Salles de shoot : feu vert de Marisol Touraine. Tout est enfin en place, mais plus rien ne bouge.

Bonjour

Que se passe-t-il ? Qui s’intéresse encore aux « salles de consommation à moindre risque à destination des toxicomanes » ? Aujourd’hui vendredi 25 mars 2016  Marisol Touraine « donne le feu vert au lancement des expérimentations ». Et le sujet a comme déserté l’espace médiatique français.  Un paradoxe puisqu’après deux décennies de polémiques  toutes les conditions sont désormais réunies pour le lancement de cette expérimentation : le texte signé par Marisol Touraine, précisant les modalités concrètes que devront respecter ces salles,  a en effet été publié ce jour même au Journal officiel.

Toutes les conditions sont désormais réunies pour le lancement de l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque (SCMR) en France : le texte signé par Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, précisant les modalités concrètes que devront respecter ces espaces,  a en effet été publié ce jour au Journal officiel. Avec le lancement de cette expérimentation visant à  réduire les risques pour les toxicomanes, « La France fait le choix d’inclure plutôt que d’exclure. D’accompagner,  plutôt que de stigmatiser», a déclaré la ministre.

C’est un très long arrêté qui fixe les modalités concrètes (présence du matériel médical, horaires d’ouverture, déroulement de la consultation d’accueil, etc.) que devront respecter « les associations porteuses de projets de SCMR, en lien avec les collectivités locales ».

« Leurs » substances psycho-actives

« SCMR » (salle de shoot) ? Il s’agit d’un nouveau dispositif visant à réduire les risques auxquels s’exposent les usagers de drogues. Il a été voté, après d’innombrables atermoiements, dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé.  « Il s’agit d’espaces où des toxicomanes majeurs,  précarisés et en rupture avec le système de santé, sont accueillis pour venir consommer leurs substances psycho-actives dans des conditions d’hygiène adaptées, avec du matériel stérile et sous supervision de personnels de santé » précise-t-on dans l’entourage de Marisol Touraine. On ajoute :

« Avec le lancement de cette expérimentation, la France rejoint les nombreux pays où de tels espaces ont été ouverts (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse) et se sont montrés concluants. L’expérience étrangère a en effet montré que les SCMR permettent aux usagers de recevoir conseils spécifiques, induisant ainsi une diminution des comportements à risque, des overdoses mortelles et parfois même l’accompagnement vers des traitements de substitution. Ont également été mis en évidence une réduction de l’usage de drogues en public et des nuisances associées. »

« Il ne s’agit en aucun cas de banaliser la consommation de drogues. Mais fermer les yeux face à telle une réalité sociale et sanitaire ne fera pas disparaître le problème. La France fait donc le choix d’inclure plutôt que d’exclure. D’accompagner,  plutôt que de stigmatiser. »

 Jean-Marie Le Guen, août 2012

Il y a quatre ans la gauche arrivait au pouvoir. Jean-Marie Le Guen, député (socialiste) et adjoint au maire de Paris demandait en août au gouvernement (socialiste) d’autoriser la création de salles d’injection de drogue. Cette mesure s’imposait, selon lui, du fait de l’augmentation de la consommation d’héroïne à Paris. Il le faisait dans une interview accordée au Parisien. « Aujourd’hui il y a une urgence, expliquait le député, médecin de formation. La consommation d’héroïne augmente à Paris. Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques progresse de 7% au premier semestre 2012 par rapport à la même époque en 2011 et les personnels des associations trouvent davantage de seringues dans les rues. C’est préoccupant. Il faudrait autoriser, comme cela se fait à l’étranger, des salles de consommation de drogue, mais de façon très encadrée. »

Cet homme politique aurait pu être ministre de la Santé. Il ajoutait : « François Hollande avait fait part pendant la campagne présidentielle de son intérêt pour ce genre d’expérimentation. Je demande aujourd’hui que le gouvernement donne son accord pour la mise en œuvre de ces salles de consommation. »

Quatre ans plus tard  Jean-Marie Le Guen est secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement.  Avant 2012 on débattait, on s’enflammait, plusieurs grandes villes de France avaient manifesté un intérêt pour le sujet. Puis le dossier a été particulièrement mal géré. On s’est essoufflé. Printemps 2016, rien n’a changé – mais il semble que ces villes…Paris… le pays…, ont désormais d’autres priorités.

A demain

PS: Le Conseil de Paris a voté mardi 29 mars l’attribution d’une subvention de 850.000 euros qui permettra d’ouvrir à l’automne 2016 à l’hôpital Lariboisière (Xe arrondissement) la première salle de consommation à moindre risque (SCMR) de la capitale. Cette salle comprenant un accueil, une salle d’attente et de consommation, sera aménagée sur 450 m2 dans l’enceinte même de l’hôpital. Gérée par l’association Gaia Paris, elle devrait pouvoir accueillir 200 personnes par jour.

 

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