L’Etat norvégien impose-t-il un traitement «inhumain» à l’assassin Anders Breivik ?

Bonjour

Manquent ici Victor Hugo, sa foi en l’homme, les accents hugoliens. Reste la sécheresse du factuel, une dépêche de l’Agence France Presse. Elle nous apprend que l’État norvégien, condamné pour avoir imposé en prison un traitement « inhumain »  et « dégradant » à l’extrémiste de droite Anders Behring Breivik allait « faire appel ».

Le 20 avril, le tribunal d’Oslo avait estimé « contraires à la Convention européenne des droits de l’Homme » les conditions de détention de Anders Behring Breivik. On sait que ce dernier est aujourd’hui incarcéré pour avoir tué 77 personnes (et blessé 151 autres) dans un attentat à la bombe suivi d’une fusillade. C’était le 22 juillet 2011. Il avait d’abord commis un attentat à la bombe visant un édifice gouvernemental à Oslo causant huit morts. Il avait ensuite continué sa tuerie de masse dans un camp de la ligue des jeunes du parti travailliste de Norvège sur l’île d’Utøya : 69 morts, pour la plupart des adolescents. De sang froid.

A l’écart des autres prisonniers

Le 20 avril la juge Helen Andenaes Sekulic avait pointé du doigt « l’isolement » dans lequel était maintenu cet homme aujourd’hui âgé de 37 ans, détenu à l’écart des autres prisonniers depuis près de cinq ans. « J’ai demandé aujourd’hui à l’avocat de l’État de faire appel » vient de faire savoir le ministre de la Justice Anders Anundsen dans un communiqué.

Le gouvernement norvégien veut se faire bien comprendre : la principale raison de l’appel est que les conditions auxquelles est soumis Breivik ne constituent pas, selon lui, un « traitement humain ou dégradant » défini par l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme.

« Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. »

« Dans son appel l’État allèguera qu’il n’est pas d’accord avec l’interprétation du droit et des preuves faite par le tribunal » explique le ministre.

Tuerie de Paris

Le jugement du 20 avril avait causé une certaine surprise. En Norvège comme au-delà. On ajoutera que l’État norvégien avait aussi été condamné à payer les frais judiciaires de Breivik : 331.000 couronnes (35.850 euros). Le tribunal lui avait toutefois donné raison sur un deuxième aspect de la plainte de Breivik, le « droit au respect du secret de la correspondance » (article 8 de la même Convention).

Breivik purge, dans des conditions de sécurité extrêmement strictes, la peine maximale, vingt-et-un ans de prison. Celle-ci peut être prolongée tant qu’il restera considéré comme dangereux. Anders Behring Breivik  s’affiche désormais comme étant national-socialiste. Où sont, en Norvège, les frontières du pathologique ? Quelles seront, en France, les conditions de détention des auteurs de la tuerie de Paris ?

A demain

2 réflexions sur “L’Etat norvégien impose-t-il un traitement «inhumain» à l’assassin Anders Breivik ?

  1. « Quelles seront, en France, les conditions de détention des auteurs de la tuerie de Paris ? »

    Les conditions standard sont déja parmi les pire du monde un peu civilisé.

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