Suicide de l’hôpital Georges-Pompidou : ouverture d’une information judiciaire pour «harcèlement moral»

 

Bonjour

Quatre mois plus tard la justice est saisie. Un juge d’instruction a été nommé pour enquêter sur le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien, 54 ans cardiologue à l’hôpital Pompidou. L’information judiciaire est ouverte pour « harcèlement moral ». C’est une information du Figaro : « Suicide à Pompidou : ouverture d’une information judiciaire » (Anne Jouan). L’information a été confiée à Fabienne Bourriachon-Bernard, vice-présidente au tribunal de grande instance de Paris. Le 30 décembre, quinze jours après le drame, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire. En d’autres termes la justice a décidé de ne pas classer l’affaire.

Le 17 décembre dernier, le Pr Jean-Louis Mégnien, père de cinq enfants, s’était tué  en sautant par la fenêtre de son bureau situé au 7e étage de l’hôpital européen Georges Pompidou. Ce cardiologue était revenu trois jours plus tôt après un arrêt-maladie de plusieurs mois pour dépression. Il se plaignait de longue date de harcèlements convergents  émanant d’une fraction de sa hiérarchie médicale et de la direction administrative de l’établissement. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, avait également été alerté de la gravité croissante de la situation. Il en aurait été de même de Marisol Touraine, ministre de la Santé.

Départ de la directrice

Ce suicide avait déclenché une crise sans précédent au sein de l’hôpital concerné mais aussi au sein de l’AP-HP. Une enquête interne avait été ouverte par Martin Hirsch, enquête contestée par plusieurs médecins amis de Jean-Louis Mégnien qui réclament notamment le départ de l’actuelle directrice du prestigieux établissement, « navire-amiral » de l’AP-HP.

L’ouverture d’une information judiciaire va, de toute évidence, conférer une nouvelle dynamique à l’affaire. Selon Le Figaro l’Inspection du travail s’intéresse elle-aussi à ce suicide et la famille du Pr Mégnien entend bien demander l’élargissement de l’instruction au chef d’ « homicide involontaire ».

Cette enquête fait suite à celle menée par la police judiciaire parisienne, qui a interrogé pendant trois mois de nombreux médecins et collègues du Pr Megnien. La question médico-légale est assez simple : peut-on démontrer l’existence d’un lien entre les actes de harcèlement (dont l’existence ne fait aucun doute) et le suicide (sur le lieu de travail) ?

Maltraitances à l’hôpital

« Au cours de nos différentes auditions, nous avons apporté à la police un faisceau de preuves très tangibles permettant d’établir sans ambiguïté que Jean-Louis était victime de harcèlement », explique Bernard Granger (cité sur « Pourquoi docteur comprendre pour agir ») , psychiatre à l’hôpital Cochin (Paris) qui a mis sur pied un groupe rassemblant les collègues du médecin décédé afin de faire la lumière sur cette affaire et « lutter contre la maltraitance à l’hôpital ». Ce site (Marion Guérin) ajoute :

« Deux personnes sont en particulier visées par les accusations : Anne Costa, directrice du groupe hospitalier, et et Alain Simon, ancien président de la Commission Médicale d’Etablissement Locale, et ancien chef de service du Pr Mégnien. Suivant la procédure habituelle d’une enquête judiciaire, la juge mènera un certain nombre d’interrogatoires de première comparution, au terme desquels  elle signifiera aux interrogés leur statut – mis en examen ou témoin assisté. Ces interrogatoires peuvent survenir dans les prochains jours, comme être reportés à plusieurs semaines, le temps de rassembler davantage de preuves. »

La justice est saisie quatre mois après le drame. Combien de temps lui faudra-t-il pour conclure ?

A demain

Une réflexion sur “Suicide de l’hôpital Georges-Pompidou : ouverture d’une information judiciaire pour «harcèlement moral»

  1. j’ai peur que cette histoire tombe vite aux oubliettes. je pense que l’on ne mesure pas assez l’ampleur de ce phénomène et l’impact sur la qualité des soins.
    J’ai témoigné avec ma propre histoire, les conséquences sont pires. depuis c’est la chasse à l’homme entourée d’omerta?
    http://www.maveritesur.com/eleonore-djikeussi/hopital-licencie-medecin-coute-que-coute/778/reagir

    3 ans plus tard, non content de m’avoir fait licenciée, le chef de service de cancérologie de cet hôpital provincial porte plainte contre moi pour manquement déontologique, m’accusant d’avoir violé le secret médical. Il n’ya aucune plainte de malade. Le fait évoqué ne relève en rien de l’état de santé d’un patient. Ce qui est cité correspond à la transmission d’un compte rendu de réunion où le directeur de l’établissement évoque l’état de santé d’un praticien lors d’une réunion avec des médecins et autres personnels. Ce Compte rendu a été envoyé au comité d’hygiène et sécurité au travail de l’établissement ainsi qu’au centre national de gestion des praticiens hospitaliers.

    Je n’ai jamais remis les pieds dans cet établissement depuis presque 3 ans. Aucun contact depuis avec cet individu.

    Etrange ! D’autant plus que j’ai quitté cet établissement sans avertissement ou Blâme ou plainte d’un malade.

    Le conseil de l’ordre des médecins de ce département dit avoir tenté une conciliation dans cette affaire: il affirme m’avoir convoquée une première fois sans en apporter la preuve. Il affirme aussi m’avoir convoquée une deuxième fois. J’ai reçu cette convocation par un courrier recommandé, le jour même de cette réunion. Mon conciliateur a été désigné par je ne sais qui, en tous les cas pas par moi et n’avait donc donc à priori aucune connaissance de mes arguments. Je n’ai pas pu assister à cette réunion compte tenu du délai.

    C’est ce conseil de l’ordre départemental qui porte plainte contre moi auprès de la chambre disciplinaire.

    L’affaire est en cours. Je suis convoquée à la chambre disciplinaire de Poitiers le 07 juillet.

    C’est le même conseil de l’ordre qui a écrit quelques mois plus tôt à mon ex employeur lui « demandant de revoir mon contrat avec peut-être si cela est possible un avenant réduisant de façon conséquente la présence du Dr Djikeussi et en activité d’oncologie, ceci vous permettant de rechercher un autre professionnel qualifié pour votre structure ».
    Le poste de médecin en soins de suite polyvalent régi par le décret n 2008-377 du 17 avril 2008 ne requière cependant aucune caractéristique de spécialité pour les médecins exerçant dans ce type de structure.

    Combien de suicides, de vies brisées faudra t-il attendre ? Ce sont des meurtres dans le silence. De véritables chasses à l’home qui ne sont pas sans rappeler le film 7 morts sur ordonnance.

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