«Chaude pisse»: l’épidémie progresse désormais de manière inquiétante chez les gays anglais

Bonjour

Quelques lignes dominicales sur la BBC : Super-gonorrhoea’s spread ‘causing huge concern”. Les médecins anglais sont inquiets  de l’émergence d’une nouvelle souche, « super-résistante » aux antibiotiques de  Neisseria gonorrhea.

Il y avait déjà eu, en septembre dernier, une alerte à Leeds : « Super-gonorrhoea’ outbreak in Leeds ». La souche identifiée se jouait notamment de l’azithromycine et de la ceftriaxone. Puis nouvelle alerte en décembre,  et spectre vénérien sur la BBC ‘’ Gonorrhoea ‘could become untreatable’’. Les autorités sanitaires britanniques lançaient alors une alerte nationale : la « chaude-pisse » (« chtouille » ou gonorrhée) risquait, si rien n’était fait, de devenir bientôt une maladie incurable dans le pays.

Elargissement du spectre

Dame Sally Davies (l’homologue britannique du Pr Benoît Vallet,  Directeur Général français de la Santé) venait  d’écrire à tous les médecins généralistes et pharmaciens d’officine  pour s’assurer qu’ils prescrivent et délivrent bien les médicaments adaptés au vu de l’émergence d’inquiétantes résistances aux antibiotiques de  Neisseria gonorrhea. Cette alerte on ne peut plus pragmatique fait suite aux observations de dermato-vénérologues qui sont confrontés à des cas de plus en plus fréquents de gonorrhées compliquées.

Trois mois plus tard, élargissement du spectre et nouvelle alerte. Apparue chez des hétérosexuels l’épidémie de bactérie résistante continue à progresser, notamment chez les gays. Et toujours l’inquiétude de voir cette maladie devenir de moins en moins curable. Les cas de super-gonorrhée ont été détectés dans les West Midlands, à Londres et dans le sud de l’Angleterre.

Fin de la complaisance

Seuls trente-quatre cas ont été officiellement confirmés après des tests bactériologiques en milieu spécialisés mais bien des éléments laissent penser que ce ne pourrait être là qu’une fraction émergée de la réalité infectieuse. « Nous avons été inquiets de voir que la bactérie se propageait aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, a déclaré à la BBC Peter Greenhouse, consultant en matière de santé sexuelle basée à Bristol. Le problème est qu’ils ont tendance à propager des infections beaucoup plus rapidement tout simplement parce qu’ils  changent de partenaire plus rapidement. »

Les spécialistes observent que ces patients ont plus souvent tendance à avoir des lésions infectieuess au niveau de la cavité buccale et de la gorge, phénomène qui peut être source de confusion et facteur de résistance – notamment à l’azithromycine, aujourd’hui en progression.

Et la France ?

Le Dr Gwenda Hughes, chef de l’unité des infections sexuellement transmissibles à la santé publique en Angleterre hausse le ton : « Nous ne pouvons pas nous permettre d’être complaisants. Si les souches de gonorrhée émergent, résistantes à la fois l’azithromycine et la ceftriaxone, les options de traitement seraient limitées car il n’y a actuellement aucun nouvel antibiotique disponible pour traiter l’infection. »

Elle encourage les gens à prendre des mesures de prévention lors des relations sexuelles.  Des opérations sont menées pour tenter de retrouver les partenaires des personnes porteuses de souche de la bactérie « super-résistante »  -avec des succès très limités.  Et quand on les retrouve, ils sont presque tous contaminés. L’Angleterre n’étant plus une île, il ne serait peut-être pas inutile de connaître l’évolution de la situation française.  Et de dépasser, dans le champ des MST, la seule gonorrhée.

A demain

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