La population mondiale compte désormais plus d’obèses que de personnes décharnées

Bonjour

En langue anglaise cela donne: “More obese people in the world than underweight, says study” (BBC). C’est une information chiffrée et frappante qui, à l’heure du breakfast, nous est offerte par The Lancet : “Trends in adult body-mass index in 200 countries from 1975 to 2014: a pooled analysis of 1698 population-based measurement studies with 19·2 million participants”.

Depuis Londres l’hebdomadaire médical nous apprend que l’obésité affecte aujourd’hui près de 650 millions d’adultes, soit 13 % de la population mondiale adulte. La proportion de personnes en surpoids pourrait atteindre 20 % d’ici 2025, si le rythme de progression actuelle de ce phénomène se maintient. On peut ici, à juste titre, parler d’épidémie. On connait les signes. Reste à en établir les causes et les traitements.

Sous-poids

« En 40 ans, nous sommes passés d’un monde où l’insuffisance pondérale était deux fois plus importante que l’obésité à un monde où les personnes obèses sont plus nombreuses que celles en sous-poids », souligne le Pr Majid Ezzati (School of Public Health, Imperial College London, London W2 1PG, UK) qui a coordonné cette enquête. Celle-ci est présentée comme l’une des plus complètes réalisées à ce jour sur le sujet. Elle est le fruit de   données collectées auprès de quelque 19 millions de personnes âgées de plus de 18 ans vivant dans 186 pays.

Les auteurs ont procédé à l’évaluation, par extrapolation raisonnée, du nombre d’obèses adultes. Soit 641 millions en 2014, dont 375 millions de femmes et 266 millions d’hommes. A comparer aux 105 millions de 1975. C’est là un phénomène épidémique massif généralement attribué à une alimentation industrielle trop calorique et déséquilibrée associée aux méfaits de la sédentarité ainsi, parfois, qu’à des prédispositions génétiques.

Moins d’un demi-siècle

Selon les codes officiels une personne est considérée « obèse » lorsque son indice de masse corporelle (IMC, qui correspond au rapport entre poids et taille) dépasse les 30 kg/m2. Au-delà de 35, on parle d’obésité sévère. La vérité est, comme toujours, un peu plus compliquée. Reste qu’en moins d’un demi-siècle l’IMC moyen est, selon les auteurs du Lancet, passé de 21,7 à 24,2 chez les hommes et de 22,1 à 24,4 chez les femmes adultes, soit une augmentation de poids de 1,5 kg tous les 10 ans en moyenne. Le pourcentage des obèses a triplé chez les hommes, passant de 3,2 % en 1975 à 10,8 % en 2014, et plus que doublé chez les femmes (passant de 6,4 % à 14,9 %), avec des disparités très importantes selon les pays.

Si l’IMC est resté globalement stable entre 1975 et 2014 chez les femmes japonaises et la plupart des femmes européennes (à l’exception notable des Britanniques), les six pays riches anglophones (USA, Royaume-Uni, Australie, Canada, Irlande et Nouvelle-Zélande) présentent des résultats nettement plus inquiétants : ils accueillent aujourd’hui un cinquième des adultes obèses dans le monde.

Insuffisance pondérale

« Si la progression de l’obésité se poursuit au même rythme, en 2025 environ un cinquième des hommes (18 %) et des femmes (21 %) seront obèses dans le monde tandis que 6 % des hommes et 9 % des femmes seront atteints d’obésité sévère » préviennent les auteurs. L’obésité constitue désormais « un problème important de santé publique » dans de nombreuses régions à revenu intermédiaire (Pacifique, Moyen-Orient, Afrique du nord, certains états d’Amérique du sud ou des Caraïbes), relève ainsi l’étude.

« La palme (sic) revient toutefois à la Polynésie et à la Micronésie, des îles du Pacifique où 38 % des hommes et la moitié des femmes adultes sont en surcharge pondérale, souligne l’AFP. Aux Samoa américaines, des îles dans le sud du Pacifique, l’IMC moyen culmine aujourd’hui à 34,8 chez les femmes et 32,2 chez les hommes adultes, contre 28 aux Etats-Unis.

Michelle Obama

Et puis il y a l’autre face de la tragédie : l’insuffisance pondérale (IMC inférieur à 18,5) liée à la malnutrition demeure un problème majeur dans d’autres régions du monde, comme l’Asie du sud ou certains états d’Afrique : selon l’étude, près d’un quart de la population était en insuffisance podérale  en Asie du sud en 2014, contre 12 % à 15 % de la population en Afrique centrale et orientale. Les populations du Timor-Lest, d’Ethiopie et d’Erythrée ont les IMC moyens les plus bas du monde.

Comme tous les problèmes qualifiés de « santé publique » celui-ci est politique, éminemment politique. Il n’est pas impossible que l’histoire ne retienne du passage de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis que l’action de sa femme Michelle contre l’obésité. En France François Hollande a manifesté il y a quelques jours son souci de lutter contre la sédentarité en soulignant l’importance de marcher. Le président de la République recommande désormais aux Français de faire six mille pas par jour. Marchons, marchons.

A demain

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