 à 14 ans – comparés à un groupe de 300 jeunes femmes âgées de 16 à 26 ans. Le groupe pharmaceutique  précise que l’étude « a montré la non-infériorité [sic] des réponses immunitaires contre les neuf types de papillomavirus chez les jeunes filles et garçons âgés de 9 à 14 ans ayant reçu deux doses selon un schéma (0, 6 mois) ou (0, 12 mois) par rapport aux jeunes femmes âgées de 16 à 26 ans ayant reçu trois doses selon un schéma (0, 2 et 6 mois) ».

La suite du dossier est connue : l’avis positif du CHMP pour le schéma en deux doses sera bientôt entériné par la Commission européenne. L’affaire sera d’autant plus aisée que Gardasil ® 9 a obtenu une autorisation de mise sur le marché en juin 2015 avec un schéma en trois doses. Pasteur Sanofi MSD, industriel avisé, ajoute : « En attendant la mise sur le marché de Gardasil® 9 « il est important de maintenir les programmes actuels de vaccination contre les papillomavirus avec les vaccins existants, afin de permettre la protection des populations contre les cancers et maladies causés par les papillomavirus 16, 18, 6 et 11. »

Attendre mieux

Faut-il vacciner dès maintenant ou attendre mieux ? C’est là une question que conduit à soulever cette information commerciale.  De fait la firme ne peut s’empêcher de vanter les mérites de son futur produit. Elle explique ainsi que, fabriqué par Merck, le Gardasil® 9 « est le seul et unique vaccin papillomavirus humain nonavalent aidant à protéger contre les maladies et cancers génitaux provoqués par les 9 types de papillomavirus (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) causant environ 90 % des cas de cancer du col de l’utérus et environ 80 % des lésions du col de l’utérus de haut grade (lésions précancéreuses du col de l’utérus, définies comme CIN 2, CIN 3 et AIS) dans le monde entier.

Sanofi Pasteur MSD ajoute aussitôt que Gardasil® 9 « est à ce jour non commercialisé en France » (sic). Et qu’il n’existe à ce jour pas de recommandations vaccinales en France concernant Gardasil ® 9 (resic). Le géant mondial n’explique pas précisément pourquoi il faudrait, demain, vacciner les petits garçons (lire ici Le Temps). C’est une information qui ne devrait guère tarder pour laquelle chacun peut commencer à réfléchir. Cela pourra, aussi, être un beau sujet de réflexion pour le futur débat national sur la politique vaccinale.

A demain

1 « À propos de Sanofi Pasteur MSD www.spmsd.fr Sanofi Pasteur MSD est une entreprise commune européenne réunissant Sanofi Pasteur (la division des vaccins de Sanofi) et Merck (connue sous le nom de MSD en dehors des États-Unis et du Canada). Associant innovation et expertise, Sanofi Pasteur MSD est la seule entreprise pharmaceutique européenne exclusivement dédiée à la distribution de vaccins. Sanofi Pasteur MSD bénéficie de l’expertise combinée résultant de la recherche de Sanofi Pasteur et de Merck pour se focaliser sur le développement de nouveaux vaccins en Europe afin de produire les vaccins les plus efficaces, les plus acceptables et les mieux tolérés. »

Une réflexion sur “Gardasil® 9 : attendez-vous à débattre de la grande question de la vaccination des petits garçons

  1. Expérience sur non volontaires, sains, pouvant (ou non , même si logiquement, ça devrait) prevnir beaucoup de cancers que l’on peut dépister tôt. Et qui ne menacent qu’une petite fraction de la population que l’on prétend protéger. Expérimentation qui ne dit pas son nom. On n’a pas la preuve que ce vaccin protège contre les cancers en question on a de fortes rasions d’y croire.
    On montre des chiffres vus par le gros bout de la lorgnette ( » 90 % des cancers du col de l’utérus, 85-90 % des cancers vulvaires liés au papillomavirus, 80-85 % des cancers du vagin liés au papillomavirus, 90-95 % des cancers de l’anus liés au papillomavirus et 90 % des verrues génitales. ») au lieu de regarder l’incidence de ces cancers dans la population générale (très faible).
    De plus on devrait comparer cette vaccination au dépistage/tratement des lésions précancéreuses.
    Cette campagne de vaccination est un pari et une expérimentation qui ne dit pas son nom.

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