Devenir médecin, mais après un «tirage au sort» A qui profite le «faux» scoop du Monde ?

 

Bonjour

Qui a menti ? Aujourd’hui il ne fait pas bon être en terminale, avoir envie de faire sa médecine, habiter l’Ile-de-France et lire Le Monde. Mercredi 4 mai on pouvait y lire ceci : ‘’Les étudiants en médecine franciliens seront choisis par tirage au sort’’:

« Pour devenir étudiant en médecine en Ile-de-France, il ne suffira plus d’être un excellent élève, il faudra aussi avoir de la chance. Le Service interacadémique d’affectation des étudiants en première année d’études médicales et odontologiques (Sadep) a en effet annoncé au Mondemercredi 4 mai, que, pour la première fois, le rectorat de Paris a fixé une capacité d’accueil limitée en Ile-­de-France en première année commune aux études de santé (Paces), en accord avec le ministère de l’éducation nationale. Seuls 7 500 étudiants seront admis, alors qu’ils étaient plus de 8 143 en 2015. »

Arrivée de l’Ascension. Emotions dans les chaumières, accusations indignées sur les ondes, sourires des pervers, stoïcisme des fatalistes.

Petites joies

Nous sommes le vendredi 6 mai. Dès l’aube Le Figaro se fait une petite joie, avec l’aide de Libération, de dénoncer le faux scoop du Monde :

« Le rectorat de Paris dément ainsi une information du quotidien Le Monde. (…) Il n’y aura pas de tirage au sort» pour les bacheliers se destinant à des études de médecine en Ile-de-France. Le rectorat de Paris l’a assuré jeudi, démentant ainsi une information du quotidien Le Monde . ‘’Tous les bacheliers d’Ile-de-France pourront suivre les études de leur choix’’ insiste-t-on. Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, a assuré à Libération qu’il ferait ‘’tout pour que le tirage au sort pour accéder en première année de médecine n’existe jamais: il n’y a pas plus stupide comme moyen de sélection surtout pour accéder à des filières très sélectives’’ juge-t-il. (…)

« La sélection à l’entrée de l’université est en principe interdite par la loi. Mais dans les faits, elle existe. Comme le rappelle Le Figaro étudiant , le bachelier qui souhaite s’inscrire en médecine est affecté selon plusieurs critères: l’ordre de ses vœux, l’académie dans laquelle il a obtenu son bac, sa série et sa mention. Les universités recrutent en priorité dans leur académie. «Formellement, par mesure de précaution, la possibilité de tirage au sort existe effectivement pour les facs de médecine, qui ont depuis longtemps des plafonds d’effectifs», précise Thierry Mandon à Libération. «Mais il n’a jamais été utilisé en fac de médecine où la première année est commune à toutes les formations pour les professions de santé», assure-t-il.

Métaphore de l’incendie

Qu’allait bien pouvoir dire Le Monde ? Il changea de plume, hésita, puis usa de la métaphore du feu et du papier journal :

« L’incendie aura été prestement circonscrit : le rectorat de Paris a indiqué jeudi 5 mai qu’il « n’y aura[it] pas de tirage au sort » pour choisir les étudiants en médecine franciliens à la rentrée prochaine, en réaction à un article publié mercredi soir par lemonde.fr. 

 La décision avait pourtant été prise et annoncée aux principaux intéressés. « Le rectorat nous a clairement indiqué mercredi matin la mise en place d’un tirage au sort en Ile-de-France », rapporte Rémi Patrice, vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), qui se réjouit du démenti de Thierry Mandon. »

Perversité et absurdité

Que restera-t-il de tout cela ? L’impression d’un jeu de dupes où les médias servent de ballon d’essai. On lance une rumeur, elle devint information, on observe les réactions, puis on réagit en fonction. C’est assez désagréable, et cela n’aide guère à asseoir la crédibilité des médias. Et si elle disparaît pour la rentrée 2016, la menace de la roulette russe plane désormais sur les cervelles des bacheliers de 2017.

Reste, entière, la grande question du hasard et de la prédestination médicale. Chacun sait que depuis près d’un demi-siècle la sélection se joue, en France, à la fin de la première année. Les étudiants passent alors  un concours aux places limitées baptisé  numerus clausus. Et chaque année, plus de 85 % des étudiants échouent à passer en deuxième année. Un taux de réussite qui varie beaucoup en fonction des universités. Sans doute y-a-t-il ici, au final, beaucoup de hasard. Mais ce système est aussi, on ne le dira jamais assez, une perversité doublée d’une totale absurdité.

A demain

 

 

Une réflexion sur “Devenir médecin, mais après un «tirage au sort» A qui profite le «faux» scoop du Monde ?

  1. Bonjour,

    nous citerons votre blog dans une « revue de posts » sur ce sujet, publié ce samedi 14 mai sur notre site JIM.fr.
    Bien cordialement,
    Aurélie Haroche

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