Aux frontières de l’euthanasie et du prélèvement d’organes. Les cas de la Belgique et des Pays Bas

Bonjour

C’est une histoire, vertigineuse, de notre temps. Elle est résumée sur le site Gènétique après avoir été rapportée par le NLTimes :  “Euthanasia patient saves five lives with organ donation”. C’est le dossier d’un homme qui a récemment été euthanasié aux Pays Bas, un homme chez qui on a ensuite prélevé des organes qui ont permis de sauver cinq vies.  Ceci a eu pour cadre  le  Centre Médical Erasmus de Rotterdam. L’homme « souffrait des suites d’un AVC et pour cette raison, il avait déclaré qu’il ne voulait plus vivre ». Il a été euthanasié, puis on a prélevé son foie, ses reins, son pancréas. Les receveurs attendaient dans une salle d’opération voisine. Pour des raisons pratiques, l’euthanasie a donc été pratiquée à l’hôpital.

Quarante fois

Le premier cas de ce type remonte à 2012. Depuis cette date, quinze néerlandais ont donné leurs organes après avoir été euthanasiés 1. Cette pratique controversée a également fait l’objet d’une publication la semaine dernière dans l’American Journal of Transplantation : « Organ donation after euthanasia A Dutch practical manual » :

« De nombreux médecins et les patients ne se rendent pas compte qu’il est juridiquement et médicalement possible de faire un don d’organes après euthanasie. La combinaison de l’euthanasie et le don d’organes n’est pas une pratique courante, car souvent limitée par la pathologie sous-jacente du patient. Elle a néanmoins été effectué plus de quarante fois en Belgique et aux Pays-Bas depuis 2005.

 En prévision des demandes des patients pour le don d’organes après euthanasie et pour contribuer à la prise de conscience de la possibilité de cette combinaison entre les médecins généralistes et les médecins spécialistes, le Centre universitaire médical de Maastricht et l’Erasmus Medical Center de Rotterdam ont mis au point un manuel pratique multidisciplinaire dans lequel les étapes d’organisation concernant cette procédure combinée sont décrits et expliqués. 

 Ce manuel pratique énumère les différents critères à remplir, ainsi que les règles et les règlements des différents acteurs impliqués (…) »

 Logistique

 Les auteurs expliquent avoir élaboré un document qui n’est pas spécifiquement destiné à traiter globalement les questions éthiques concernant ce sujet à haut risque. Ils soulignent avoir mis l’accent sur les aspects opérationnels du protocole.  Où l’on voit que les interrogations logistiques ne sont jamais très éloignées des questionnements éthiques :

« Lorsqu’un médecin fait face à une demande d’euthanasie, doit-il parler de la possibilité du don d’organes ? » « Faire ou non connaître et faire connaitre cette possibilité médicale que beaucoup de médecins et patients ignorent ?» Ou peut aussi aller plus loin : « Que faire, face à une personne qui demande l’euthanasie précisément pour pouvoir donner ses organes ? ». On peut raisonnablement, ici, être pris de vertige.  

 A demain

1 Sur ce thème, on peut se reporter à notre chronique publiée sur Slate.fr « Le tabou brisé du don d’organes après euthanasie » (4 février 2011)

 

 

 

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