Dénonciation du prix des anticancéreux : Emmanuel Macron signera-t-il la pétition ?

Bonjour

Nouvelle étape dans le chemin de croix contre Big Pharma : la Ligue contre le cancer doit lancer, ce jeudi 7 avril, une pétition exigeant une baisse des prix des nouveaux médicaments contre le cancer. La Ligue est une vieille dame qui sait parler de choses graves en restant distinguée. Elle ne dit pas profits inhumains mais optimisation des gains. La même nuance, en somme, que celle qui sépare l’optimisation de l’évasion fiscale :

« Face à l’inflation des prix pratiqués par des laboratoires pharmaceutiques enclins à optimiser leurs gains, des menaces réelles pèsent sur l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers et sur la pérennité de notre système de santé solidaire. »

Situation intenable

La Ligue (une association forte de plus de 600.000 adhérents) ne doute de rien : elle réclame que cette problématique soit au cœur de la prochaine réunion du G7 organisée fin mai au Japon.

C’est là une initiative intéressante. Mais c’est aussi, surtout, un symptôme qui nous dit que la situation devient intenable en haut lieu : si rien n’est fait le système français va bientôt craquer. Il craque déjà, à dire vrai mais on dispose encore des subsides qui permettent de masquer les lézardes. Après avoir initié le mouvement en décembre dernier, La Ligne prend ici le relais du Figaro qui avait, en publié une pétition de plus d’une centaine de cancérologues dénonçant la situation :  « Cancer et économie : le ministre Macron justifiera-t-il le prix inhumain des anticancéreux ? » 1.

Opacité de la machinerie

Notre bonne vieille Ligue espère rassembler plusieurs centaines de milliers de signatures. Elle critique notamment « l’opacité de la fixation des prix » et interpelle les pouvoirs publics pour « qu’ils résistent à la pression des laboratoires pharmaceutiques ». La Ligue est bonne fille. Elle pourrait tout autant dénoncer l’opacité des pouvoirs publics et les secrets, injustifiables, qui entourent la machinerie du Comité économique des produits de santé.

Ecoutons la Ligue et ses accents humanistes, anticapitalistes.  Elle nous dit que le cancer « touche chaque jour 1.000 nouvelles personnes » et que dans le même temps « 400 en décèdent ». Elle estime que « les médicaments innovants ne sont pas des biens de consommation comme les autres » et qu’ils « relèvent d’une nécessité et non d’un choix pour les personnes malades ». Parmi les prix « exorbitants », la Ligue cite le cas du Keytruda ®, (laboratoire MSD)  une nouvelle spécialité  médicament indiqué dans des formes évoluées de mélanome (avec un prix estimé à plus de 100.000 euros par an et par malade).

Tourisme pharmaceutique

La Ligue nous rappelle également que l’industrie pharmaceutique détermine ses prix « en fonction des capacités économiques du marché ». Elle cite l’exemple d’une cure standard de douze semaines d’un médicament utilisé pour traiter l’hépatite C, qui coûte 67.000 dollars (59.000 euros) aux Etats-Unis, 41.000 euros en France, 4.000 euros en Thaïlande et 700 euros en Egypte.

Une situation qui commence à alimenter un « tourisme pharmaceutique » – tourisme inquiétant faisait il y a quelques jours la Une du Parisien/Aujourd’hui en France : « « Tourisme et pharmacie. Pour le Sativex®, aller en Suisse. Pour le Sovaldi® c’est New Dehli ».

Timing

« À court terme, le traitement d’un patient pendant un an équivaudra au revenu moyen de trois ménages français »  avertit la Ligue. Que faire ? Obtenir que la question « des prix des médicaments innovants » « fasse partie, à la demande de la France, de l’ordre du jour du prochain G7 ». François Hollande a déjà fait savoir qu’il défendrait cette cause au G7  – puis au G20 en septembre en Chine.

Il ne serait pas superflu, d’un point de vue symbolique et donc politique, que le président de la République française signe, avec nombre de ses concitoyens, la pétition de la Ligue nationale contre le cancer. Certains malades lui en diraient peut-être merci. La même question se pose, désormais, pour Emmanuel Macron.

A demain.

1 Où va Emmanuel Macron ? Ni à droite, ni à gauche. Volontariste,  sens inné du timing, un site internet, un compte Twitter, une page Facebook et un compte instagram. Un clip de lancement aussi, le tout dévoilé peu après 20 heures sur les écrans géants du centre expo MégaCité d’Amiens, le ministre de l’Economie  a (enfin) dévoilé le 6 avril son programme politique « En marche ! » lors d’une « rencontre citoyenne » organisée à huis clos – mais retransmise sur Dailymotion.

Une réflexion sur “Dénonciation du prix des anticancéreux : Emmanuel Macron signera-t-il la pétition ?

  1. Pour le Sovaldi : la pharmacie centrale ouvre une structure hospitalière type ONG en Égypte ou au Kenya, par le biais d’une société écran ofshore 😉 et importe la molécule en France. Moins cher que d’exporter les malades.
    Et hop

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