Essai mortel de Rennes: de troublantes révélations réclament de nouvelles investigations

Bonjour

Il faudra, bientôt, reprendre entièrement l’affaire de Rennes. Comprendre pourquoi et comment la transparence ne peut être faite dès lors qu’après une mort l’institution reste dans l’entre-soi. De ce point de vue le cas du « volontaire sain » mort en janvier lors de l’essai clinique conduit par la société BIOTRIAL n’est pas sans similitudes avec celui du Pr Jean-Louis Mégnien, 54 ans, qui s’est donné la mort en décembre par défenestration à l’Hôpital européen Georges-Pompidou.

Dans les deux cas, au plus haut niveau, l’affichage politique d’une volonté de transparence absolue ; la multiplication d’enquêtes internes ; un immanquable mélange des genres ; des intérêts croisés ; des bonnes volontés ignorées ou contestées. Et dans les deux cas, aujourd’hui, l’espoir que la police et la justice parviendront in fine à la manifestation de la vérité.

Datation polémique

L’affaire de Rennes, quatre mois plus tard, c’est la découverte que tout (ou presque) reste encore à faire. Ceci résulte de la révélation, par Le Figaro, des résultats d’un examen par IRM laissant penser à un AVC dont la datation fait polémique. La limite de cette révélation tient à l’anonymat des experts sollicités par mes médias pour y voir plus clair. Elle tient aussi au secret médical derrière lequel se retranche, naturellement, le Pr Gilles Edan, responsable du service de radiologie du CHU de Rennes, plusieurs fois cité dans ce dossier.

Mais, dans le même temps les accusations du Figaro déclenchent une nouvelle dynamique impossible à freiner sinon à enrayer. Le quotidien revient aujourd’hui sur le métier en expliquant que  des participants à l’essai clinique regrettent de n’avoir toujours pas reçu copie de l’examen par IRM qu’ils ont passé dans le cadre de l’enquête.  Il explique aussi que c’est à la lecture de ses révélations que les autorités sanitaires ont découvert l’existence de l’AVC problématique chez un volontaire de l’essai.

Le prénom a été modifié

« Personne n’avait cru bon d’informer l’Agence du médicament (ANSM). C’est pourtant elle qui délivre en France les autorisations pour mener les essais thérapeutiques. Jeudi, nous révélions que, contrairement à ce qui avait été dit au CHU à Pierre  (le prénom a été modifié), cet homme d’une cinquantaine d’années, son AVC remontait à environ deux mois avant l’examen. Soit au moment où il recevait la molécule BIA 10-2 474. Il la prenait à hauteur de 10 mg alors que le volontaire décédé, Guillaume Molinet, de même que le groupe hospitalisé, avaient reçu 50 mg.

« Le comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) nommé par l’ANSM pour enquêter sur cet accident a ; lui aussi, découvert l’AVC dans le journal. Auditionné par le CSST à plusieurs reprises, le Pr Gilles Edan, chef du service de neurologie du CHU de Rennes, «n’a pas parlé d’AVC», assure au Figaro le président du CSST, Bernard Bégaud, qui ajoute qu’  »il faudrait voir les IRM de tous les volontaires de l’essai ». Soit 90 personnes.

Encore faut-il que le CHU transmette ces images. Or, plus de quatre mois après l’accident mortel, des volontaires n’ont toujours pas reçu une copie de leur IRM passée en urgence en janvier. »

Ignorer l’essentiel

Pour sa part le Pr Alain Privat, neurologue et membre de l’Académie de médecine (déjà sollicité par Le Figaro) a affirmé au Quotidien du Médecin que « des membres du comité mandaté par l’ANSM lui ont assuré n’avoir jamais eu connaissance de cet AVC ». Le neurologue, qui a pu comparer cette IRM avec celle du volontaire décédé, remarque que « les lésions observées chez les deux participants sont localisées dans le même territoire ». Chez l’un (le patient décédé), elles se situent au niveau du tronc cérébral, chez l’autre au niveau du cervelet. « Tout élément d’explication sur ce qui s’est passé peut nous renseigner sur les mécanismes de cette molécule dont nous ignorons encore l’essentiel » explique-t-il.

Dans ce contexte revient la question, récurrente, des vices de l’entre-soi. Pourquoi avoir confié au CHU de Rennes le suivi des volontaires alors que même que cet établissement, qui jouxte l’entreprise BIOTRIAL, est directement concerné ? Suivront, immanquablement, des questions relatives à d’hypothétiques conflits d’intérêts – ce qui compliqua un peu plus encore la quête de la vérité et l’établissement des responsabilités. On attend, aujourd’hui, les réponses des différentes autorités concernées aux dérangeantes questions soulevées dans la presse. Peut-être ne serait-il pas inutile que la ministre de la Santé, présente à Rennes dès janvier, se penche à nouveau sur ce dossier envenimé.

A demain

 

 

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