Nouveaux militants des abattoirs : peut-on tuer des bêtes sans cruauté, avec humanité ?

Bonjour

La vidéo de l’abattoir continue à émouvoir. Le ministre de l’Agriculture à parer au plus pressé. Les militants de « L214 Ethique & Animaux » à faire parler d’eux.

L’Agence France Presse lève, ce matin, une partie du voile : « L214 : qui sont ces militants qui infiltrent les abattoirs ». Et Libération leur donne la parole : «Nous sommes incapables de tuer les animaux sans les faire souffrir».Ce qui a le considérable mérite de poser en des termes nouveaux l’équation bouchère.

D’où il ressort que le nom de cette association fait explicitement référence à l’article L214 du Code rural qui a reconnu pour la première fois  que les animaux étaient des êtres sensibles. C’était il y a quarante ans. En doutait-on avant ? Est-ce acquis aujourd’hui ?

« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ».

Ni viande, ni lait, ni oeufs

« À grand renfort de vidéos-chocs, L214 a réussi en seulement quelques mois à imposer dans le débat public le sujet des conditions d’élevage et d’abattage, résume l’AFP. Derrière la caméra, des employés révulsés ou des membres infiltrés de l’association qui rêvent d’un monde sans viande. Derrière ce nom énigmatique  se trouve un couple : Brigitte Gothière et Sébastien Arsac. ‘’On a commencé en 2003 avec le caméscope familial. J’avais dit que j’étais étudiant vétérinaire pour entrer dans un élevage’’, se rappelle Sébastien Arsac.

Sébastien Arsac et Brigitte Gothière sont des « vegans » : pour eux, pas de viande, pas de lait, pas d’oeufs. Car pour ces deux militants, toute production animale est synonyme de souffrance pour les animaux. Il y a une « ‘’maltraitance structurelle’’, soulignent-ils. Ils s’inscrivent dans un courant de pensée qui estime que l’homme n’est pas une espèce supérieure à une autre. (…) Brigitte était professeur dans l’enseignement professionnel, Sébastien professeur des écoles. Aujourd’hui, ils se consacrent à 100 % à l’association qui monte d’année en année et emploie désormais une douzaine de salariés pour 10 000 adhérents. Ils assument leur méthode (la caméra cachée). Sébastien Arsac lui-même s’est fait embaucher, notamment chez Charal, pour dénoncer les conditions d’abattage. »

Bruno Le Maire à la question

Brigitte Gothière va plus loin dans Libération – qui l’interroge sur réaction (immédiate) de Stéphane Le Foll ?

« En 2009, quand nous avions sorti les images de l’abattoir Charal de Metz, le ministre de l’Agriculture de l’époque, Bruno Le Maire, avait demandé un audit général sur les abattoirs. Cela n’avait pas changé grand-chose. On constate toujours les mêmes pratiques, des animaux conscients sur la chaîne d’abattage, conscients quand ils sont saignés et même découpés alors qu’ils sont encore vivants. »

Les « contrôles renforcés » ?

« On en voit l’efficacité ! Oui, il y a des contrôles, mais on voit bien qu’en fait, nous sommes incapables de tuer les animaux sans les faire souffrir. Cela fait un moment qu’on cherche la solution et qu’on ne l’a toujours pas trouvée. Quand on parle de tuer avec humanité, avec dignité, on se raconte des fables. Quelle que soit la façon dont on étourdit les animaux, décharge électrique, défoncement du crâne ou gazage au CO2, ils souffrent. Dans le cas du gazage des cochons ou des volailles, cela leur brûle les poumons, par exemple. (…) Et les méthodes «traditionnelles», à la ferme, ne sont pas forcément meilleures, on évite juste aux animaux les affres du transport. »

Que veut L 214 ?

« Cela fait un moment que nous répétons que nous voulons un débat public sur cette question. Les progrès en éthologie sont énormes, les travaux scientifiques prouvent que les animaux sont dotés d’émotions et de sensibilité. Pour autant, cela n’a rien changé dans nos pratiques. Chaque jour, on tue en France trois millions d’animaux d’élevage et des dizaines de millions de poissons. »

Jeune ancien ministre de l’Agriculture (2009-2012) et désireux de devenir (un jour) président de la République Bruno Le Maire cherche un second souffle à sa campagne médiatique : lancera-t-il ce débat public ?

A demain

 

Une réflexion sur “Nouveaux militants des abattoirs : peut-on tuer des bêtes sans cruauté, avec humanité ?

  1. Au delà du véganisme, le combat de l214 se positionne contre le « spécisme » : Il y a les animaux que l’on cajole et ceux que l’on élève pour tuer et manger. Différentes espèces selon les époques et les cultures.
    Au nom de quel principe moral ou philosophique ?

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