« Boucherie indigne » au bloc opératoire : invraisemblable mort à l’hôpital de Bourges

Bonjour

Tout ,dans cette affaire, est proprement invraisemblable. A commencer par le délai qu’il a fallu pour qu’elle prenne corps et« sorte dans la presse ». Nous sommes au Centre hospitalier Jacques Cœur de Bourges, préfecture du Cher. Les faits remontent au 14 janvier. On apprend trois mois plus tard qu’une  enquête préliminaire pour « homicide involontaire » a été ouverte par le parquet de la ville. Décision prise in fine à la suite de la mort d’un retraité lors d’une intervention bénigne à la prostate. Selon la famille du défunt cette intervention aurait été pratiquée « par un chirurgien-urologue aux méthodes brutales » (sources concordantes précise l’AFP). a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Aucune autopsie

Le patient, Henry Latour, était âgé de 60 ans. . Il était en pleine forme dit sa fille. Entré le 14 janvier au matin dans le bloc opératoire pour une intervention à la prostate (résection transurétrale  sous anesthésie régionale) il devait mourir quelques heures plus tard d’un arrêt cardiaque (après une importante hémorragie). Aucune autopsie médico-légale n’a été demandée (pourquoi ?) aussi aucune n’a-t-elle été pratiquée. Le corps a ensuite été incinéré.

On en serait resté là si la famille n’avait appris, par le plus grand des hasards, que le chirurgien avait été suspendu de toute activité au bloc opératoire (Par qui ? Pourquoi ? On ne le sait pas). Elle avait alors déposé plainte le 3 mars contre le chirurgien. C’est ici qu’apparaît Me Philippe Courtois, bien connu des médias et qui ne craint pas de se mettre en scène 1.

Etat mental second

« Le chirurgien était dans un état mental second », vient d’accuser publiquement lors d’une conférence de presse organisée à Paris Me Courtois, conseil de la fille du malade décédé. « Il ne s’agit pas d’un aléa thérapeutique mais d’une erreur médicale provoquée par des gestes brutaux répétés » de l’urologue plaide, déjà, l’avocat. Pour lui l’affaire est bouclée ; et la direction du centre hospitalier de Bourges  a commis une « faute » pour « ne pas avoir signalé ce décès sans explication » à la justice.

Invraisemblable, encore, le contenu du rapport de l’anesthésiste. À son entrée au bloc, le chirurgien urologue présente un « caractère agressif vis-à-vis du personnel », selon ce rapport de l’anesthésiste. « Il est agité, en colère, il parle fort et exprime son mécontentement vis-à-vis du matériel mis à sa disposition : « c’est à nouveau du matériel de merde » », lit-on dans le document. Sous rachianesthésie, le patient entend tout. L’équipe décide de l’endormir « en raison de l’ambiance tendue ». Toujours selon le rapport de l’anesthésiste, le praticien « excessif, agressif » pratique alors l’intervention en « enfonçant le résecteur à plusieurs reprises par les voies naturelles de façon brutale, réséquant l’intérieur de la prostate avec des mouvements d’aller et retour violents sans en faire l’hémostase ».

Pertes de sang effroyables

À 15 h 25, l’équipe prévient le chirurgien « à plusieurs reprises » : « le patient n’est pas bien, […] il faut soit arrêter l’intervention soit passer par voie haute ». À 15 h 41, le patient est en asystolie. Il décède à 16 h 09. Pendant l’intervention, l’anesthésiste constate des « pertes de sang effroyables ». « Cette intervention était une véritable « boucherie » indigne de n’importe quel bloc opératoire », écrit-il. Dans son compte rendu opératoire, le chirurgien constate aussi que « la résection a été très hémorragique ». Mais, contrairement à l’anesthésiste, il évoque un « effort considérable d’hémostase ».

