Mea culpa : Stéphane Bern fera-t-il un geste contre l’alcoolisation pendant la grossesse ?

Bonjour

Bern dans « Recettes Pompettes » c’est, ni plus ni moins, l’amuseur arrosé. Un animateur qui, soudain, perd pied. Le premier d’une série de people qui acceptent une alcoolisation désinhibitrice filmée, un sérum de vérité gentillet, un binge drinking des familles assurant la double promotion de la vodka et de celui qui consent à s’enivrer sur les planches. A se donner, ivre, en spectacle et non plus à jouer le rôle de l’homme ivre (Bourvil dans l’eau ferrugineuse, Coluche dans Gérard et le pinard oligatoire, etc.)

S’enivrer pour, in fine, capter l’attention, faire de la publicité. Programmer, en somme, les sorties télévisées improvisées devenues plus ou moins cultes, de Charles Bukowski chez Pivot (1978), de Gainsbourg et Blondin (1989). Aucun mélange des genres, alors. Et c’est bien, aujourd’hui, le mélange des genres scénarisé que dénoncent celles et ceux qui sont en charge de la prévention de l’alcoolisme et du traitement des malades alcooliques. Mais c’est précisément ce mélange qui, précisément, fait ici recettes.

Malades médiatiques

Le hasard médiatique, cocasse, veut que la polémique politique sur cette série à venir (sur YouTube) coïncide avec la mise en scène des vertus autoproclamées du sevrage alcoolique par le chanteur Renaud, l’un des malades les plus médiatiques du moment. Cette polémique coïncide aussi avec le cri d’alarme lancé par l’Académie nationale de médecine quant au « Syndrome d’Alcoolisation Fœtale » (SAF). C’est là l’un des tableaux les plus dramatiques de la maladie alcoolique. Il concerne au moins 1% des naissances (un pour mille dans les formes graves de « SAF complet »).

L’Académie a fait ses comptes : « le SAF touche environ 8000 nouveau-nés par an, ce qui signifie que près de 500 000 Français souffrent à des degrés divers de séquelles de l’alcoolisation fœtale. ». Tout est dit ici :  « Rapport et avis de l’Académie nationale de médecine sur l’alcoolisation fœtale. 22 mars 2016. » L’Académie dénonce notamment ici le retard important de la France (par rapport aux pays anglo-saxons) dans l’information, la prévention et la prise en charge de ces troubles. Des troubles « dont la diversité, la gravité et surtout l’irréversibilité constituent un véritable fléau de santé publique et un problème de société aujourd’hui incontournable ».

L’iceberg immergé

C’est aussi, là encore, un sujet éminemment politique,  irrémédiablement médiatique :

« La consommation de boissons alcooliques pendant la grossesse augmente de manière inquiétante malgré les recommandations de 2006 ; surtout, plus de 20 % des français ignorent les risques de l’alcoolisation fœtale. Or, on constate parallèlement une augmentation des troubles du comportement chez les enfants en âge scolaire et les adolescents, qui suggère une relation de cause à effet avec l’usage de substances toxiques au cours de la grossesse, l’alcool en particulier. Bien plus, le SAF ne semble être que la partie émergée d’un iceberg regroupant tous les troubles non extériorisés, cognitifs et comportementaux de l’enfant, de l’adolescent et même de l’adulte. »

Cela pourrait être un bien beau sujet pour tous les animateurs-bateleurs qui ont leurs entrées dans les studios de radios et sur les plateaux télévisés.

A demain

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