«Abus» et «harcèlements» sexuels hors de nos frontières : Casques Bleus et Donald Trump

Bonjour

Le sexe (la sexualité) demeure un sujet récurrent des médias généralistes. C’est, le plus souvent, la sexualité dans ses différentes dimensions pathologiques; des comportements aujourd’hui parfois qualifiés d’inappropriés. L’euphémisme a ses vertus, que les victimes ignorent.

Mercredi 18 mai 2016. L’ONU vient de faire savoir qu’elle a recensé, depuis le début de l’année, quarante-quatre accusations d’abus sexuels qui auraient été commis par ses Casques bleus – dont vingt-neuf  concernent sa mission en République centrafricaine (Minusca). Sept cas ont aussi été recensés en République démocratique du Congo (RDC), deux en Haïti et d’autres en Côte d’Ivoire, Soudan du Sud ou Mali notamment. La plupart des faits remontent aux années précédentes.

Décompte officiel

Selon le décompte officiel onusien, les soldats ou policiers soupçonnés viennent pour la plupart de République démocratique du Congo et du Congo-Brazzaville, du Niger, du Maroc et d’Afrique du Sud. Ce décompte n’inclut pas les accusations révélées début avril et mettant en cause la force française Sangaris en Centrafrique (RCA). Il ne tient pas compte, non plus, des accusations visant les contingents burundais et gabonais de la Minusca. L’enquête sur ces cas n’est pas terminée.

Pour l’ensemble de l’année 2015, l’ONU avait recensé soixante-neuf  cas d’abus sexuels présumés. Ils concernaient également  la RCA et la RDC et impliquaient des Casques bleus de vingt-et-un pays. Est-ce une fatalité ?  La réputation de ces célèbres « soldats de la paix » a été mise à mal, ces derniers temps,  par toute une série de scandales de viols et autres exactions, notamment en Centrafrique où l’ONU a déployé 12.000 hommes en 2014. Les pays fournisseurs de Casques bleus sont seuls habilités à sanctionner les coupables. « Ils ne montrent aucun empressement à la faire » résume l’Agence France Presse, dans un diplomatique euphémisme.

Cours martiales in situ

Pour sa part l’ONU a recommandé de créer des cours martiales in situ pour juger les coupables et de prendre les empreintes génétiques des Casques bleus. Signe des temps, L’ONU a aussi créé en mars un fonds pour aider les victimes de ces abus sexuels. La Norvège a été le premier pays à l’abonder en versant 125.000 dollars.

Aux Etats-Unis une enquête approfondie du New York Times  met en lumière (confirme) le comportement peu glorieux , avec les femmes, de celui qui pourrait être le prochain homme le plus puissant de la planète :How Donald Trump Behaved with Women in Private”. On y découvre certains aspects de la grossièreté du milliardaire vis-à-vis de son entourage féminin.

« Le quotidien a interrogé une douzaine de femmes parmi lesquelles d’anciennes collaboratrices, ex-compagnes et vieilles connaissances de l’entrepreneur issues du monde de l’immobilier, du mannequinat et des concours de beauté, résume Le Point (Clara Brunel). Au total, plus de cinquante témoignages pointent les faits et gestes irrévérencieux du très (trop ?) truculent Texan. Avances importunes, perpétuels commentaires sur leur physique, comportement inapproprié en milieu professionnel… Des interactions pour la plupart survenues dans l’intimité des bureaux de la Trump Tower, sur des chantiers et aux nombreux domiciles de l’intéressé. Des échanges fugaces, sans grande importance aux yeux de l’homme politique, mais dont ces femmes conservent, dans l’ensemble, un amer souvenir. »

Rachat de Miss Universe

En rachetant (c’était il y a vingt ans) l’entreprise Miss Universe – concurrente de Miss Monde –, Donald Trump a « plongé dans l’univers des jeunes reines de beauté ». Et s’adonne volontiers au « sexisme ordinaire ». Temple Taggart, Miss Utah 1997, se souvient de sa rencontre baroque avec le businessman alors marié à Marla Maples : « Il m’a d’emblée embrassée sur la bouche. C’était tellement inapproprié… » se souvient l’ancienne miss, à l’époque âgée de 21 ans. Miss Californie 2009, en lice pour remporter la couronne de Miss USA, relate pour sa part la façon dont le propriétaire du concours évaluait les filles pendant les répétitions. « Jamais un général d’armée n’a inspecté ses troupes comme Donald Trump le faisait avec nous. Il s’arrêtait devant l’une d’entre nous, la reluquait de haut en bas, et laissait échapper un hmmm. Il recommençait avec la fille d’à côté, tout en prenant des notes sur un petit carnet. Il disait ensuite aux filles de s’avancer. »

« La suite du récit dépasse l’entendement, résume Le Point. Donald Trump somme miss Alabama de désigner la plus jolie fille de la pièce. Elle obtempère : « J’aime bien miss Arkansas, elle est mignonne. » Riposte du boss : « Je me fiche qu’elle soit mignonne, est-ce qu’elle est bonne ? » D’un point de vue général, l’exercice consistait à répartir les lauréates en deux groupes : celles à son goût, et les autres. Jugeant en grande majorité la manœuvre humiliante, les brebis galeuses éclataient invariablement en sanglots dès que « le Donald » leur avait tourné le dos. »

Stimulations de carrières

Donald Trump a démenti  ces allégations. Il précise qu’il n’a pas pour habitude d’humilier autrui ni d’embrasser des étrangers sur la bouche. Mais les deux journalistes d’investigation du New York Times sont formels : le comportement avec les femmes du candicat américain à la Maison Blanche relèverait de l’obsession, voire de la tyrannie. Donald Trump serait dans ce domaine victime de « besoins compulsifs ». Victime ou coupable ? L’homme serait, dit-on, à la fois obscène et gentleman.

Sur son compte Twitter, Donald Trump a dénoncé le manque d’objectivité du « malhonnête » quotidien américain. « Pourquoi le déficitaire NYT n’a-t-il pas contacté les femmes dont je suis si fier d’avoir stimulé la carrière ? » Ou encore : « Pourquoi [ce journal] n’étudie pas la relation des Clinton avec les femmes ? »

A demain

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s