Vidéos et bien-être des animaux : demain, les poussins mâles ne seront plus gazés et broyés

 

Bonjour

Le militantisme végétarien sait peser sur le politique. Six jours après la mise en scène des images volées d’un abattoir de boucherie basque (vidéo difficile à supporter) Stéphane Le Foll a pris la parole. Le ministre de l’Agriculture a, comme il l’avait promis, annoncé une série de mesures destinées à améliorer le « bien-être des animaux ». Il s’agit de mesures concernant à parts égales les bêtes destinées à être mangées (par l’homme où par des non-humains), nos amis les animaux domestiques (« de compagnie »), ceux « de loisir »,  mais aussi ceux utilisés par les scientifiques. Le détail de ces mesures est consultable ici : « 2016-2020 : une nouvelle stratégie globale pour le bien-être des animaux en France ».

Animaux sensibles

On y découvre des phrases comme celles-ci :

« Le bien-être des animaux d’élevage, de compagnie, de loisir ou encore de ceux utilisés à des fins scientifiques est l’objet d’une politique réglementaire d’envergure tant au niveau international, européen que français. L’intensification des productions animales, les mutations des territoires, l’évolution des connaissances scientifiques expliquent notamment pourquoi les citoyens demandent à ce que la sensibilité de l’animal soit mieux prise en compte.

« Au delà des aspects scientifiques ou émotionnels, la question du bien-être animal revêt par ailleurs, une réelle dimension éthique. Dans ce contexte, il est apparu nécessaire que la France se dote pour les prochaines années d’une stratégie nationale ambitieuse, facteur d’avenir pour une agriculture plus durable ».

Il s’agira désormais en France de « responsabiliser les acteurs à tous les niveaux » (comprendre que certaines pratiques d’élevage et d’abattage auront bientôt vécu) et d’évoluer vers « une production  plus respectueuse de l’animal » (sans commentaires). Il s’agit encore d’être « réactif à la maltraitance animale » (idem).

Parmi les actions concrètes, Stéphane Le Foll « se félicite en particulier du développement d’une méthode aujourd’hui expérimentale de sexage des embryons dans l’œuf qui fera l’objet d’un soutien public d’environ 4,3 millions d’euros ».  Le ministre se félicite, plus précisément, d’une possible avancée technique qui permettrait  d’en finir avec la destruction par broyage des poussins mâles de manière à ne garder que les pondeuses industrielles.

Tuer dans l’œuf

Le sujet n’est pas nouveau. En août dernier, déjà, l’association L214  avait alerté les politiques. L’affaire avait alors eu l’heur de plaire à  trente-six parlementaires qui ont interpellé le ministre de l’agriculture, Et Le Monde (Martine Valo) avait amplifié le bruit.

« Quelques heures après être sortis de leur œuf, futures pondeuses et poussins mâles sont séparés. Les seconds sont considérés comme inutiles. Comme ils n’ont pas les mêmes caractéristiques que les poulets élevés pour leur chair, ils sont directement éliminés : gazés, jetés vivants dans une broyeuse mécanique – ce qui est légal – ou bien entassés dans un sac-poubelle où ils vont progressivement étouffer – ce qui ne l’est pas. »

 Les parlementaires 1 en appelaient  à « un abandon de la pratique abominable du broyage des poussins », dans une question écrite au gouvernement publiée au Journal officiel le 30 juin.  Ils faisaient alors référence à une méthode développée en Allemagne qui permet « par une technique de spectrométrie » de procéder à « un tri précoce des poussins dans l’œuf ». Tuer dans l’œuf, en somme.  L.124 était alors aux anges. Brigitte Gothière, porte-parole :

« Nous avons écrit à tous les parlementaires à ce sujet, c’est la première fois que nous rencontrons un tel succès auprès d’euxJe pense que si les poussins les ont fait réagir, c’est que dans le milieu politique comme le grand public on est loin d’imaginer les réalités de l’élevage industriel aujourd’hui. Chaque année, 90 millions d’œufs éclosent dans les couvoirs, la moitié environ, près de 50 millions, sont éliminés. »

Papier glacé

Que retenir, sinon, de l’annonce de Stéphane Le Foll ? Pour le reste c’est une vidéo officielle (où le ministre de l’Agriculture semble être ailleurs) associée à une brochure remplie de bonnes intentions imprimées sur papier glacé :

  • Les animaux de compagnie et la « moralisation de leur commerce » : « Afin de lutter contre l’abandon et le trafic des chiens et des chats, le MAAF entend mieux encadrer le commerce des animaux de compagnie. Ainsi toute personne commercialisant des chiots ou chatons doit préalablement se déclarer et obtenir un numéro SIREt à faire figurer sur toute annonce de vente. Cette traçabilité renforcée vise à faciliter le contrôle de cette filière importante et à repérer les élevages qui n’assureraient pas de bonnes conditions de soins à leurs animaux. Par ailleurs, une réflexion devra être menée pour réglementer les rassemblements (concours ou expositions d’animaux de compagnie afin d’assurer que ceux-ci ne nuisent pas aux animaux. »
  • Les chevaux : « La filière équine que ce soit pour les chevaux de courses, de sport, de travail ou de loisir, est particulièrement développée et importante en France. Les éléments objectifs d’appréciation du bien-être du cheval, en élevage ou dans le cadre des  diverses activités équestres, font l’objet de publications scientifiques récentes. Les agents en charge de l’inspection de ces établissements, en collaboration avec les agents de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), s’attachent à faire respecter les bonnes pratiques dans ce domaine. Une réflexion devra être menée pour améliorer la diffusion de l’information technique et scientifique au sein des services afin de pouvoir faire progresser la prise en compte du bien-être des chevaux à tous les stades et en collaboration étroite avec l’ensemble des acteurs de la filière. »
  • Les animaux utilisés à des fins scientifiques : « L’objectif sera dans les prochaines années de développer les méthodes alternatives et de progresser dans les outils disponibles pour la bonne prise en charge de la douleur.»

La douleur ? Voilà bien l’ennemie qui nous réunit. On évoque dans l’entourage du ministre de l’Agriculture, parmi « les nombreux exemples qui pourraient être cités », la « castration chez certaines espèces » ou « l’écornage des bovins ». Les humains doivent-ils (vidéo difficile à supporter) écorner les bovins ?

A demain

1 Parmi eux : le député François Loncle (PS, Eure), Jean-Vincent Placé (EELV), Jean-Marie Bockel (UDI) ou Olivier Dassault (LR). Et encore  Laurence Abeille (EELV), Chantal Jouanno (UDI), Lionnel Luca (LR), Patrick Balkany (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Bérengère Poletti (LR).

 

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