Champignons hallucinogènes et thérapeutiques : les nouveaux espoirs psychédéliques

Bonjour

Déprimés ou non, les jeunes la connaissent-ils sous ce nom ?  La psilocybine est un hallucinogène naturel, un hallucinogène de référence. Sa consommation modifie les perceptions. C’est un voyage : distorsions visuelles, auditives, synesthésies, euphories,  extases diverses et variées. En augmentant les doses on atteint des sommets plus que colorés, des mouvements kaléidoscopiques, un univers imaginaire sans équivalent.

Longtemps la psilocyline se cachait dans des champignons plus ou moins sacrés :  les psilocybes, les conocybes, les panaeolus ou les stropharias. Puis cet ester d’acide phosphorique (le 4-phosphoryloxy-N,N-diméthyltryptamine) fut isolée pour la première fois par le célèbre Albert Hofmann (découvreur du LSD). C’était en 1958, à partir de sclérotes du Psilocybe mexicana, cultivés au laboratoire du Muséum national d’histoire naturelle de Paris par Roger Heim, éminent mycologue français.

Quasi-mystique

Tout n’est certes pas rose avec cette molécule. Pour autant il semble acquis que la psilocybine n’induit  pas de dépendance physique, et que sa toxicité somatique est quasi nulle. Il existe toutefois des effets secondaires pouvant être désagréables et elle peut être à l’origine d’accidents psychiatriques graves et durables (« syndrome post-hallucinatoire persistant », à savoir angoisses, phobies, état confusionnel, dépression voire bouffées délirantes aiguës).

Parallèlement à la dimension quasi-mystique de cette substance, il y a sa dimension thérapeutique – dimension quelque peu mythique. Le champ des possibles potentiels est vaste : troubles obsessionnels compulsifs, les algies vasculaires de la face, douleurs résistantes et soins palliatifs. Des essais de psychopharmacologie  sont menés sur des patients déprimés atteints de cancer en phase terminale.

C’est dans ce contexte qu’il convient de resituer une petite étude publiée dans la revue britannique The Lancet Psychiatry : “Psilocybin with psychological support for treatment-resistant depression: an open-label feasibility study”. « C’est la première fois que la psilocybine a été testée dans le traitement potentiel des dépressions majeures », souligne le Dr Robin Carhart-Harris, de l’Imperial College de Londres, premier signataire de cette étude.

Dépressions et champignons mystiques

Les chercheurs britanniques ont testé la célèbre molécule sur douze patients atteints de dépression modérée à sévère – états dépressifs observés depuis plus de quinze ans en moyenne et résistants aux différents traitements). Après un traitement initial de deux jours, les patients ont été suivis pendant trois mois. Selon les chercheurs, ses effets psychédéliques ont été observés entre 30 et 60 minutes après la prise des gélules (effet culminant 2 à 3 heures après). Une semaine plus tard, les douze patients montraient  tous une amélioration et huit étaient en rémission. Au bout de trois mois, cinq étaient encore en phase de rémission.

Le très petit nombre de patients, le recul relativement faible et l’absence de double aveugle contre plaecbo interdisent de tirer des conclusions solides. Des essais complémentaires devraient, autant que faire se peut, se poursuivre. Et les mécanismes d’action (sur les récepteurs de la sérotonine ?) être approfondis.  Pour le Dr Carhart-Harris il n’y a là aucun remède magique. Cette recherche a été soutenue par la Fondation Beckley et Medical Research Council du Royaume-Uni. D’ores et déjà se pose le problème du financement des recherches ultérieures – ou pour le dire autrement de la rentabilité pour l’industrie pharmaceutique de l’usage d’une molécule présente, depuis des millénaires, dans des champignons mystiques.

A demain

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s