Cigarette électronique : à Paris elle n’est pas une porte d’entrée dans l’esclavage du tabac

 

Bonjour

En l’absence (plus ou moins) regrettée de Marisol Touraine le « 1er sommet de la vape » fut un bien joli succès, à la fois citoyen et démocratique 1. Ce fut aussi un moment important dans l’histoire de la santé publique française. Une rencontre en marge des cirques officiels ; des échanges organisés dans amphithéâtre célébrant la mémoire de l’Abbé Grégoire. Le tout dans ce concentré du génie français qu’est, rue Saint-Martin, le Conservatoire national des Arts et Métiers.

Un abbé jésuite qui, durant la Révolution, s’était levé contre l’esclavage, une statue élevée à Denis Papin, l’inventeur de la machine à vapeur : le lieu rêvé pour débattre de la cigarette électronique – sous l’œil éclairé et pragmatique de Mme Ann McNeill Professor of Tobacco Addiction in the National Addiction Centre. [She is Deputy Director of the UK Centre for Tobacco & Alcohol Studies (UKCTAS, www.ukctas.ac.uk) an international consortium of 13 universities funded by the UK Clinical Research Collaboration.]

Chiffres pneumologiques

Une rencontre, enfin, marquée par la présence et l’écoute du Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé et les fulgurances suisses du Pr Jean-François Etter. Nous y reviendrons.

C’est dans ce contexte que le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue devenu spécialiste de santé publique a donné les dernières informations sur un sujet-clef de ce dossier ; des informations doublées d’une confidence reprise par Le Quotidien du Médecin (Dr Lydia Archimède) :

« Après avoir été inquiet jusqu’en 2013, plutôt rassuré en 2014, je suis en 2016 convaincu que l’e-cigarette est beaucoup plus un concurrent du tabac qu’une porte d’entrée en tabagisme chez les élèves parisiens. »

Contexte mouvementé

Cette évolution se fonde sur les résultats de l’étude « Paris Sans Tabac »  la seule grande enquête conduite annuellement en France depuis vingt ans avec la même méthodologie sur une population de collégiens et de lycéens. Dans le contexte très mouvementé de la transposition de la « directive européenne sur les produits du tabac » les derniers chiffres de Paris sans tabac sont essentiels : ils démontrent (contrairement à une opinion entretenue par de nombreux médias) que la cigarette électronique n’est pas (aujourd’hui, en France) une « porte d’entrée sur le tabac » ou une « incitation au tabagisme ». Et ce en dépit de l’engouement pour son expérimentation :

 « Paris Sans Tabac qui avait déjà suivi depuis 20 ans l’arrivée du téléphone portable, l’arrivée des cigarettes parfumées et de la chicha n’avait jamais observé une ascension aussi rapide d’un produit. Quasi inconnue en 2012 (8 % d’expérimentateurs), en 2014 plus de 90 % des adolescents fumeurs l’avaient expérimenté ».

Baisse du tabagisme

Ce taux d’expérimentation tend à se stabiliser : 24 % chez les non-fumeurs, 80 % chez les fumeurs occasionnels, 91 % chez les fumeurs quotidiens. La grande majorité des adolescents qui ont essayé l’e-cigarette ne l’utilisent pas régulièrement. De plus ce taux diminue, passant de 30 % en 2013 à 18 % en 2016. Et seuls les fumeurs quotidiens utilisent majoritairement des e-liquides nicotinés.

Les enquêtes de Paris Sans Tabac mettent aussi (et surtout) en évidence « une baisse inattendue » du tabagisme depuis l’apparition de l’e-cigarette chez les adolescents. Si le taux de fumeurs quotidiens et occasionnels est resté stable (39 %) chez les 16-19 ans entre 2007 et 2012 la tendance est désormais à la baisse depuis 2012. Le taux de fumeurs chez les 16 -19 ans a chuté de 39,5 % à 29 % entre 2013 et 2016 – et ce avec un taux de vapotage stable (8,3 % à 9,2 %). De même, chez les 12-15 ans, et sur la même période, le taux de fumeurs est passé de 15,5 % à 7,1 % avec un taux de vapotage au cours du « mois dernier » stable (4,1 % à 3,9 %).

Voilà des chiffres qui auraient pu intéresser la ministre de la Santé. Sans parler de celle de l’Education nationale confrontée à une fronde des proviseurs qui veulent, au sein des lycées, rétablir des « zones fumeurs ».

A demain

1 Ce « 1er sommet » est le fruit de l’initiative de Jacques Le HouezecDidier Jayle et Bertrand Dautzenberg, avec le soutien de nombreux partenaires parmi lesquels la CNAM, la Fédération addiction et SOS addictions – financement participatif de 8 370 euros. L’auteur de ces lignes déclare avoir, dans ce cadre, animé une table ronde – et y avoir pris le plus grand intérêt.

 

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