En autorisant le tri des embryons (DPI) la Suisse veut mettre fin au «tourisme de procréation»

 

Bonjour

On sait que des étrangers viennent en Suisse pour, en payant,  mourir apaisés. Des citoyens suisses aimeraient ne plus devoir gagner l’étranger pour donner la vie. L’affaire est (pour partie) rapportée dans La Tribune de Genève par Arthur Grosjean  et repris dans la Revue Médicale Suisse (datée du 20 avril). Le 5 juin prochain les Suisses se prononceront sur les modalités de la pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI) – une technique dont ils avaient accepté le principe en juin 2015.

Le DPI est, sous certaines conditions, autorisé en France depuis une vingtaine d’années. Il permet de détecter la présence d’éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques au sein  d’embryons  conçus après fécondation in vitro. Le but est de différencier les embryons atteints d’une maladie génétique de ceux porteurs sains ou indemnes. C’est un tri embryonnaire, une sélection. Seuls un ou deux embryons identifiés comme indemnes d’affection génétique seront transférés dans l’utérus de la future mère. Les autres seront dans un premier temps conservés par congélation. Les autres seront, directement ou non, détruits.

En Suisse, le DPI était interdit depuis l’entrée en vigueur en 2001, de la loi sur la procréation médicalement assistée. Des voix s’élèvent pour réclamer des garde-fous très stricts. Aujourd’hui  c’est notamment c’est le conseiller fédéral Alain Berset qui mène la campagne pour l’acceptation du projet. Points essentiels :

Mettre fin au tourisme de la procréation. « Le diagnostic préimplantatoire est utilisé dans nombre de pays européens. Les couples suisses, qui ne peuvent pas avoir d’enfants, sont obligés actuellement d’aller à l’étranger. Il faut mettre fin à ce tourisme de la procréation. Il convient d’offrir à ces couples la possibilité de recourir au DPI dans un hôpital suisse. Surtout que les traitements durent un certains temps.»

Pas de bébé à la demande et de bébé médicaments. « Le DPI sera utilisé dans deux cas: pour les couples porteurs d’une maladie génétique grave et pour les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants par la voie naturelle. Le DPI permettra de limiter le nombre de traitements et réduira le risque des fausses couches. Mais la loi interdit formellement de sélectionner les embryons en fonction du sexe ou de la couleur de leurs yeux. Pas question non plus de développer des bébés médicaments, à savoir des embryons utilisés par la suite comme des donneurs de cellules souches.»

Le DPI menace-t-il la position des handicapés dans la société ? «Cette crainte n’est pas justifiée. La plupart des handicaps dans la société n’ont pas pour origine une maladie génétique. Ce n’est donc pas le sujet de cette votation. Nous travaillons sur une loi qui concerne les handicapés. Alors oui, cela ne va pas assez vite et il reste des points insatisfaisants. Mais nous nous engageons pour encourager l’égalité entre valides et handicapés pour la formation et dans le monde du travail.»

Tout en une demi-journée

C’est dans ce contexte que les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) annoncent l’ouverture de leur nouveau laboratoire de procréation médicalement assistée. « Le département de gynécologie et d’obstétrique des HUG  a inauguré son laboratoire de procréation médicalement assistée, baptisé Laboratoire « Fertisupport-HUG ». Il permet à l’unité de médecine de la reproduction et d’endocrinologie gynécologique des HUG de proposer une prise en charge complète « autour du désir d’enfant ». Celle-ci s’étend des consultations aux traitements, et inclut une nouveauté : une investigation diagnostique sur une demi-journée. Fertisupport-HUG est le fruit d’un partenariat public-privé entre les HUG et les laboratoires Fertisupport (biologie de la reproduction) et Fertas (andrologie).

« En centralisant, à la Maternité, les consultations, les investigations, les analyses et les traitements, en particulier la fécondation in vitro, les couples y sont désormais pris en charge de manière complète et personnalisée, ajoute-t-on à Genève. Un réel avantage dans ce parcours long et difficile que peut représenter une procréation médicalement assistée. Fertiday® pour un diagnostic rapide L’attente d’un diagnostic de fertilité déstabilise le couple.

 Neuilly au bord du Léman

« Cela est d’autant plus vrai pour ceux qui désirent avoir un enfant depuis plusieurs mois ou années et ne connaissent pas les raisons de cet échec. Pour raccourcir ce délai anxiogène, les examens de la femme et de l’homme sont regroupés sur une demi-journée, appelée Fertiday®. L’équipe soignante tient compte des aspects médicaux, biologiques et psychologiques. Ainsi, une rencontre avec un sexologue ou un psychiatre peut être inscrite au programme. »

Pour un peu on pourrait s’imaginer à l’Hôpital Américain de Neuilly. En Suisse le nombre de couples ayant recours à la procréation médicalement assistée ne cesse d’augmenter. Entre 2002 et 2010, leur nombre a doublé passant à plus de 6.000 par an. Depuis 2010 deux mille naissances sont chaque année, obtenues grâce à la PMA. L’autorisation du DPI s’inscrit dans ce contexte. Une fois la question du tourisme procréatif suisse réglée se posera celle de l’accueil, en Suisse, des couples étrangers souhaitant procréer.

A demain

 

 

 

2 réflexions sur “En autorisant le tri des embryons (DPI) la Suisse veut mettre fin au «tourisme de procréation»

  1. Par contre en ayant tous les services de Procréation Assistée centralisé dans une maternitė, un débat sur l’aspect psychologique des couples infertiles pourrait etre mis en place. Ici à Montreal nous avons à l’hôpital Ste Justine (qui regroupe hopital pour enfants, maternité et PMA) les couples on beaucoup plus besoin de suivi psychologique.

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