Vendre ou prescrire: à Lyon, Optical Center® déclare la guerre aux ophtalmologistes de France

Bonjour

L’affaire se passe entre Rhône et Saône, à l’ombre de la basilique de Fourvière, aux portes du  symphonique bouchon du Café des Fédérations. Pour l’abcès, se rendre rue Childebert qui, fils de Clovis, fut roi de Paris et d’Orléans.

C’était, hier, une petite information de nature commerciale. C’est aujourd’hui un abcès ophtalmologique de portée nationale : l’ouverture d’un centre de chirurgie réfractive par l’entreprise Optical Center® – et ce à la même adresse qu’un magasin du même nom. Ce qui déclenche l’ire du Syndicat National des Ophtalmologistes de France  (SNOF) 1.

Etablissement chirurgical et commercial

Résumons. L’entreprise Optical Center® a, le 3 mars 2016, ouvert  un centre de chirurgie réfractive à Lyon : la Clinique Optical Center®. En parallèle de l’activité commerciale de son magasin d’optique (où l’on retrouve des opticiens-lunetiers, vendeurs de lunettes et de lentilles de contact) l’entreprise propose désormais des opérations chirurgicales. Pour le SNOF une telle situation, sans précédent, soulève trois types de questions :

1 La réalisation d’actes médicaux au sein de cette structure qui est présentée comme un établissement commercial portant le nom de « clinique Optical Center »

2 L’exercice dans un même lieu de la médecine et de la vente d’appareils optiques

3 L’indépendance professionnelle des ophtalmologistes salariés d’un groupement d’Opticiens

Déontologie intégrale

Le SNOF rappelle que la chirurgie réfractive « est une chirurgie fonctionnelle faisant partie intégrante du champ de l’ophtalmologie ». A ce titre elle ne peut être réalisée que par des ophtalmologistes respectant l’intégralité du Code de la Déontologie Médicale. Les contrats des médecins salariés de toute structure privée doivent être visés et approuvés par le Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins. Les médecins doivent aussi se faire connaître auprès du public qu’ils reçoivent et ne peuvent rester anonymes.

Mais encore ? Le SNOF se garde bien de dire que les règles et la déontologie sont violées. Pour autant il veut savoir ce qu’il en est. C’est pourquoi il va saisir l’Agence Régionale de Santé et le Conseil de l’Ordre – « afin qu’ils se prononcent sur la légalité de ce montage ». Sur le fond la grande question réside moins dans les conditions de l’exercice de la médecine que dans « la confusion entre prescription et vente » – comme le fait valoir Thierry Bour, président du SNOF.

Intérêts et conflits

Cette confusion est-elle, en l’espèce, spécifique aux ophtalmologistes ? Ne la trouve-t-on pas, omniprésente, dans le monde vétérinaire? N’est-elle pas, sur le fond, un risque consubstantiel de la pratique de la médecine où elle peut prendre la forme, indirecte et aujourd’hui vouée aux gémonies du conflit d’intérêts ? C’est dire toute l’attention qu’il faudra, demain, accorder aux jugements qui seront rendus à Lyon.

A demain

1 Créé en 1906, le SNOF a pour but « d’étudier et de préparer en collaboration avec les pouvoirs publics et les autorités compétentes l’application des mesures générales  de protection de la santé publique pouvant se rapporter à l’exercice de l’ophtalmologie ». Avec ses 2900 adhérents, il regroupe deux tiers des ophtalmologistes de France et obtient ainsi le taux de syndicalisation le plus élevé des syndicats français.

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