Tourisme et pharmacie. Pour le Sativex®, aller en Suisse. Pour le Sovaldi® c’est New Dehli

 

Bonjour

C’était, précisément il y a deux ans. Marisol Touraine, auteure unique, vantait  dans The Lancet les vertus (relatives) du modèle français et proposait un « nouveau contrat social pour la santé ». Deux ans plus tard tout le monde (ou presque) a oublié la teneur du papier : « Health inequalities and France’s national health strategy ».

Deux années ont passé. Nous avons appris à expérimenter les limites d’un système à la fois performant et en perte de vitesse. Comme un essoufflement progressif, la multiplication de voies d’eau. Des soutiers qui écopent tout en ramant ; et qui le font savoir. On les entend désormais sur le ponton. On ne coule pas, certes ; mais l’inquiétude gagne. Les certitudes ont faussé compagnie.

Dernier symptôme en date : la Une du Parisien/Aujourd’hui en France  (sur abonnement) de ce 5 avril 2016 :

« Prix des médicaments : ils vont à l’étranger pour se soigner. De plus en plus de patients sont contraints d’aller jusqu’en Inde ou en Chine pour acheter leurs traitements, certains produits étant non autorisés ou trop chers en France » (Christine Mateus et Daniel Rosenweg)

Le pouls du mal national

Filons un instant la métaphore maritime : ce ne sont pas des rats qui quittent le navire mais bien des passagers ayant payé le droit d’accès à l’infirmerie contraint de prendre qui une barge qui un sampan pour que la croisière puisse continuer.  Il faut lire Le Parisien/Aujourd’hui en France pour prendre le pouls du mal national. Il faudra décrypter les conclusions de la manifestation organisée ce jour même par les trois Académies sanitaires 1 pour saisir dans quel paysage international médicamenteux mafieux s’inscrit ce phénomène.

Aller acheter son Sativex® en Suisse faute d’un accord sur le prix en France ? Aller chercher son Sovaldi® à New Dehli faute de pouvoir se le faire prescrire en France (rationnement qui ne dit pas son nom) ? L’ombre croissante, jusque dans les pharmacies d’officine, des médicaments contrefaits ou falsifiés ?

La houle monte, les orages éclatent. Le navire amiral semble vaciller. Il tangue. Les officiers sont-ils dans leur carré ? Mais que fait donc le capitaine ? Bâbord passe à tribord… Où sont nos vieux phares ? D’où viennent ces violons ?

A demain

1 Au nom de la santé publique, face aux trafics mondiaux croissants des médicaments falsifiés, les trois Ordres et Académies (médecine, pharmacie et vétérinaire) militent désormais conjointement pour une politique de prévention mais surtout de répression, au nom de la santé publique.

Ces institutions françaises dénoncent un arsenal juridique est très insuffisant. La Convention « Medicrime » n’a toujours pas été ratifiée par la France. « Elle ne l’est à ce jour que par l’Arménie, l’Espagne, la Hongrie, la Moldavie, l’Ukraine et la Guinée » précise Le Quotidien du Médecin. Ce texte engage les pays signataires à prendre des mesures législatives « effectives, proportionnées et dissuasives », à l’encontre des trafiquants. Les pays s’engagent aussi à instaurer une coopération internationale en matière policière et pénale.

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