Zika après Ebola : l’OMS n’a plus besoin de la preuve du danger pour dire que le danger est là

Bonjour

On ne le sait pas mais l’épidémie de Zika a radicalement modifié la dynamique feutrée de l’Organisation Mondiale de la Santé. Incapable, hier, de percevoir la mortalité en chapelets d’Ebola en Guinée l’institution onusienne est devenue l’ambassadrice zélée d’une version plus ou moins revisitée du célèbre concept-principe  français de « précaution ».

Depuis ses bureaux climatisés des hauteurs de  Genève l’OMS a, mardi 8 mars, publié un nouveau communiqué de guerre contre Zika. Les médias en retiennent que le Dr Margaret Chan, directrice générale, déconseille désormais fermement aux femmes enceintes de se rendre dans les régions où circule le virus Zika. On comprend que ce conseil ne concerne que les femmes qui, par définition, ne vivent pas dans ces zones.

BBC et sexualité

Le Dr Chan est ce matin en majesté dans The New York Times : “W.H.O. Advises Pregnant Women to Avoid Areas Where Zika Is Spreading”. Pour sa part la BBC préfère s’intéresser à la dimension sexuelle de la contamination: “ Zika virus: Sexual transmission ‘more common than thought’

On trouvera ici les longues conclusions des dernières délibérations des experts de l’OMS : “WHO statement on the 2nd meeting of IHR Emergency Committee on Zika virus and observed increase in neurological disorders and neonatal malformations”.

Il ne faut pas s’y tromper. Ce document marque une nouvelle étape qui pourrait, demain, dépasser les cas Zika et constituer la base d »une nouvelle jurisprudence sanitaire. L’agence des Nations unies s’était  jusqu’ici bornée à préconiser une information des femmes enceintes qui avaient l’intention de se rendre en Amérique du Sud et aux Caraïbes. L’OMS  estime désormais, par la voix de sa directrice générale, que les résultats des dernières recherches sur Zika sont « alarmantes ». Elle estime surtout que l’heure n’est plus à attendre  que le lien entre l’infection virale des femmes enceintes et les microcéphalies fœtales soit scientifiquement établi.

Genève aveugle

« Nous ne devons pas attendre d’avoir une preuve définitive  avant de déconseiller aux femmes de se rendre dans des zones à risques » fait valoir  Margaret Chan. « La microcéphalie est seulement l’une des anomalies associées à l’infection Zika durant la grossesse » ajoute-t-elle. Il existe d’autres risques, comme « la mort du fœtus, des retards de croissance et des atteintes au système nerveux central ».

Voilà pour le cadre sanitaire revisité : l’épidémie de Zika demeure, aux yeux de l’OMS « une urgence de santé publique de portée internationale ». Pour le reste l’OMS considère qu’il ne « doit y avoir aucune restriction générale pour les voyages ou le commerce avec les pays ou les zones » où les virus Zika circulent, véhiculés par les moustiques Aedes aegypti et albopictus dont les femelles se nourrissent de sang humain. L’OMS maintient ses prévisions, qui dit s’attendre à une propagation « explosive » de cas de Zika dans les Amériques, avec trois à quatre millions de contaminations dès cette année. Des contaminations qui sont le plus souvent inapparentes et presque toujours d’une totale bénignité. Soit l’exact contraire des infections par le virus Ebola que Genève, hier encore, ne voyait pas.

A demain

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