Dès le 22 janvier plusieurs anesthésistes annoncent, par écrit, à la direction ne plus vouloir prendre en charge les patients du chirurgien « pour des raisons de compétences et d’aptitude mentale », en soulignant les « dérives professionnelles » de leur confrère pouvant « parfois exposer les patients à des risques graves ». « Nous avons collectivement décidé de ne plus prendre en charge, au bloc opératoire, les patients du Dr X pour des raisons de compétences et d’aptitude mentale », écrivent les sept anesthésistes.

Pas d’hystérie chirurgicale

Le Quotidien du Médecin ajoute que ces médecins  regrettent « l’inexactitude des intitulés d’interventions avec rajout d’actes en cours de procédure en inadéquation avec le choix anesthésique, des durées opératoires en dehors des standards avec parfois poursuite des actes une fois l’anesthésie locorégionale levée […], des hémorragies peropératoires anormalement importantes. »

Que dit-on en face ? « En 30 ans de carrière, le professionnalisme de mon client n’a jamais été remis en cause. Il conteste formellement avoir fait preuve d’une quelconque hystérie, en revanche, ce jour-là, il y a eu un problème de matériel, il a demandé à avoir le bon », plaide  Me Amélie Chiffert, avocate de l’urologue. Elle dénonce aussi des « accusations opportunistes » et « très rapides », qui semblent révéler des « difficultés relationnelles » vis-à-vis du chirurgien. Hystérie ?

Enquête interne

Que fait la justice dans un tel dossier ? Le procureur de la République de Bourges, Vincent Bonnefoy, a indiqué à l’AFP avoir été alerté « début mars » par l’hôpital « qu’une opération s’était passée de manière difficile ». Précisément, qu’a fait l’administration hospitalière ?  Elle affirme avoir ouvert « une enquête interne » dès qu’elle a été informée de la mort.  « Les éléments « ont été transmis au procureur de la République de Bourges, à l’Agence régionale de santé et au Centre national de gestion [qui gère les praticiens hospitaliers] explique Agnès Cornillault, directrice depuis près de trois ans.

« Le comportement agressif du médecin est jugé incompréhensible. Mais nulle part, dans la lettre des anesthésistes, il n’est fait mention d’une quelconque addiction » observe encore Le Quotidien du Médecin. Au-delà de l’hypothèse de l’hystérie, c’est une vraie question. L’Agence régionale de santé et l’Ordre des médecins ont été interpellés. « Ce médecin a assassiné mon père. Je veux qu’il arrête d’exercer et qu’il aille en prison », réclame la fille de la victime.  Rappelons que l’enquête préliminaire a été ouverte pour « homicide involontaire ».

A demain

1 On peut notamment lire, sur son site professionnel : « Ses compétences dans la défense des victimes de dommage corporel et ses qualités humaines sont reconnues et Philippe Courtois intervient très souvent dans différents médias afin de témoigner ou de donner des conseils aux victimes ou à leurs familles – en particulier sur TF1 et sur RTL de façon récurrente (sic).

« Sollicité par plusieurs grands noms de l’édition, Philippe Courtois écrit un livre qui sera publié début 2016 aux éditions Albin Michel et qui sera un « véritable livre de référence » pour permettre à toutes les victimes d’accidents corporels de pouvoir faire reconnaître leur statut de victime, se défendre et obtenir la meilleure indemnisation de leurs différents préjudices. » Cet ouvrage, couverture blanche, vient d’être publié : « Le livre noir de la médecine. Patient aujourd’hui, victime demain »

 

 

 

2 réflexions sur “« Boucherie indigne » au bloc opératoire : invraisemblable mort à l’hôpital de Bourges

  1. Stupeur….quand on connaît l’arsenal des fiches « d’Incidents au Bloc Opératoire » qui existent !
    Mais, effectivement, elles passent par des structures constituées….qui peuvent les bloquer et censurer !
    Il serait intéressant de connaitre la position des différents acteurs de ce drame dans la structure hospitalière !
    Et l’existence …et le traitement de ces fiches !!!
    Mais si les faits ne font que traduire un comportement ancien non corrigé ni signalé…la positions des accusateurs actuels risque de devenir délicate à défendre face à une possible suspicion de non assistance à personne en danger !!

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