Terrorisme – tabagisme. Najat Vallaud-Belkacem a enfin tranché : interdit de fumer dans les lycées

 

Bonjour

Respecter la loi anti-tabac ou céder à une hypothétique menace ? On attendait une décision de justice. Ce fut, mercredi 13 avril, une déclaration de Najat Vallaud-Belkacem à la sortie du conseil des ministres. Une déclaration à la Salomon qui ne résout pas véritablement une équation sans précédent dans l’histoire de l’Education nationale. Une affaire sanitaire et symbolique qui réclamerait, en toute logique l’arbitrage explicite du Premier ministre voire du président de la République jusqu’ici demeurés silencieux sur ce sujet éminemment politique et sociétal.

Attention particulière

On connaît les termes de l’équation. En novembre dernier l’instauration de l’état d’urgence a conduit le gouvernement à prendre des dispositions spécifiques concernant les établissements scolaires. Elles furent aussitôt diffusées à l’ensemble des responsables de l’Education nationale : « Mesures de sécurité dans les écoles et établissements scolaires après les attentats du 13 novembre 2015. Circulaire n° 2015-206 du 25-11-2015 »

Extrait : « Une attention particulière doit être portée aux abords de l’établissement, en évitant tout attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves. Les équipes éducatives, les équipes mobiles de sécurité de l’Éducation nationale, les collectivités et les services de police ou de gendarmerie doivent se coordonner en lien avec le chef d’établissement ou le directeur d’école pour mettre en place un système de vigilance accrue. »

Éviter tout « attroupement préjudiciable » ? C’était désigner les innombrables regroupements de collégiens et lycéens aux portes des établissements scolaires avant ou après les cours et dont l’un des passe-temps est alors de fumer et de partager des produits dérivés, notamment, du tabac. La question fut ainsi d’emblée posée aux chefs d’établissement. Certains prirent la décision plus ou moins explicite d’autoriser le tabac à l’intérieur du lycée, répondant ainsi à la demande tacite du ministère de l’Intérieur.

Silences en haut lieu

L’association Droit des non-fumeurs (DNF) s’indigna, réclamant l’application stricte de la loi qui interdit le tabac en milieu scolaire. L’affaire s’envenima  la revendication (publiquement formulée) du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN) réclamant la mise en place de zones fumeurs dans les établissements scolaires « tant qu’une menace terroriste pèse sur le pays ». Le Premier ministre et la ministre de l’Éducation nationale restaient silencieux. Dès la fin décembre Benoît Vallet, directeur général de la santé, avait fait valoir au responsable du SNPDEN que l’instauration de l’état d’urgence « ne changeait rien à la réglementation prohibant la consommation de tabac en milieu scolaire, y compris dans les espaces non couverts ».  Opposition radicale, donc, entre la Santé et l’Education nationale. D’un côté une menace hypothétique. De l’autre un risque certain.

L’abcès grossissait. Après « DNF », le « Comité national contre le tabagisme » se mobilisa. Les deux associations ont saisirent en référé le tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui devait commencer à examiner ce litige hier 13 avril. Ce fut donc le jour choisi par Najat Vallaud-Belkacem pour s’exprimer à la sortie du conseil des ministres.

#NuitDebout.

« Il y a des alertes à la bombe dans de nombreux établissements parisiens comme ailleurs en France, à Lyon par exemple, qui nous ont poussés à la plus grande vigilance pour éviter des attroupements de lycéens aux abords des lycées », a déclaré Mme Vallaud-Belkacem, ajoutant que certains chefs d’établissement ont laissé des lycéens fumer dans un coin réservé de la cour.

« Il ne faut pas évidemment que les mesures de sécurité et de protection » des élèves « remettent en cause la loi Evin. Fumer est interdit au sein des établissements scolaires. Donc, ça n’est pas parce que nous cherchons à éviter les attroupements, notamment aux abords des lycées, qu’il faut permettre aux élèves de fumer à l’intérieur des lycées. Donc l’instruction doit être passée clairement: pendant cette période de mesures de sécurité renforcées, il doit être demandé aux lycéens tout simplement de ne pas fumer », a-t-elle ajouté.

Qui aura l’autorité pour demander tout simplement aux lycéens fumeurs (ils sont plus de 30%) de ne pas fumer ? De ne pas s’attrouper ? On attend la réaction du syndicat des proviseurs. Beau débat pour les attroupements, enfumés ou pas, de  #NuitDebout.

A demain

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